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Economie

Radars de vitesse: Enième appel d’offres

Par Hassan EL ARIF | Edition N°:4847 Le 31/08/2016 | Partager
Un investissement estimé à 210 millions de DH
Une transaction jugée non viable économiquement
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Le ministère en charge du Transport vient de lancer un énième appel d’offres pour l’installation, la gestion, la maintenance et l’exploitation d’un réseau de 500 radars. Le département de Boulif a annoncé qu’à terme, 1.200 radars seront implantés d’ici 2020. Depuis l’arrivée d’Aziz Rabbah à la tête de ce ministère, c’est la cinquième fois que ce marché est lancé. Et à chaque fois, avec des prescriptions différentes.
Si tout se passe comme prévu, le nouveau marché porte sur l’implantation, la gestion et la maintenance de 500 radars. Le montant du projet est estimé à plus de 210 millions de DH, à raison d’un coût estimatif moyen d’environ 419.615 DH par radar. Un niveau qui dépasse l’offre de Redflex qui était de 375.000 DH, maintenance comprise. Un rebondissement qui risque de fâcher la Cour des comptes qui avait jugé trop élevé le prix des radars actuels.
L’adjudicataire du nouveau marché devra assurer un contrat de maintenance qui commencera à courir trois ans après l’expiration de la garantie. Cette prestation est estimée par le maître d’ouvrage à 13,4 millions de DH par an. Soit plus de 26.000 DH par radar.
Le marché porte sur l’installation de deux types de radar: un pour le contrôle des excès de vitesse à l’intérieur et à l’extérieur des agglomérations, le second (dit radar tronçon) pour le calcul de la vitesse moyenne entre deux points.
L’une des curiosités du nouvel appel d’offres concerne son allotissement en 13 lots «séparés». Cependant, les entreprises intéressées doivent soumissionner à l’ensemble des lots. Ce qui ne laisse aucune chance pour les PME de décrocher une part de ce business. Or, le décret sur les marchés publics prévoit plutôt la possibilité de limiter les lots par candidat et non pas l’obliger à répondre à tous les lots. En tout cas, le marché sera attribué à un seul soumissionnaire. Les entreprises intéressées ont jusqu’au 28 septembre pour déposer leur offre technique et le 29 pour les dossiers administratif, financier et technique.
Selon des sources proches du dossier, le nouvel appel d’offres n’est pas viable économiquement. Pour des considérations de proximité, l’adjudicataire devra, en plus d’un siège à Rabat, ouvrir quatre pôles régionaux pour la maintenance. Chacun devra employer plusieurs ingénieurs et techniciens.
Il y a un an, le projet a failli aboutir puisque le marché avait été officiellement attribué à un consortium conduit par l’australien Redflex. Mais l’opérateur a eu la surprise de sa vie lorsque le ministère l’a avisé de l’annulation du marché, qui était d’environ 80 millions de DH pour 200 radars, en raison de la «modification des données techniques ou économiques de l’appel d’offres».
Rebelote en 2016: le ministère relance l’appel d’offres, mais cette fois-ci pour l’installation de 400 radars. Celui-ci est adjugé au tandem maroco-allemand Trafitex/Radarlux. Mais le type de câblage proposé par l’adjudicataire n’était pas conforme au cahier des prescriptions spéciales de départ. Une raison suffisante pour que le trésorier ministériel de l’Équipement refuse d’apposer son visa. Un niet qui équivaut à l’annulation de la procédure. Pour sauver son marché, le ministre de tutelle, qui ne pouvait obtenir une dérogation du chef du gouvernement, car le marché ne répondait pas aux conditions prévues par la loi, en appelle à la Commission nationale de la commande publique. Là encore, il essuie un refus catégorique car «les pièces constitutives de l’appel d’offres ne sont pas conformes à l’objet du marché. Le câble électrique proposé par l’adjudicataire n’est pas conforme au cahier des charges. L’attributaire n’a pas présenté une solution unique concernant la nature des équipements, d’autant plus qu’il n’a pas apporté de réponse complète sur les demandes de précisions reçues». Autant de vices de forme sur lesquelles la Commission s’est appuyée pour refuser d’accorder son visa au marché des radars. L’objectif étant de consacrer les principes de la concurrence loyale et l’égalité des chances en matière d’accès aux marchés publics. D’où l’obligation de relancer la consultation publique.
La multiplication inexpliquée des appels d’offres a un coût. D’abord, en termes d’études techniques défrayées par le ministère avant l’élaboration des termes de référence de chaque appel. Les soumissionnaires sont eux aussi obligés d’investir dans des études avant de déposer leur offre. Elle a également un coût en termes d’image pour le Maroc car elle dénote d’un manque de transparence, d’un manque de sérieux et de crédibilité.

Le tiers des radars n’a jamais fonctionné

Avant l’adoption du code de la route en 2010, le ministère du Transport du temps de Karim Ghellab avait acquis un lot de 150 radars. Sauf que le tiers n’a jamais fonctionné faute d’être branchés au réseau électrique. De plus, ces radars sont conçus pour flasher les véhicules de l’avant au lieu de l’arrière. D’ailleurs, quand on en croise un, on a l’impression qu’il est installé à l’envers. Les radars présentent également une limite: ils ne permettent pas d’identifier le véhicule en infraction quand il y en a plusieurs qui roulent côte à côte. Depuis leur installation jusqu’à juillet 2013, plus de 132.000 photos ont été rejetées pour cette raison. Selon le rapport de la cour des comptes, les radars installés ne permettent pas non plus le traitement des rejets. Au 20 juillet 2013, le stock de rejets dépassait les 600.000.

5 ans de tergiversations

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2011: Appel d’offres lancé par Ghellab et annulépar Rabbah en 2012

Juin 2013: Appel d’offres annulé par la commission

Août 2014: Appel d’offres annulé par la commission

Octobre 2014: Appel d’offres annulé par la commission

Octobre 2015: Appel d’offres attribué puis annulé par Rabbah

Mars 2016: Appel d’offres annulé par la Commis-sion de la commande publique

Août 2016: Nouvel appel d’offres

 

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