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Economie

Enseignement: Le plaidoyer du gouvernement des jeunes

Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:5829 Le 26/08/2020 | Partager
Opter pour un système hybride, alternant présentiel et enseignement à distance
Nécessité de réduire le volume des programmes et le nombre d’élèves par classe
Un sondage met en avant l’insatisfaction vis-à-vis du modèle adopté depuis le début de la pandémie

Le gouvernement parallèle des jeunes se greffe sur le débat autour de l’enseignement dans le contexte de la Covid-19. Cette structure vient d’élaborer un mémorandum dans ce sens, soumis notamment au Chef du gouvernement. Il s’agit d’une «vision prospective et des propositions innovantes pour ce secteur pendant et après la pandémie, basée sur le bilan de la formation à distance durant les derniers mois, ainsi que sur les résultats d’un sondage d’opinion sur la prochaine rentrée».

Il en ressort qu’en dépit des réalisations, «cette approche a connu plusieurs contraintes», selon ce mémorandum. Par exemple, «le corps enseignant n’a jamais travaillé auparavant dans de telles conditions». D’autant que «plusieurs enseignants ne maîtrisent pas les notions de base en matière de nouvelles technologies».

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Selon un sondage réalisé par le ministère de l’Education nationale des jeunes, la majorité des personnes interrogées n’ont pas caché leur mécontentement des problèmes ayant marqué le système d’enseignement à distance, essentiellement parce que la plupart des élèves n’étaient pas préparés à ce genre d’exercice (Ph. Bziouat)

En face, les apprenants n’étaient pas préparés à ce genre d’exercice. Une situation compliquée par les problèmes de connectivité et de débit Internet. Résultat: une inégalité des chances pour les élèves démunis, particulièrement dans le monde rural.

Ces constats ont été confortés par les résultats du sondage réalisé par le ministère de l’Education nationale des jeunes. Il en ressort que la majorité des personnes interrogées ont affiché leur insatisfaction, voire leur mécontentement, vis-à-vis de l’enseignement à distance. D’où l’importance de «corriger ces erreurs de parcours, afin de mettre à niveau l’approche d’enseignement à distance. D’autant que la pandémie est toujours présente».

Pour inverser la tendance, le mémorandum élaboré par le gouvernement parallèle des jeunes appelle à miser sur la formation des instituteurs aux méthodes d’enseignement à distance, de suivi et d’évaluation en ligne. L’idée est également de mettre en place «un programme didacticiel approuvé par le ministère de tutelle, préparé par des experts, en vue d’assurer une meilleure qualité de l’enseignement à distance».

En matière d’organisation, ce document plaide pour une réduction du nombre des élèves par classe, avec un système de groupes par rotation. L’idée est de ne pas dépasser 10 élèves pour les petites classes et 20 pour celles plus spacieuses. L

e programme pédagogique devra également être allégé, afin qu’il soit adapté à la formule de l’enseignement à distance. Cela devra s’accompagner d’efforts pour favoriser l’accès des élèves défavorisés aux outils logistiques, notamment avec des réductions des prix du matériel informatique et de la connexion à Internet. «C’est décisif pour garantir l’équité d’accès à l’enseignement».

Ce document met également en avant une série de mesures pour «favoriser la promotion du système éducatif au Maroc et le transformer en secteur porteur». L’une des pistes à explorer concerne l’adoption d’une «nouvelle méthodologie d’enseignement, permettant d’aboutir au Maroc 4.0».

Cela passe notamment par un renforcement de l’utilisation des TIC par les différents acteurs de l’enseignement primaire, secondaire et universitaire. S’y ajoute l’adoption des Massively open online course (MOOC), permettant aux étudiants de se former en ligne et d’interagir avec d’autres, gratuitement…

M.A.M.

                                                                                

Trois questions à Dr Farah Hassani, ministre de l’Education nationale au gouvernement parallèle des jeunes
«La rentrée scolaire aurait dû être reportée»

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- L’Economiste: Quelle est la valeur ajoutée du mémorandum que vous avez élaboré sur le système d’enseignement?
- Farah Hassani:
L’une des principales conclusions de ce mémorandum est liée à l’urgence de miser sur la recherche scientifique, dont l’importance a été mise en avant depuis l’apparition de la pandémie de la Covid-19. Pour nous, cette épidémie offre aussi une opportunité, notamment pour revoir le classement des priorités. En ce qui concerne la prochaine rentrée scolaire, nous constatons que la question du modèle à adopter se pose au niveau de plusieurs pays. Certains défendent l’approche de l’enseignement à distance ou celle du présentiel. Nous considérons que le Maroc gagnerait à opter pour un système hybride.

- Cela consiste en quoi concrètement?
- Nous partons du constat qu’on ne peut pas généraliser le même traitement à tout le territoire marocain. Il faut également prendre en compte les différences entre les villes qui connaissent un grand nombre de contaminations et celles où la pandémie est relativement maîtrisée. Dans ce document, nous avons estimé qu’il serait pertinent de reporter la rentrée, et profiter de 2 mois pour la réduction du volume du programme et des horaires. Celles-ci ne devraient pas dépasser 3 heures par jour, comme cela se fait dans d’autres pays. Cela devra s’accompagner de la réduction du nombre d’élèves par classe, en misant sur un système de travail par groupe.

- Quel est le sort des rapports élaborés par le gouvernement des jeunes. Est-ce que le gouvernement interagit avec vos propositions?
- Tout à fait. Les travaux élaborés par le gouvernement des jeunes sont pris en compte dans l’élaboration des politiques publiques. Par exemple, nous avons présenté à la Commission spéciale du modèle de développement notre vision pour le Maroc post-Covid-19. Nous avons été convoqué par le chef du gouvernement pour décliner les mesures contenues dans cette contribution. Nous avons également été interpellés par le Conseil économique, social et économique. Globalement, nous considérons que le gouvernement est réceptif à nos propositions. Par exemple, le gouvernement des jeunes a lancé l’initiative «Tbibek f darek» (Votre médecin chez vous), qui a été reprise et appliquée par le ministère de la Santé.

Propos recueillis par M.A.M.

 

 

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