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    Politique Internationale

    Vision insolite de Casablanca : Ferrier à la galerie du Temple jusqu'au 27 Novembre

    Par L'Economiste | Edition N°:54 Le 19/11/1992 | Partager

    Pierre-alain Ferrier expose ses tableaux à la salle du Temple Protestant, 33 rue d'Azilal à Casablanca, du 19 au 27 Novembre.

    De prime abord, sa peinture déroute. Simple photographie, dirait-on. Elle dérange même le regard. Mais l'impression d'espace infini et de silence qui s'en dégage interpelle subtilement. Tel ce tableau où une petite barque repose au bas des escaliers d'une terrasse murée, donnant sur une étendue d'eau, qu'un banc de sable sépare de la haute mer. Cette frêle embarcation évoque le long combat acharné de l'homme pour maîtriser ces terribles éléments de la nature que sont les océans. Ou telle autre toile produisant l'effet inverse: au premier plan une palissade retient captifs quelques arbres chétifs. L'ensemble, surplombé par une énorme bâtisse, est témoignage de la puissance de l'homme.

    L'auteur de ces toiles, citoyen suisse, est né à Genève en 1949. Il s'installe au Maroc en 1972. Ce choix, dit le peintre, a été guidé par le désir de dépaysement et la luminosité particulière de ce pays. Opticien de profession, la peinture a toujours été partie intégrante de sa vie. En 1987, elle deviendra son activité exclusive et sa principale source de revenus. Le souci de la netteté, du détail, dans la représentation de la réalité des tableaux de Ferrier, l'apparente à l'école hyperréaliste. Ce courant pictural est né aux Etats-Unis à la fin des années soixante. Il est représenté par des sculpteurs, des peintres qui s'inspirent des procédés photographiques pour reproduire la réalité avec minutie.

    Pourtant, le peintre tient à amener quelques restrictions quant à cette appartenance. "Le croquis est à l'origine de mes tableaux, dit-il, et non la photographie. Ce qui est le cas pour les peintres hyperréalistes".

    De même, il sélectionne les éléments de la réalité, n'hésitant pas à éliminer ceux qui gêneraient l'effet recherché. "Certes, ajoute-t-il, mes tableaux ont un aspect très réaliste, l'endroit représenté est reconnaissable, mais ils transmettent aussi une ambiance qui dépasse l'objet". Pour obtenir cet effet, il utilise une peinture acrylique sur toile avec pinceau. Casablanca constitue, pour le peintre, la principale source d'inspiration. La ville présente une atmosphère très particulière, due à la variation des blancs sous les différentes lumières du jour, et à son aspect contrasté: juxtaposition du vieux et du moderne, styles architecturaux disparates et régularité des voies d'accès (circulation). La ville constitue le terrain de prédilection de Ferrier, dont le thème central de l'oeuvre est le rapport Homme/Nature. C'est ce rapport que l'on retrouve, comme un leitmotiv, dans ses tableaux. La présence humaine est signifiée par le biais des bâtiments massifs. Ils servent à exprimer soit la domination de la nature par l'homme, soit le rapport inverse. Prépondérance des constructions, alors que seuls un arbre ou l'ombre d'une branche sur une façade évoquent la nature. Mais ce rapport s'inscrit toujours dans une perspective spatiale: omniprésence du ciel, mais ciel presque toujours sombre. Il semble dire: certes, l'homme aujourd'hui s'est rendu quasi maître de la nature, mais n'oublions pas sa vulnérabilité en dépit de toutes ses réalisations.


    Kenza LOUDIYI

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