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Société

La chasse au trésor noir dans le Sud du Maroc

Par Amine BOUSHABA | Edition N°:5840 Le 10/09/2020 | Partager
Une communauté très organisée
Des phénomènes de plus en plus fréquemment remarqués

Une lumière aveuglante qui déchire le ciel au beau milieu de la journée, une traînée de fumée blanche et un bruit tel un claquement sec d’une foudre. Des signes qui ne trompent pas une population avertie. Le mardi 25 août, dans le Sud du Maroc entre Goulmima et Errachidia, la communauté des chasseurs de météorites est en émoi. Vers 14h30, une chute de météorite a été observée par des témoins. La nouvelle se répand vite et une véritable chasse aux trésors s’organise.

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La nouvelle se répand vite et une véritable chasse aux trésors s’organise. Des centaines de personnes affluent des environs et même au-delà. (Ph. Chennaoui)

Des centaines de personnes affluent des environs. Il faut dire que l’activité peut être extrêmement lucrative et nombre de collectionneurs de par le monde sont à la recherche de débris de comètes vendus à prix d’or.  Portée par une toute autre ambition, l’équipe du Pr. Hasnaa Chennaoui s’est rendu sur place.

Son objectif: faire les prélèvements nécessaires pour identifier la nature de l’astéroïde et surtout la faire valider et inscrire auprès du comité international de nomenclature , la «Meteoritical Society» (société savante qui regroupe tous les chercheurs spécialisés dans les météorites et cratères d’impact dans le monde). 

«Pour faire ce travail là il faut avoir toutes les informations nécessaires de terrain, qui seront suivis par un travail scientifique en laboratoire» précise l’experte. L’équipe de Chennaoui  commence  d’abord par identifier les témoins oculaires ou auriculaires (vu ou entendu) et leur pose des questions très précises. Il s’agit de faire un recoupement des plus rigoureux pour exclure les fabulateurs ou les témoignages imprécis.

«Ces témoignages sûrs nous  donnent  les éléments d’une histoire qui va nous permettre de décrire  la trajectoire, d’imaginer la taille de la chute et son endroit précis. La description des phénomènes lumineux nous donne par exemple  des informations importantes sur les éléments chimiques qui constituent la météorite». S’ensuit des analyses plus poussées en laboratoire qui vont être sanctionnées par l’inscription définitive de l’astéroïde qui va porter un nom marocain. Le plus souvent celui de la zone géographique où il a été découvert.

                                                                              

Des pierres d’exception

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Pierre légendaire la Black beauty a été découverte en 2011 et reste unique au monde (Ph. DR)

Si le Maroc est connu pour la qualité exceptionnelle de ces météorites, deux spécimens ont particulièrement attiré la communauté mondiale par leur caractère d’exception.

La Black beauty est une pierre tellement exceptionnelle qu’elle est décrite par tous les spécialistes comme unique au monde. Il s’agit en effet d’un fragment de roche éjecté de Mars après un violent impact dont l’âge est estimé à plus de 4,4 milliards d’années (l’âge moyen de pierres similaires se situe à environ 500 millions d’années).

Il s’agit donc d’une période totalement inconnue des scientifiques, d’autant plus que la texture et le format de la black beauty est également unique. Il s’agit de la seule roche sédimentaire retrouvée jusqu’alors et contient de petits morceaux de la croûte originale de Mars. Ce qui indique une très forte présence de l’eau sur Mars à cette période. Retrouvée dans le désert marocain en juillet 2011, les premiers résultats des recherches scientifiques, confirmant son caractère exceptionnel sont apparus en janvier 2013, affolant par la même occasion le marché mondial des météorites.

Le prix d’un gramme de Black Beauty s’élevant parfois à environ 10.000 dollars américains. Les plus beaux spécimens d’une centaine de grammes se trouvent actuellement dans certains musées dont celui d’histoire naturelle de Copenhague.  Pour Hasnaa Chennaoui, qui se bat depuis une décennie pour donner des noms marocains aux météorites trouvées sur le sol du Royaume, le véritable nom de cette pierre exceptionnelle n’est pas black beauty mais Rabt Sbayt 003. Inscrite au début sous le nom de NWA 7033/34 (pour North West Africa),  notre experte a réussi à faire une seconde déclaration à la «Meteoritical Society», mais le nom de Black beauty, plus vendeur est resté dans les mémoires.

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La météorite de Tissint, dont la chute a été observée en juillet 2011 a permis la découverte d’éléments nouveaux dans la compréhension de l’origine de la planète Mars (Ph. DR)

Autre pierre rare découverte au Maroc la Tissint. Contrairement à la première, il s’agit ici d’une chute observée, dans la province de Tata le 18 juillet 2018. ll s’agit de la cinquième météorite martienne dont la chute a été observée dans le monde.  Elle a, en plus, la particularité d’avoir été fraîchement découverte après s’être écrasée et ainsi été peu ou pas contaminée par l’environnement terrestre (pluie, bactéries, etc.). Ce qui a permis aux scientifiques de faire des analyses extrêmement poussées sur une météorite  martienne « fraîche».

La  particularité de cette météorite, datée de plus de 700.000 ans, prouve, selon les analyses menées par l’équipe du professeur Hasnaa Chennaoui-Aoudjehane de l’université Hassan II de Casablanca, la présence de fluides durant une période antérieure à celle de son détachement de la planète rouge.

La roche comprenant des traces de soufre et de fluor dans les anfractuosités qui semblent avoir été déposées par une eau ruisselante, avant d’être figées (et donc conservées) dans le verre noir lors de l’impact avec un astéroïde ou tout autre gros objet céleste. Un élément qui n’a jamais été observé sur aucune météorite auparavant. D’une masse estimée à 7 kg, les plus beaux spécimens de cette météorite (900 grs à 1kg) se trouvent au Musée d’histoire naturelle de Londres  et de celui de Vienne.

A. Bo

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