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    Economie

    Un «casier judiciaire» des délais de paiement

    Par Franck FAGNON | Edition N°:5635 Le 15/11/2019 | Partager
    Le programme Dun Trade va chercher l’information chez les fournisseurs
    Déployé par Inforisk, il permet de mieux apprécier le risque de contrepartie
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    Amine Diouri, responsable du programme Dun Trade Maroc: «A moyen terme, nous sommes convaincus que plusieurs centaines d’entreprises accepteront de partager leur data» (Ph. AD)

    - L’Economiste: Quelle est la valeur ajoutée de ce programme et quels sont vos objectifs à moyen terme?

    - Amine Diouri: Ce nouveau programme vient combler un vide. Autant l’État fait le nécessaire pour réduire les délais de paiement dans son périmètre, autant il ne se passe rien dans les relations entre opérateurs privés. Or, c’est dans ce secteur qu’il y a urgence puisque 423 milliards de crédit interentreprises y sont bloqués dont la moitié entre les mains des grandes entreprises. Celles qui en souffrent le plus sont les TPE, avec des délais clients compris entre 6 et 8 mois.
    C’est dans ce contexte qu’apparaît le programme Dun Trade, qui existe déjà dans 47 pays et auquel plus de 15.000 entreprises ont adhéré. Son principal apport est qu’il mutualise de l’information (retards de paiement) partagée par l’ensemble des partenaires. Grâce au programme Dun Trade, nous connaissons les pratiques de paiement des entreprises marocaines vis-à-vis de leurs fournisseurs étrangers. En revanche, nous n’avons pas assez d’informations sur les expériences de paiement avec les fournisseurs locaux. Le programme que nous allons déployer va répondre à cette problématique.
    A moyen terme, nous sommes convaincus que plusieurs centaines d’entreprises accepteront de jouer le jeu et de partager leur data.

    - Comment allez-vous vous assurer de la fiabilité des informations qui vous sont communiquées?
    - Le programme s’adresse à des entreprises structurées, ayant plusieurs contreparties clients. Nous sommes exigeants sur cet aspect parce que nous demandons à nos partenaires de nous fournir tous les mois de la data comptable selon un format très précis, permettant in fine de calculer de manière automatisée des retards de paiement. Dès réception de la donnée, notre équipe experte vérifie par un simple contrôle la cohérence des informations transmises avant de l’insérer dans notre base de données. Par la suite, la data est recoupée avec les informations provenant d’autres partenaires, permettant de calculer des ratios consolidés. C’est de cette manière que nous nous assurons de la fiabilité de la donnée.

    - Quid des garanties sur l’anonymat des sources?
    - C’est un sujet central. Le programme ne cite jamais le nom des partenaires! C’est un principe de base, sans cela personne n’accepterait de participer. L’objectif du programme n’est pas de dire que la société X dénonce la société Y. C’est plutôt de dire que concernant la société Y, nous avons collecté des expériences de paiement permettant de calculer le retard de paiement moyen que celle-ci impose de manière factuelle à ses fournisseurs. En plus de l’anonymat des sources, nous assurons également la confidentialité de la donnée transmise par nos partenaires, et cela à tous les niveaux.

    Propos recueillis par Franck FAGNON

     

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