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    Economie

    Pêches: Haro sur les captures illégales

    Par Hassan EL ARIF | Edition N°:4894 Le 09/11/2016 | Partager
    Des opérateurs dénoncent le trafic de poisson pendant le repos biologique
    «Il n’y a pas de volonté politique pour endiguer le phénomène»
    Le Collectif pêche et développement durable monte au créneau
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    Depuis début janvier 2016, le Maroc a capturé 1.380 tonnes d’espadon dont 900 dans l’océan Atlantique (Ph. Bziouat)

    L’affaire tragique d’Al Hoceïma a révélé au grand jour la prévalence du commerce des produits de la pêche illégale. Le phénomène n’est pas nouveau. La pêche durant les périodes de repos biologique comme la vente du poisson se font au vu et au su de tout le monde.  Mais aucune stratégie globale n’a jamais été mise en place pour lutter contre ces pratiques. Il a fallu la mort tragique de Mohcine Fikri pour que les langues se délient. Le Collectif pêche et développement durable a tenu hier, mardi 8 novembre à Casablanca, une conférence de presse au cours de laquelle il a violemment dénoncé la pêche illicite. Il va adresser un mémorandum avec des recommandations au gouvernement..
    La ressource halieutique est en voie de disparition dans la Méditerranée, il ne reste plus que les grands poissons migrateurs: le thon rouge et l’espadon qui migrent depuis l’océan Atlantique vers la Méditerranée pour se reproduire. Le Maroc, puisque c’est de l’espadon qu’il est question, s’est vu attribuer par la Commission internationale pour la conservation des thonidés de l’Atlantique (ICCAT) un quota de 900 tonnes pour 2016. Un quota qui vient tout juste d’être épuisé. Il faut savoir aussi que ce quota, qui ne concerne que l’océan Atlantique, vient d’être atteint. Ainsi, dès que l’on a épuisé son quota, il est interdit de continuer à pêcher cette variété de poisson. L’ICCAT ne fixe pas de quota pour la Méditerranée, mais prévoit deux périodes biologiques: du 15 février au 15 mars et du 1er octobre au 30 novembre. Deux périodes d’arrêt destinées à favoriser la reconstruction de la ressource et au cours desquelles il est strictement interdit  de pêcher, acheter, vendre, transporter ou stocker l’espadon. L’interdiction est valable aussi bien au Maroc qu’à l’export. Rappelons que le volume d’espadon capturé en Méditerranée depuis début 2016 jusqu’à fin septembre s’est élevé à 480 tonnes.
    L’espadon capturé en Méditerranée est destiné à une dizaine d’unités industrielles situées à Nador, dont 7 de congélation et 3 de frais, et à 6 autres localisées à Tanger, dont 3 pour les produits congelés. A noter qu’il n’existe aucune unité industrielle des produits de la mer à Al Hoceïma. L’espadon est essentiellement destiné à l’export car les marges bénéficiaires y sont plus consistantes. Certaines quantités «marginales» finissent dans les étals des grandes surfaces ou dans des petits commerces, car elles ne peuvent être exportées en raison de considération de qualité, de contrôle sanitaire et de traçabilité. D’aucuns s’interrogent sur les conditions dans lesquelles certains transporteurs intermédiaires non reconnus arrivent à déjouer le contrôle dans les ports. «Il n’existe aucun système infaillible pour empêcher la sortie du poisson illégal. Les trafiquants trouveront toujours la faille», relève un opérateur.
    Pour en revenir au poisson capturé pendant la période de repos biologique, il est difficile de l’écouler dans le circuit légal normal. C’est la raison pour laquelle il est stocké dans des unités de congélation en attendant la fin de cette pause. A ce moment, les trafiquants procèdent au blanchiment du poisson illicite en achetant de faux documents dès la fin de la période biologique auprès des halles de l’Office national des pêches (ONP). Grâce à ce subterfuge, ces circuits clandestins arrivent à exporter en toute impunité. Ce commerce florissant porte préjudice à la ressource nationale et aux recettes fiscales, car les prises sont incontrôlables. Les saisies portent parfois sur du poisson dont la taille est largement en dessous de la taille normale. De plus, ce commerce illégal porte atteinte à la stabilité sociale. Il peut engendrer des situations qui risquent d’être instrumentalisées par les fauteurs de trouble pour porter atteinte à l’ordre public. C’est pour cela que le Collectif pêche et développement durable souhaite sonner l’alarme sur un phénomène qui n’a que trop duré et qui entretient une  rente qui échappe au contrôle de l’Etat.

    Avec ou sans carte de mareyeur…

    Pour acheter du poisson en gros en première vente après la capture, il faut d’abord être titulaire de la carte de mareyeur consignée dans un registre. Ce document est au grossiste de poisson ce que le diplôme est au médecin. Sans ce document, il est strictement interdit d’acheter du poisson de première pêche. Cela équivaudrait à exercer la médecine de manière illégale.
    Le transporteur du poisson doit être muni d’un état des achats délivré par la halle aux poissons de l’ONP (facture) qui mentionne la déclaration de capture délivrée par le capitaine du bateau ou de la barque ainsi que du certificat d’origine fourni par le vétérinaire du port, attestant de la qualité du produit, et un bon de sortie du port mentionnant la cargaison et le matricule du véhicule. Des documents que tout transporteur de poisson doit présenter à chaque contrôle. De plus, le camion utilisé doit être conforme à des normes strictes en matière d’hygiène et température, car le poisson est un produit alimentaire sensible.

     

     

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