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    Dossier Spécial

    Sécuriser l’eau: Les chantiers des titans

    Par Abdelaziz GHOUIBI | Edition N°:4900 Le 17/11/2016 | Partager
    139 grands barrages et 18 milliards de m3 assurés
    Rythme de construction accéléré: 2 à 3 ouvrages par an
    Mais le gap entre les précipitations et le stockage reste énorme
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    Le barrage Al Massira est le 2e grand ouvrage du pays après Al Wahda. D’une réserve théorique de 2,6 milliards de m3 et d’une hauteur de 133 mètres, il a été construit en 1975 dans la région de Chaouia-Ourdigha. Ses eaux irriguent également une partie des Doukkala (Ph. L’Economiste)  

    Pas un site naturel n’abrite aujourd’hui une retenue ou un grand barrage. Tous les ouvrages prévus depuis le lancement du projet d’irrigation du million d’hectares ont été soit réalisés soit tracés sur la cartographie hydraulique nationale.
    Selon les données du département en charge de l’Eau, de l’Environnement et de l’Energie, «le bilan à fin 2015 est probant à plus d’un titre». Aujourd’hui, le pays dispose de 139 grands barrages avec une capacité de stockage de l’ordre de 18 milliards de m3. S’ajoutent également 13 ouvrages hydrauliques de transfert des eaux avec un réseau de 1.100 km et un volume de 2,5 milliards de m3/an. Le  tout, renforcé de 100 petits barrages et lacs collinaires.
    La volonté de sécuriser la ressource hydrique est tellement forte que le rythme de réalisation a pris la vitesse de croisière sur les deux dernières décennies: 2 à 3 grands barrages par an. L’aménagement des cours d’eau n’est pas en reste.
    Sur les 430 sites identifiés, 160 ont été équipés.
    Les projets en cours permettent d’envisager l’avenir avec optimisme face aux changements climatiques dont le Maroc subit de plein fouet les manifestations extrêmes: sécheresse et inondations.
    Selon la même source, une douzaine de grands barrages sont en cours de réalisation dont 8 présentent un état d’avancement dépassant les 70%. Le coût global de ces ouvrages s’élève à 9 milliards de DH. Le même programme comporte la construction de 26 petites retenues pour un investissement de 800 millions de DH.
    Dans le pipe aussi, l’aménagement de 14 sites de protection contre les inondations d’un coût de 350 millions de DH.
    Irrigation, protection contre les crues, sécurisation de l’eau potable mais aussi production de l’énergie hydraulique, demeurent les principaux objectifs de la politique des barrages. Une orientation placée en tête des priorités depuis les années 1960 par feu Hassan II et consolidée par le Roi Mohammed VI.
    En se fixant très tôt l’objectif d’irriguer un million d’hectares en l’an 2000, le pays s’est trouvé résolument engagé dans une stratégie coûteuse mais néanmoins salvatrice pour les secteurs économiques prioritaires tels l’agriculture, l’industrie et le tourisme. Avec l’inauguration en 1997 du barrage Al Wahda, l’objectif d’irrigation du million d’hectares a été atteint avec l’apport de six autres grands barrages: Moulay Youssef, Hassan Addakhil, Mansour Addahbi, Youssef ben Tachfine, Idriss Ier et Sidi Mohamed ben Abdallah.  Avant l’entrée en service de ces ouvrages, la mobilisation des eaux était assez timide.
    En 38 ans (1929-1967), seuls 15 barrages ont été construits avec une capacité totale de 2 milliards de m3.
    Aujourd’hui, la capacité de stockage mise en place permet de mobiliser plus de 10 milliards de m3/an sur la réserve théorique de 18 milliards. Au total, la superficie irriguée selon les divers modes, grande, moyenne et petite hydraulique s’élève à 1,5 million d’hectares dont 30% relève du privé. Malgré tout, des insuffisances restent à combler. Le gap entre les précipitations et le niveau des eaux  recueillies est énorme. La pluviométrique variant en moyenne entre 50 et 250 milliards de m3. Sans oublier les pertes dues au manque d’équipements d’irrigation dans certaines zones dominées par les barrages. La bataille devrait également se concentrer davantage sur l’utilisation raisonnée de l’eau. Certes, c’est l’objet des plans d’économie d’eau et de reconversion en système d’irrigation localisée mais la démarche gagnerait en ciblant les cultures à forte valeur ajoutée.

                                                                          

    Gros potentiel, petite mobilisation

    Le Maroc a certes réalisé d’importants efforts en termes de construction de barrages mais beaucoup reste à faire en ce qui concerne l’usage rationnel de la ressource. Le contexte hydrologique reste influencé par une variabilité très marquée et mal répartie des précipitations. En moyenne, le pays reçoit 140 milliards de m3. Volume qui varie entre 50 et 250 milliards de m3, selon une étude du ministère en charge de l’Eau. Or seulement 17 à 18 milliards de m3 sont stockés. C’est dire le gap entre les précipitations et les capacités de stockage. De plus, le pays subit, depuis quelques années, de plein fouet le changement climatique avec ses manifestations extrêmes: sécheresse et inondations.
    Sur les trente dernières années, l’effet de ces changements sur le régime des précipitations a fait perdre au pays 20% des eaux recueillies par les barrages.  Sur l’ensemble des ressources en eau disponibles (résultant de la pluie), 13,1 milliards de m3 sont mobilisables dans des conditions techniques et économiques acceptables. Le potentiel en eaux souterraines renouvelables s’élève à un peu plus de 3,8 milliards de m3 répartis sur 80 nappes dont 48 sont superficielles. Malgré cette fragilité, le gaspillage de la ressource reste une dominante aussi bien chez les individus qu’au niveau de la politique de gestion de l’eau. Des cultures trop exigeantes en eau sont toujours encouragées à coups de subventions et une tarification pas du tout dissuasive.

                                                                          

     

     

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