International

Theresa May parie sur l’Afrique

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5339 Le 29/08/2018 | Partager
Elle veut faire du Royaume-Uni post-Brexit un grand investisseur
Une enveloppe de 4,4 milliards d’euros
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La Première ministre britannique Theresa May a entamé par l’Afrique du Sud sa première tournée africaine, qui la mènera ensuite au Nigeria et au Kenya  (Ph. AFP)

La Première ministre britannique Theresa May a prononcé un important discours au Cap, en Afrique du Sud, première étape de sa toute première tournée africaine. «Je peux annoncer aujourd’hui une nouvelle ambition. D’ici 2022, je veux que le Royaume-Uni devienne le premier investisseur des pays du G7 en Afrique», a déclaré May qui vise un nouveau partenariat de son pays avec le continent africain.

Le but est de compenser les pertes économiques qu’engendrerait le Brexit. Depuis la décision des Britanniques de quitter l’Union européenne (UE), lors du référendum de juin 2016, Londres multiplie les contacts diplomatiques pour tenter de décrocher les accords commerciaux censés se substituer à ceux de Bruxelles.

«Il est dans l’intérêt du monde que ces emplois soient créés (en Afrique) pour s’attaquer aux causes et aux symptômes de l’extrémisme et de l’instabilité, pour gérer les flux migratoires et pour encourager une croissance propre…», a-t-elle plaidé devant un parterre d’hommes d’affaires sud-africains et britanniques.

La Première ministre britannique a annoncé dans la foulée une enveloppe de 4 nouveaux milliards de livres (4,4 milliards d’euros) d’investissements dans les économies africaines. Une réunion pour l’investissement en Afrique aura lieu l’an prochain à Londres.

«Nous ne pouvons pas concurrencer la puissance économique de certains pays (en référence à la Chine), mais nous pouvons offrir au continent africain des investissements de long terme et de haute qualité», a ajouté la dirigeante britannique.

Premier, de loin, investisseur en Afrique, Pékin accueille d’ailleurs la semaine prochaine une pléiade de chefs d’Etat pour son grand rendez-vous commercial annuel avec le continent. Lors de son discours au Cap, la cheffe du gouvernement britannique a également souligné l’importance des enjeux sécuritaires.

Theresa May s’est ensuite entretenue avec le président sud-africain Cyril Ramaphosa, avec lequel elle a signé un accord commercial. L’économie sud-africaine continue à souffrir d’une faible croissance et d’un fort taux de chômage (plus de 27%), ainsi que des scandales de corruption qui ont émaillé le règne de l’ex-président Jacob Zuma, démissionnaire en février.

Cyril Ramaphosa a souhaité que les négociations entre Londres et Bruxelles aboutissent à un accord «qui restaure la stabilité de l’économie et des marchés et protège les emplois». Car, a-t-il dit, le Brexit «a aussi un impact sur notre économie».

Theresa May doit mettre le cap, mercredi 29 août, sur le Nigeria, où elle rencontrera le président Muhammadu Buhari. Jeudi, au Kenya, elle s’entretiendra avec le président Uhuru Kenyatta et rendra visite à des troupes britanniques formant des soldats du continent à la lutte contre les bombes artisanales.

F. Z. T. avec agences

 

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