Economie

Tourisme: En vingt ans, Tanger est redevenue crédible

Par Abashi SHAMAMBA | Edition N°:5383 Le 31/10/2018 | Partager
La destination a multiplié par 2 sa capacité hôtelière
Les investisseurs de retour, reste à assainir l’écosystème du produit
Le président du CRT jette l’éponge «pour des raisons personnelles»
mustapha_boucetta_083.jpg

Mustapha Boucetta, président démissionnaire du Conseil régional du tourisme de Tanger: «Le marketing et la promotion viennent en soutien d’un produit bien pensé et assaini» (Ph. M.Bo)

Après des semaines de réflexion et d’hésitation, il a fini par démissionner de la présidence du Conseil régional du tourisme (CRT) «pour des raisons personnelles», huit mois seulement après avoir entamé son quatrième mandat. Mustapha Boucetta aura au final effectué trois mandats. Les statuts n’en prévoyant que deux, ses pairs ont dû l’amender «afin qu’il poursuive sa mission». Il a officiellement notifié sa démission en fin de semaine dernière au wali.

A son bilan, le président démissionnaire du CRT peut se prévaloir d’avoir réussi la transformation d’une destination redevenue crédible sur le marché. Sur le plan touristique, Tanger de 2018 avec une capacité de plus de 11.000 lits, n’a plus rien à voir avec ce qu’elle fut au début des années 2000.

A l’époque, la destination végétait avec une hôtellerie qui affichait péniblement un taux d’occupation de 35%. Les dépôts de bilan s’enchaînaient dans toute la chaîne de prestataires touristiques. Aucun investisseur ne se risquait à prendre position sur la destination. La mise en œuvre de la «Vision 2010» et l’accélération de l’investissement dans l’infrastructure dans la région ont tout changé.

Les opérateurs se sont également pris en main. Le CRT fut l’un des rares du pays à se montrer entreprenant malgré des difficultés dues au manque de ressources.

S’il reste encore d’énormes chantiers à réaliser (formation, hygiène, déficit de loisirs, harcèlement des mendiants sur la voie publique, la résonance de l’actualité liée à l’émigration clandestine, etc), la destination a complètement renversé la situation. En moyenne, le taux d’occupation moyen des hôtels approche 50%. C’est 20 points au dessus du score du début des années 2000.

A fin septembre dernier, il atteint un niveau exceptionnel de 77% (voir aussi notre édition 5382 du mardi 30 octobre 2018). Les investisseurs sont également de retour. Plusieurs grandes enseignes hôtelières s’y sont installées ou s’apprêtent d’y prendre pied: Movenpick, Hilton (deux 5 étoiles dont un en construction), Sofitel à Tétouan, etc.

Le président démissionnaire du CRT est un professionnel expérimenté. Il a fait ses armes dans l’hôtellerie de luxe dans plusieurs pays étrangers. Mais c’est à Montréal qu’il avait débuté sa carrière avant que Royal Air Maroc ne l’y débauche en 1976 pour diriger la Sotoram, l’ex-pôle hôtelier de la compagnie aérienne. On sent chez lui un peu de lassitude, voire une certaine déception face aux obstacles qu’il a fallu affronter. «On ne veut pas que l’on pose les bonnes questions, celles qui fâchent», enrage Mustapha Boucetta.

C’est qui le «on»? Ils se reconnaîtront, assure-t-il. Le tourisme est une chaîne, il ne peut être assimilé au CRT, une structure paritaire qui regroupe les représentants des administrations, des autorités locales et des différents métiers liés au tourisme: hôteliers, restaurateurs, agents de voyage, guides, transporteurs, etc.

Il se lance dans une exégèse qui permet de décrypter un peu les raisons de sa démission: l’industrie du tourisme c’est avant tout ce qui gravite autour du produit central: la propreté, la sécurité, l’hygiène, le service hôtelier, l’hébergement, etc.  La mission du Conseil régional du tourisme est d’assurer la promotion de la destination.

A. S.

 

  • SUIVEZ-NOUS:

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc