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    Abandon scolaire: Des chiffres à prendre avec des pincettes!

    Par Ahlam NAZIH | Edition N°:5619 Le 22/10/2019 | Partager
    Des taux biaisés par les méthodes de calcul
    Enormes différences entre les statistiques nationales et celles de Casablanca
    Des divergences avec le Conseil supérieur de l’éducation aussi
    abandon_scolaire_019.jpg

    Une lecture simpliste de ce graphique mènerait à une conclusion erronée. L’on déduirait que l’abandon scolaire est un épiphénomène dans la région de Casablanca-Settat. Les taux de décrochage présentés par l’académie régionale sont très bas par rapport à la moyenne nationale livrée par le ministère. Or, la région, qui compte le plus grand nombre d’élèves au Maroc (1,08 million dans le public), est supposée être l’échantillon le plus représentatif de cette moyenne. En réalité, difficile de comparer des taux résultant de deux méthodes de calcul différentes… Adoptées au sein d’une même administration…

    Malgré un léger recul sur les dernières années, l’hémorragie des abandons scolaires continue au Maroc. Les dérochages se sont élevés à 279.176 en 2016-2017 et à 315.273 en 2017-2018, selon les chiffres officiels de l’Education nationale. Mais ces données reflètent-elles fidèlement l’ampleur du phénomène?

    Il ne s’agit pas là de pointer du doigt une quelconque «manipulation» des statistiques, simplement de relever une discordance manifeste. L’élément déclencheur: la différence vertigineuse entre les données globales de l’Education nationale et celles de l’Académie régionale de l’éducation et de la formation (Aref) de Casablanca-Settat.

    Les taux d’abandon scolaire par cycle présentés par l’académie sont anormalement bas par rapport à la moyenne nationale livrée par la tutelle (voir illustration). Les deux entités évoquent des méthodes de calcul différentes, et chacune revendique la fiabilité de ses chiffres. Cependant, au final, quelle que soit la méthode, les statistiques livrées manquent bien de précision.

    Pour le calcul de ses taux, le ministère intègre deux composantes: les non-réinscriptions des élèves en début d’année scolaire, généralement recensées entre septembre et octobre de chaque année, et les abandons, relevés entre octobre et mai. Or, la non-réinscription n’est pas nécessairement synonyme de décrochage.

    «Parmi les élèves qui ne se réinscrivent pas, certains intègrent des établissements de la formation professionnelle, tandis que d’autres s’expatrient avec leurs parents… Tous ne décident pas de rester chez eux», explique une source à l’Aref de Casablanca-Settat. «Jusqu’à présent, nous n’avons aucun moyen d’assurer le suivi des élèves», poursuit notre source.

    abandon-scolaire-classe-019.jpg

    L’introduction du système de gestion scolaire Massar a permis d’assurer la suivi des élèves du primaire jusqu’au lycée. Mais impossible de les pister s’ils décident de quitter l’école formelle pour passer à la formation professionnelle, en l’absence d’un identifiant commun et d’une coordination entre départements ministériels (Ph. Jarfi)

    L’Education nationale est aujourd’hui incapable de savoir combien d’élèves l’ont quittée pour s’inscrire à la formation professionnelle. Pourtant, les deux départements font partie du même ministère… En attendant, quelle que soit leur destination, tous ceux qui quittent leur banc à l’école formelle sont inclus par le ministère dans le calcul du taux d’abandon national. Peut-on le lui reprocher? Pas vraiment, mais il faudrait compléter le tableau en précisant la part de ceux qui changent simplement de système ou qui émigrent. 

    L’Aref, pour sa part, ne se fie qu’au recensement opéré entre octobre et mai. A-t-elle raison de se limiter aux données collectées durant cette période? Sans doute non, car parmi les effectifs qui ne se réinscrivent pas en début d’année, il y a bien aussi des élèves qui ont décidé de tout abandonner.

    Et quand bien même ils se seraient inscrits dans un autre système, ils ont bel et bien choisi de céder leur place à l’école formelle. Les chiffres de l’Aref sont donc, forcément, sous-estimés. Au final, en l’absence de coordination entre les départements, il sera impossible d’arriver à présenter des statistiques reflétant de manière précise la réalité des flux des élèves.

    Il existe, par ailleurs, des divergences entre le ministère de l’Education nationale et le Conseil supérieur de l’éducation sur cette question d’estimation des décrochages, selon une source ministérielle. Des réunions devaient être organisées en début d’été dernier, afin de tenter d’harmoniser les approches.

    Ahlam NAZIH 

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