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    Economie

    Délais de paiement: Tout se joue en amont

    Par Abashi SHAMAMBA | Edition N°:5635 Le 15/11/2019 | Partager
    Des diligences sur l’honorabilité des clients et fournisseurs
    Un rapport de conformité devrait être systématisé
    La CGEM reconnaît que la réglementation n’a pas empêché l’augmentation des impayés

    Inforisk et son partenaire Altares ont choisi la période de vaccination contre la grippe au Maroc pour présenter leur solution de prévention des incidents de paiement aux entreprises (voir entretien ci-contre). Si pour un être humain, mourir d’une grippe est exceptionnel, pour une TPE ou une PME, un impayé peut accélérer la disparition.

    Dans les deux cas, rien ne remplace la prévention. En gros, c’est le message qu’ont voulu faire passer les responsables d’Inforisk et d’Altares aux dirigeants réunis jeudi 14 novembre à Casablanca.

    Dans ce processus, la data est clairement le nouveau pétrole. Pour anticiper les incidents de paiement, gérer les risques (de réputation ou de sanction) et pas seulement celui lié au non paiement de sa marchandise, tout se joue en amont. Il faut identifier correctement ses clients et prospects, conseille Adrien Tzamaras, directeur du développement international chez Altares.

    La corruption dans le monde est évaluée par les Nations Unies à 2.000 milliards de dollars. C’est une des mamelles du blanchiment de l’argent sale. Au niveau des pays de l’OCDE, la corruption représente jusqu’à 14% du PIB. Il s’agit d’un enjeu politique majeur à l’échelle mondiale. Car, au trafic de drogues, d’objets d’art (3e marché de blanchiment) et la prostitution, s’ajoute le financement des réseaux terroristes. Résultat, les réglementations internationales en matière de conformité se raidissent.

    Au niveau marocain, l’article 214 du projet de loi de finances institue l’échange de renseignements entre les banques/assurances et l’administration fiscale dès 2020. Ces renseignements concernent les résidences fiscales des bénéficiaires effectifs. Par ailleurs la circulaire de Bank Al-Maghrib du 24 juillet 2017 relative à l’obligation de vigilance incombant aux établissements de crédit édicte un certain nombre de diligences à déployer pour lutter contre le blanchiment.

    Pour une entreprise, être en phase avec tous ces règlements est un enjeu crucial. Lorsqu’elle entre en contact avec un tiers (client, fournisseur, etc) elle doit s’assurer de son honorabilité et vérifier avec qui elle traite. La notion d’honorabilité des tiers va bien au-delà de la solvabilité. Vous devez identifier les bénéficiaires effectifs, les dirigeants, les sous-traitants, la liste des sanctions, etc.

    Si vous vendez des produits à une société sous sanctions américaines parce que celle-ci aurait des relations avec les «Gardiens de la révolution» en Iran, cela peut vous coûter très cher. Par ailleurs, l’argent payé à un fournisseur étranger peut aller financer des activités criminelles sans que vous ne le sachiez. Des bases de données mondiales existent, où l’on peut consulter des informations sur l’entité à laquelle l’on a affaire. Plus vous déployez rapidement ces diligences, plus vous donnez un avantage à votre équipe commerciale. La maîtrise de la conformité peut être transformée en un avantage compétitif.

    Plus globalement, l’enjeu c’est de contenir les risques et de fermer les portes d’entrée de la corruption et du blanchiment d’argent dès que l’on rentre en relation avec des tiers, explique Laurent Luce, Marketing Product Manager chez Altares. Si votre fournisseur vous demande une partie du règlement en liquide, cela devrait vous interpeller.

    Le secteur bancaire et l’assurance sont aujourd’hui sous pression réglementaire. Les autorités de régulation leur exigent de vérifier systématiquement l’honorabilité des clients. Et les surprises sont nombreuses: il a été constaté en France que 20% des documents présentés à l’ouverture des comptes étaient faux.

    Au quotidien, il faut conjuguer entre la lourdeur qu’imposent ces règles et les impératifs commerciaux. Le curseur n’est pas facile à placer, concède le responsable Marketing d’Altares. Plus vous mettez du temps à vérifier l’honorabilité des tiers, plus votre activité commerciale en pâtit. Dans l’assurance automobile par exemple, faute de réponse dans une heure, le prospect passe immédiatement à la concurrence.

    Le problème des délais de paiement reste entier malgré la réglementation, reconnaît Abdelkader Boukriss, président de la Commission financement et délais de paiement à la CGEM. Entre les chèques en bois et les traites sans provision, les impayés étaient évalués à 131 milliards de DH à fin 2017.

    A.S.

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