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    Philip Morris défend son tabac

    Par Amin RBOUB | Edition N°:5229 Le 14/03/2018 | Partager
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    Liviu Vornicu, DG de Philip Morris Maroc:  «Si l’on se compare aux pays voisins, le constat est que le prix de Marlboro au Maroc est de 38% plus élevé par rapport à Marlboro en Algérie et de 75% par rapport à la Mauritanie» (Ph. Fadwa Al Nasser)

    Elargissement des gammes, positionnement produit, développement du portefeuille, extension du réseau des buralistes, incruster la culture de multinationale, faire évoluer les équipes, challenger les idées et carrières... sont autant de leviers qui relèvent de la mission de Liviu Vornicu, DG de Philip Morris Maroc depuis plus d’un an.  Ce jeune patron a déjà fait ses preuves en Géorgie, Roumanie, Suisse...

    - L’Economiste: Comment vous appréciez l’évolution du marché du tabac manufacturé et quel bilan 6 ans après la libéralisation?
    - Liviu Vornicu:
    Globalement, le secteur du tabac manufacturé a réalisé une évolution positive ces 6 dernières années. En effet, la libéralisation a permis d’installer une concurrence saine, bénéficiant ainsi à tous les acteurs du marché. D’abord, l’on note une diversification de l’offre suite au lancement de nouveaux produits, avec plus de choix. Sur les 5 dernières années, Philip Morris a lancé 8 nouveaux produits dans différentes catégories de prix, en plus d’environ 16 autres produits introduits par la concurrence. S’y ajoute l’amélioration des conditions de travail des buralistes. Plus de 16.000 buralistes titulaires de licence de vente ont bénéficié des investissements mis en place par les opérateurs tels que les programmes d’animation commerciale, les activations de marques ou encore d’autres initiatives qui soutiennent le business. Par ailleurs, l’ouverture du marché a permis à de nouveaux entrants d’investir lourdement dans le développement des capacités de distribution et de commercialisation. Ce qui a généré d’importantes opportunités d’emplois et business.

    - Sur quels leviers comptez-vous capitaliser pour développer vos parts de marché et les gammes de produits?
    - A l’instar de tous les opérateurs, et pour être compétitifs, nous faisons recours aux techniques de commercialisation autorisées par la législation. En tant que leader mondial de l’industrie du tabac, Philip Morris capitalise sur un portefeuille solide de marques connues à l’échelle internationale que nous essayons constamment de développer au Maroc.
    Notre ambition est d’offrir des produits de qualité sur tous les segments de prix, avec le soutien de nos partenaires pour développer des relations commerciales étroites, notamment avec les buralistes et offrir des services de distribution de qualité avec des programmes commerciaux novateurs et compétitifs. Nous croyons fermement que notre développement au Maroc dépend étroitement de l’investissement dans le capital humain.  A ce jour, notre équipe compte plus de 13 nationalités. Nous avons recruté un grand nombre de jeunes talents marocains, mais également des gestionnaires expérimentés d’autres filiales de PMI pour transmettre de l’expertise à l’équipe locale. De surcroît,  nous avons mis en place de nombreux programmes de formation afin de développer les capacités des équipes. Nous leur offrons également la possibilité d’élargir leurs expériences en travaillant dans d’autres filiales du groupe. Nous avons maintenant 8 membres de nos équipes en  mission d’un an voire 18 mois en Suisse, Russie ou l’Ukraine.

    - Que vous inspire le cadre réglementaire et fiscal lié au tabac manufacturé au Maroc?
    - Le dispositif réglementaire au Maroc est comme partout dans le monde. Il y a des mécanismes qui fonctionnent très bien. D’autres pourraient être améliorés. Un important travail a été réalisé par les autorités. En effet, de nombreuses mesures ont été prises pour clarifier certains aspects de la législation et éliminer certaines lacunes. Ces réformes ont permis d’améliorer les conditions de concurrence. En témoignent les récentes clarifications que la tutelle a introduites par rapport au segment brun qui ont été bénéfiques pour le marché. Bien entendu, il y a d’autres aspects qui peuvent être simplifiés voire clarifiés davantage. D’où l’intérêt, de maintenir un dialogue continu alimenté par la concertation entre autorités, opérateurs ainsi que l’ensemble des parties concernées. L’essentiel est que nous privilégions  la clarté et la prévisibilité de l’environnement réglementaire et fiscal. Ce qui nous permet d’élaborer des plans d’investissement à long terme. Le  meilleur moyen d’y parvenir est de maintenir un dialogue ouvert avec l’industrie.

    - Pensez-vous qu’une forte taxation de la cigarette peut être un élément stratégique pour réduire le nombre de fumeurs?
    - La fiscalité du tabac est un sujet complexe qui exige la prise en compte d’un certain nombre de facteurs et paramètres économiques ou encore démographiques. Quand la fiscalité est gérée à travers une bonne structure et de manière optimale, elle constitue un mécanisme efficace qui peut aider le gouvernement à atteindre ses objectifs en matière de santé publique, tout en générant des recettes fiscales importantes. Actuellement, la taxe intérieure de consommation (TIC) est élevée au Maroc en comparaison au pouvoir d’achat des fumeurs adultes, mais aussi en comparaison avec les niveaux enregistrés dans les pays voisins. Par ailleurs, la structure existante est essentiellement ad valorem, avec une incidence minimale de 53,6% du prix de vente des cigarettes.
    En clair, la valeur de la taxe dépend fortement du prix de vente de chaque produit.  Elle encourage en même temps des écarts de prix très importants. Par exemple, le prix de vente d’un produit Premium tel que Marlboro est 100% plus élevé que celui des produits des segments de prix inférieurs, tels que Basic. Si l’on se compare aux pays voisins, le constat est que le prix de Marlboro au Maroc est de 38% plus élevé par rapport à Marlboro en Algérie et de 75% par rapport à la Mauritanie. Face à ce constat, il est important que les futures augmentations tiennent compte de ces facteurs, afin d’éviter des effets pervers tels que l’augmentation du commerce illicite ou la conversion massive de la consommation vers les produits à bas prix, puisque cela va à l’encontre des objectifs en matière de santé publique.
    A mon sens, si le gouvernement envisage une augmentation de la taxation, le mieux serait d’envisager un plan prévisible et à long terme. Cela peut se décliner via des augmentations graduelles des droits d’accise (TIC) qui seront combinées à une structure  mixte, semblable à celle de l’UE, qui serait moins dépendante des prix de vente.
     
    - A combien s’élèvent les emplois créés par Philip Morris Maroc?
     - Nous avons recruté 50 personnes supplémentaires au cours des 2 dernières années pour soutenir le développement de l’activité. Aujourd’hui, l’entreprise emploie près de 80 salariés. De plus, nous avons contribué, à travers notre partenaire EMID (Emiratie-Marocaine pour l’Industrie et la Distribution), à la création d’un réseau de distribution pour nos marques, ainsi qu’avec d’autres fournisseurs pour soutenir la commercialisation. Au total, PMM a créé plus de 450 emplois directs et indirects pour accompagner le développement de l’activité.

    Une usine Marlboro... «Pas pour tout de suite»!

    Depuis quelques mois, des informations circulent sur le chantier de montage d’une usine pour la production de Marlboro au Maroc, ou du moins une grosse unité de packaging. Interrogé sur cet investissement, le management nuance: «Nous n’avons jamais fait de déclaration dans ce sens. Cela n’empêche, il y a toujours un potentiel d’investissement. D’ailleurs, les projets peuvent être divers et de différentes natures. Ceci dit, nous investissons depuis 2015 dans les équipes ainsi qu’un réseau commercial et de distribution à part entière», tient à préciser le DG de Philip Morris Maroc.

    Propos recueillis par Amin RBOUB

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