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    Des élèves prisonniers d’une spirale de reproduction sociale

    Par Ahlam NAZIH | Edition N°:5675 Le 14/01/2020 | Partager
    Le système scolaire marocain «amplifie» les inégalités
    Héritage social, genre, territoire… conditionnent leur parcours scolaire
    Enfants ruraux, les plus lésés
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    L’école marocaine se régule par le rejet, selon le Conseil supérieur de l’éducation. D’après son Atlas territorial de l’abandon scolaire, récemment publié, 431.876 élèves ont quitté le système scolaire en 2018. Même si ce chiffre est en recul sur les dernières années, il demeure important. Les plus jeunes élèves, ceux du primaire, risquent de retomber dans l’analphabétisme. Sans qualifications, ils sont condamnés, très tôt, à sombrer dans la précarité 

    Au même titre que l’école française, la marocaine reproduit les inégalités initiales des élèves, dès les premières années de scolarité. La situation au Maroc est même pire. Le Conseil supérieur de l’éducation estime que ces inégalités initiales (sociales territoriales et de genre) sont amplifiées par le système scolaire marocain.

    En termes d’acquis des élèves, les écarts sont très prononcés. Le score des 10% les plus performants est 2,5 fois supérieur à celui des 10% les moins performants, alors que la moyenne internationale est de 1,5 fois. Ceci est intimement lié à la condition sociale des familles.

    Selon le Programme national d’évaluation des acquis des élèves (PNEA 2016), le poids de l’héritage social compte pour 80% dans les résultats des élèves, contre 20% pour la qualité de l’établissement. La disponibilité de ressources pédagogiques, livres, bureau, ordinateur, connexion internet…, à la maison aide les élèves à améliorer leurs performances, aussi bien en langues qu’en mathématiques.

    Le niveau éducatif et culturel des parents détermine, également, les résultats obtenus. En deuxième année du secondaire, les élèves dont l’un des parents au moins possède un diplôme universitaire atteignent des scores supérieurs de 64 points en mathématiques, et de 62 points en sciences, par rapport à leurs camarades dont les parents ont, dans le meilleur des cas, achevé le collège. Un tiers des pères des élèves et plus de la moitié des mères n’ont jamais été à l’école. Un handicap de taille!

    Les inégalités sont, en outre, territoriales. Dans le monde rural, qui compte 35 à 40% des effectifs globaux, la moyenne d’années de scolarisation est de seulement 3,2 ans, contre 7,1 ans en milieu urbain (plus du double). La moitié des ruraux, selon le recensement de 2014, est d’ailleurs analphabète (52,5% contre 77,4% des citadins).

    Globalement, les élèves ruraux  accèdent à une offre éducative moins diversifiée et à des infrastructures moins bien loties que leurs homologues citadins. A titre d’exemple, plus de 56% des écoles rurales n’ont pas accès à l’eau potable et 93,3% ne sont pas raccordées au réseau d’assainissement. 

    Le taux spécifique de scolarisation tend, pour sa part, à diminuer dans le rural. Pour les 15-17 ans, par exemple, il est de 86% pour les citadins, et d’uniquement 40,6% pour les ruraux.

    Enfin, en matière de genre, les filles demeurent lésées. La moyenne d’années de scolarisation des plus de 15 ans n’est que de 4,8 ans, alors qu’elle dépasse 6,5 ans chez les garçons. Elles quittent plus souvent l’école, dès le primaire (1,7%, contre 0,8% pour les garçons). Les filles rurales, elles, sont désavantagées à la fois par rapport aux garçons et à leurs homologues citadines.

    L’école marocaine ne pourrait s’en sortir sans des aides sociales plus consistantes, et surtout, mieux ciblées.

    Ahlam NAZIH   

     

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