Economie

Les Business Angels auront un label

Par Hassan EL ARIF | Edition N°:5383 Le 31/10/2018 | Partager
Un projet piloté par le ministère des Finances et la Caisse centrale de garantie
Les opérateurs demandent le relèvement du seuil de défiscalisation fixé à 200.000 DH

L’écosystème des Business Angels se met progressivement en place pour le grand bonheur des startups. Le ministère des Finances, de concert avec la Caisse centrale de garantie (CCG) et les opérateurs est en train d’élaborer un label dédié aux Business Angels ou ce qu’on appelle en français les investisseurs providentiels.

Les discussions vont bon train pour définir l’ensemble des critères autour desquels sera construit le label. L’entité qui prétend au label doit montrer patte blanche, notamment disposer d’un background notable, jouir d’une bonne moralité, être en possession de fonds ou d’une épargne personnelle destinés à être investis dans une startup…

La réglementation des Business Angels fait partie de la stratégie gouvernementale pour soutenir les startups. Pour le moment, il existe trois structures opérationnelles: Atlas Angels, qui est une association créée il y a une dizaine d’années, le Club Azur Angels (relevant d’Azur Partners et piloté par Khalil Azzouzi) et MNF Club Business Angels, rattaché au fonds MNF. Les trois entités disposent déjà d’une charte éthique que chaque opérateur est appelé à signer.

La charte représente un garde-fou pour éviter les dérives. Elle renseigne sur l’origine des fonds destinés à être investis, la prévention des risques de conflit d’intérêts, la confidentialité…  «Les signataires s’engagent à signaler systématiquement les cas d’investissement en déclarant les projets dans lesquels ils sont conflictés», explique un membre d’un club d’investisseurs providentiels.

Une nouvelle réunion aura lieu au cours des prochains jours entre les représentants du ministère des Finances, de la CCG et des opérateurs. Pendant la rencontre, les trois parties feront du brainstorming sur les attentes des uns et des autres. L’objectif étant de déboucher sur un plan de travail et définir les priorités. Des recommandations seront également formulées et seraient défendues en marge des discussions du projet de loi de finances.

L’une des principales mesures fiscales sur laquelle l’écosystème insistera concerne le relèvement du plafond d’investissement dans une startup qui est actuellement de 200.000 DH depuis le 1er janvier 2018 pour bénéficier de la carotte fiscale. Les opérateurs concernés souhaitent que ce montant soit augmenté pour devenir incitatif.

En effet, telle que la mesure est actuellement appliquée, elle présente beaucoup de risque pour peu de retombées. Surtout que l’investissement dans une startup présente souvent des risques. Il faut donc que le jeu en vaille la chandelle.

Une fois mis en place, le label sera obligatoire pour bénéficier des dispositifs d’accompagnement administrés par la CCG, notamment le financement via le fonds Innov Invest dédié aux startups. Une enveloppe devrait être dégagée pour financer les projets soutenus par les Business Angels.

En principe, vu l’importance de ce mécanisme pour favoriser le développement des startups et donc la création d’emploi, l’écosystème devrait être finalisé avant fin 2018.

Ce n’est pas seulement de l’argent

La contribution des Business Angels n’est pas limitée au financement et ne concerne pas les seules startups. En effet, les clubs Business Angels peuvent investir aussi dans des PME. De plus, il n’y a pas de limite pour entrer dans le tour de table d’une structure. Et il n’est pas question de le plafonner. Le financement n’est pas le seul apport du Business Angel. Il fait d’abord profiter la startup de son savoir-faire, de son coaching… Pour vendre son produit ou son service, la startup peut compter sur le carnet d’adresses du Business Angel. Ce qui n’est pas peu dire. En général, les Business Angels n’ont pas de contraintes par rapport à l’horizon de sortie d’une startup ou d’une PME dont ils ont pris des participations. Ils peuvent sortir à l’occasion de l’arrivée d’un fonds d’investissement auquel ils peuvent céder leurs parts. Ils peuvent également décider d’une sortie conjointe avec le fonds.

Hassan EL ARIF

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