×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Perspective 7.7 milliards Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Dossier Spécial

    Plan Maroc Vert: 87 milliards de DH investis à fin 2015

    Par Abdelaziz GHOUIBI | Edition N°:4900 Le 17/11/2016 | Partager
    806 projets dans l’agriculture productiviste
    Le secteur solidaire se restructure autour de 19 filières
    plan_maroc_vert_00.jpg

    Depuis l’indépendance, l’agriculture s’érigeait au rang de priorité. L’élevage, le sucre, les oléagineux ainsi que le blé tendre ont fait l’objet de plans spécifiques mais sans résultats tangibles. Faute de vision globale assortie de financements adaptés, ces plans sont restés sur papier. L’élan d’investissement a été réellement libéré avec le lancement en 2008 du plan Maroc Vert. Depuis, la cartographie agricole a connu un changement radical. L’Agence de développement agricole (ADA) pilote un portefeuille de 806 projets relevant de l’agriculture productiviste. Ils concernent aussi bien l’agrégation que l’initiative individuelle. Le tout a nécessité jusqu’à présent un investissement de 55 milliards de DH. Ces projets occupent une superficie de plus de 500.000 ha. Ils sont le fait de 15 filières dont 6 se taillent l’essentiel. Avec 21 projets, la filière laitière vient en tête. Elle est suivie par l’agrumiculture qui compte 18 projets d’agrégation, de l’oléiculture qui en  totalise 15. Le maraîchage, les céréales et les viandes rouges se partagent une centaine de projets.  
    L’agriculture solidaire n’est pas en reste. Le pilier II a connu en effet le lancement de 619 projets d’agriculture solidaire sur la période 2009-2015. Couvrant 784.000 ha, ce portefeuille devrait  bénéficier à près de 800.000 agriculteurs pour un investissement de 16 milliards de DH. Ces projets concernent 19 filières dont 5 se taillent la moitié. Ils visent aussi la reconversion des céréales en arboriculture fruitière dont l’olivier en concentre le tiers. L’élevage d’embouche occupe la seconde place avec une cinquantaine de projets et l’apiculture en compte 16.
    Fait marquant aussi, toutes les régions y  participent avec toutefois l’émergence significative de trois périmètres: le Gharb, le Tadla et l’Oriental. Ces derniers étant réputés pour la disponibilité de l’eau, attirent de plus en plus d’investisseurs. Certains n’avaient pas de lien avec l’agriculture alors que d’autres sont venus d’autres régions, notamment du Souss et du Haouz où la ressource hydrique connaît une baisse tendancielle. De plus, le Plan Maroc Vert (PMV) prévoit l’accroissement de la production agricole des principales filières en irrigué (agrumes, sucre et maraîchage) via le recours aux techniques culturales sans procéder à l’extension des superficies, à l’exception des périmètres du Gharb et du Loukkos.   

    1 DH investi par l’Etat génère 2,7 DH par le secteur privé

    Mais la vague des investissements est à attribuer aussi aux subventions de l’Etat. Les chiffres disponibles au premier semestre 2016, font ressortir un taux moyen de subventions de 41%. Mais le retour sur investissement public est aussi important: 1 DH investi par l’Etat génère 2,7 DH par le secteur privé. Entre 2008 et 2015, l’investissement global (public et privé)  s’est élevé à 87 milliards. Il a été ainsi multiplié par 1,9 fois. La répartition des aides par principales utilisations a profité à raison de 67% au matériel et à l’aménagement hydro-agricole et foncier. Cependant, les subventions destinées à l’intensification de la production  animale représentent 12% du concours de l’Etat durant la même année. Alors que les plantations fruitières ont bénéficié de 5% des aides. C’est donc, les projets structurants, notamment l’aménagement hydro-agricole qui monopolise la volonté et les investissements.   
    A lui seul, «le retard accumulé en termes d’aménagement hydro-agricole se traduit par la perte de 1,2 milliard de m3 d’eau mobilisée», révèle une étude du ministère de l’Energie, des mines, de l’eau et de l’environnement. C’est un manque à gagner d’une valeur ajoutée agricole de 2,3 milliards de DH. «Le tout, génère une perte de 13,8 millions de journées de travail par an, soit l’équivalent de 60.000 emplois permanents», souligne le même document. Or, ce décalage est rattaché pour 68% au barrage Al Wahda dans la région du Gharb. Son coût global s’élève à 18,2 milliards de DH et sa réalisation s’étale sur une période de 9 ans (2010-2018). Sa portée dépasse la mise en valeur agricole pour englober le développement local en intégrant l’approvisionnement en eau potable, le désenclavement et l’électrification. Pour le moment, les études lancées en 2009 sont finalisées. Elles concernent 128.340 ha (91% du programme). Et les travaux ont été lancés depuis deux ans  sur 11.300 ha dans quatre périmètres: Moyen Sebou  (4.600 ha), Bouhouda (2.000 ha), Ansgmir (4.000 ha) et  la palmeraie de Figuig (700 ha).

                                                                      

    Economie d’eau: 550.000 ha sur 10 ans

    Le Plan national d’économie d’eau d’irrigation (PNEEI) est aussi d’importance capitale. Il vise la reconversion de l’irrigation par aspersion qui occasionne beaucoup de pertes par rapport à l’arrosage par goutte à goutte. C’est un projet qui concerne 555.000 ha sur 10 ans. Il s’articule sur trois axes: la modernisation des réseaux collectifs, la reconversion du système d’irrigation au niveau de l’exploitation et la valorisation agricole.
    Le premier volet d’un coût de 17,5 milliards de DH sera entièrement financé par le budget de l’Etat et des emprunts internationaux. La reconversion individuelle dont l’investissement s’élève à 10,5 milliards de DH, est financée par les agriculteurs, l’Etat et le Fonds de développement agricole. Là aussi, quatre régions se taillent plus de la moitié du projet. Celle  du Tadla-Azilal, vient en tête avec 88.700 ha. Elle est suivie par le Haouz (80.600 ha), le Gharb (65.000) et le périmètre de la Moulouya (51.000 ha).
    Depuis son lancement en 2008, le PNEEI a mobilisé près de 2,4 milliards de DH de crédits budgétaires, dont 75 % à travers le Fonds de développement agricole. Il a aussi suscité beaucoup d’intérêt auprès des bailleurs de fonds. Ainsi, deux prêts totalisant près de 1,2 milliard de DH ont été conclus en 2010 avec la Banque mondiale et la Banque africaine de développement. S’ajoute aussi un projet d’extension de l’irrigation dans le Gharb avec un investissement de 3,5 milliards de DH. Pour le moment, 300.000 ha ont été équipés dans les diverses régions.

                                                                      

     

     

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc