×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Perspective 7.7 milliards Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Economie

    Croissance: La recette chinoise

    Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:5536 Le 17/06/2019 | Partager
    Miser sur le développement des infrastructures et sur les secteurs compétitifs
    Les prix bas, décisifs pour pénétrer les marchés, mais la qualité est incontournable
    Des réformes politiques et institutionnelles ont favorisé cette émergence
    croissance_036.jpg

    D’un pays croulant sous les effets de la pauvreté à une véritable puissance mondiale, la Chine a réussi de grands exploits, notamment grâce à des taux de croissance records. Ce bond est dû à «une forte promotion des facteurs de production, notamment le travail et le capital», a expliqué Justin Yifu Lin, directeur de l’Institut chinois de recherche économique.

    Intervenant lors d’une conférence, organisée par l’Académie du Royaume, vendredi dernier, à Rabat, cet économiste a mis l’accent sur le rôle du système éducatif en matière de mise à niveau de la main-d’œuvre. C’est décisif pour favoriser la réussite de la stratégie de développement, qui a également requis «d’importantes réformes des secteurs de l’agriculture et de l’industrie, en plus du renforcement des infrastructures».

    L’émergence de la puissance chinoise a «pris du temps», notamment à cause des mesures qui devaient être déployées pour assurer une transformation structurelle de l’économie. «D’un système planifié, la Chine a progressivement évolué pour s’ouvrir sur l’économie du marché», a-t-il expliqué. L’année 1978 est une date-clé dans ce processus. Pékin «a intégré le marché mondial, parallèlement à son ouverture sur les pays en développement».

    Cette période était marquée par le début de la diversification de l’économie chinoise et de la volonté de se positionner au niveau international. «Cela a exigé des réformes politiques en plus d’une libéralisation progressive du marché interne», a expliqué Yifu Lin. C’est durant ces années que Pékin a procédé à la privatisation de certains secteurs, parallèlement au renforcement de l’accompagnement du secteur privé.

    Dans cette nouvelle configuration, «la question des prix bas était décisive pour favoriser le positionnement des produits chinois», a-t-il noté. Mais «il fallait également insister sur l’amélioration de la qualité». Plusieurs conditions ont été préparées pour favoriser l’émergence de la puissance chinoise. «Les grandes banques de l’Etat et le marché financier ont joué un rôle décisif dans cette évolution progressive et dans ce passage de l’économie planifiée à celle du marché».

    La lutte contre la corruption et la réduction des inégalités ont également eu «un impact positif, favorisant l’amélioration des performances des secteurs productifs». La Chine avait mis en place des lois sur la concurrence au niveau de son marché intérieur, parallèlement à l’ouverture de la voie aux investissements directs étrangers, en plus du démantèlement du monopole de l’Etat sur le commerce extérieur.

    Ces réformes ont été menées de façon consensuelle, afin de garantir la stabilité sociale, selon Yifu Lin. Pour réussir, «il fallait également désamorcer les tensions politiques». C’est ce qui a permis à ce pays de s’ouvrir sur d’autres partenaires dans une nouvelle logique de coopération. Pour cela, «il fallait éviter un recours systématique au protectionnisme».

    Cette évolution de la Chine a été également favorisée par les grands investissements dans les secteurs technologiques. Au début, le pays s’est inspiré des avancées des autres puissances mondiales. Dans cette configuration, «les coûts et les risques étaient bas».

    La montée en puissance dans le domaine technologique passait également par l’identification des créneaux à grande valeur ajoutée, en phase avec les besoins du pays. Pékin ayant d’abord misé sur la demande intérieure, avant de réaliser de grands exploits grâce à ces exportations, au point où les Etats-Unis se trouvent obligés de riposter, menaçant de l’éclatement d’une guerre commerciale entre les deux pays.

    Niveaux record

    chine_industrie_036.jpg

     

    Avec un taux de 6,6% cette année, la Chine continue de réaliser des niveaux record de croissance. Pendant les années précédentes, ce pays avait atteint 9%, au moment où d’autres pays croulaient sous les effets de la crise mondiale. Poussant des observateurs à qualifier cette croissance d’«insolente». Actuellement, Pékin ambitionne de passer au rang de 1re puissance mondiale. «La Chine bénéficie d’une série d’avantages dans les domaines de la compétitivité et de l’innovation», selon Justin Yifu Lin. Il a souligné que «la productivité dans ce pays est plus importante qu’aux Etats-Unis». Actuellement, Pékin «détient pratiquement 28% de l’économie mondiale». 

    M.A.M.

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc