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Forum économique maghrébin
Les entreprises ultime carte du Maghreb

Par L'Economiste | Edition N°:3960 Le 04/02/2013 | Partager
Le processus d’intégration plombé par les frictions politiques
Les opérateurs économiques veulent forcer le rapprochement
L’emploi au cœur des préoccupations

Les 31 janvier et 1er février, le Forum économique maghrébin s’est tenu sans représentation marocaine. Cela n’a pas empêché les intervenants de louer «l’esprit d’initiative maghrébin» de certaines entreprises du Royaume 

LES grandes idées ont besoin de temps. L’utopie d’un Maghreb uni par un marché commun, un espace de prospérité et de libre circulation des biens, des services et des personnes semble tenace. Alors qu’elle fût défendue par les mouvements nationaux avant même les indépendances, cet idéal retrouvé en 1988 (UMA) a été sacrifié sur l’autel des égoïsmes et autres susceptibilités politiques. Les chefs d’entreprises maghrébins se sont réunis justement pour faire en sorte que l’histoire va dans le sens des idées et non le contraire. Le Maghreb Economic Forum (MEF), organisation supranationale qui s’est mué en un think thank (voir encadré) est passé à la vitesse supérieure, ou du moins a-t-elle essayé. La région est aujourd’hui dépourvue de de réflexions portées par la société civile. Peu de voix porteuses, de propositions concrètes, de réflexions abouties. Un triste constat. S’agit-il d’une énième rencontre de courtoisie ou d’une réelle «pax maghrebina»? Les intervenants n’ont pas manié la langue de bois, loin s’en faut. Arslan Chikhaoui, chef d’entreprise algérien, à ce titre a signalé que «le patronat maghrébin ne doit pas servir de caisse de résonnance aux discours politiques».
En l’absence de toute représentation officielle marocaine, les entrepreneurs présents n’ont toutefois pas manqué de souligner les acquis du Royaume. Les champions nationaux, comme Attijari Wafa Bank (omniprésente par ailleurs à Tunis), sont désignés comme des modèles d’audace et d’esprit maghrébin. L’idée qui ressort est que la libéralisation de la vie politique doit permettre au monde économique d’avoir plus de marge de manœuvre. En somme, qu’il soit plus entendu par les décideurs, ceux là même qui prennent des décisions multilatérales engageants leurs sociétés civiles, et notamment les entrepreneurs. Un changement de la donne qui doit néanmoins être assumé. L’exemple d’AWB est quelque part l’arbre qui cache la forêt. La frilosité des acteurs économiques s’explique certes par l’instabilité des relations bilatérales, les différents «fleurons nationaux» qu’ils soient industriels, agricoles, commerciaux ou de services n’ont pour leur majorité aucune approche régionale.  L’attractivité du Maghreb, en tant que marché et en matière de diversité des activités économiques, ne semble pourtant faire aucun doute. «Nous avons une population de près de 90 millions d’habitants, un poids économique équivalent à celui de la Turquie. Il y a aujourd’hui un potentiel avéré pour que le Maghreb joue un rôle de premier plan, tant au niveau économique que géopolitique», affirme Kamed Lazaar, président du MEF. Les atouts ne manquent pas en effet : Une population capable de soutenir une croissance à deux chiffres, un territoire de 4 millions de Km², des richesses naturelles, une relative aisance financière sont autant d’argument qui plaident en faveur des plus optimistes.
Les débats, où l’on a abordé les questions des modalités de l’intégration régionale, des IDE et de l’emploi, se sont déroulés en panels et ont abordé la question des IDE mais aussi de l’emploi. Le chômage étant une réalité sociale de plus en plus pesante, la question était de savoir si l’intégration maghrébine, -et avec elle les flux migratoires,- est à même de répondre aux attentes sociales, par la flexibilité de l’accès à l’emploi. En effet, certains, comme Marouane Abbasi de la The World Bank Libye, estime que cela peut avoir l’effet inverse, et constituer une moyen pour les états de faire du dumping. Toujours est-il que l’approche des multinationales investissant dans les Etats du Maghreb est clairement régionale. Le recrutement est donc a fortiori orienté prioritairement aux pays du Maghreb. Une brèche est ouverte, les patrons nationaux vont-ils suivre?

Le Maghreb Economic Forum

 

ONG se revendiquant «apolitique, indépendante et fondamentalement maghrébine, le Maghreb Economic Forum est un think thank ayant pour objectif de «concrétiser l’intégration maghrébine sur le terrain». Elle se fixe comme mission de contribuer au renforcement de la compétitivité du Maghreb dans l’économie mondiale. Présidée par Kamel Lezaar, l’homme est aussi fondateur de Swicorp, banque d’affaires basée en Arabie saoudite, et pilotera en outre la cession.

Abdessamad NAIMI

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