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    Politique Internationale

    Redécouverte du galuchat

    Par L'Economiste | Edition N°:54 Le 19/11/1992 | Partager

    C'est la taquinerie habituelle de ceux qui savent envers ceux qui ne savent pas: "Comment! vous ne connaissez pas cette bête qui donne une si belle peau?"
    Ne nous laissons pas prendre: aucune bête, aucun animal ne s'appelle une ou un galuchat.
    Il a bien existé, au XVIIIe siècle, un Galuchat, exactement Maître Jean-Claude Galuchat, qui exerçait à Paris le métier de gainier. Son nom est passé à la postérité parce que, précisément, il avait redécouvert les techniques qui permettent de travailler les peaux de certains poissons, la raie, le requin ou la roussette, pour obtenir ce "cuir" que l'on ne peut pas qualifier autrement que de "matériau étrange".
    Visuellement, il donne l'impression d'être froid et rugueux, mais au toucher il est doux, presque tiède, en dépit des grains ou des petites plaques qu'il comporte. Il se prête à des colorations pouvant aller jusqu'à l'agressivité et accepte en particulier de larges gammes de bleus et de verts. Les grenats ou les rouges profonds lui vont bien. Ces teintes, son toucher et son aspect l'amènent automatiquement vers des usages, à mi-chemin entre le bijou et l'objet utilitaire.
    Le travail des peaux de poisson était pratiqué depuis longtemps en Afrique et en Orient, mais ce sont les Japonais qui semblent avoir été les premiers à utiliser ce que l'on appelle aujourd'hui le galuchat. Pendant longtemps, ce matériau n'aura qu'une fonction abrasive.
    Après une vague d'intérêt décoratif au XVIIIe siècle, le galuchat à nouveau tombe dans l'oubli, dont il renaît au début du XXè siècle, en accompagnant le courant Art Déco. Avec de la chance, on peut découvrir chez les antiquaires quelques objets de cette époque.
    Aujourd'hui, le galuchat est à nouveau à la mode, dans le milieu de la décoration et chez les connaisseurs.
    Re-re-découvertes il y a une dizaine d'années par le gainier Christian Roussange, les techniques de polissage, de teinte et de fabrication donnent une nouvelle jeunesse au galuchat, avec des déclinaisons différentes de celles du courant Art Déco. On trouve peu de plumiers, porte-plumes, gaines d'objets de toilette ou d'incrustations dans des bois, mais les interprétations contemporaines donnent toujours des objets décoratifs. Les volumes sont amplifiés, inspirés des lignes architecturales du Maroc.

    Seconde exposition-vente

    Une seconde exposition-vente d'objets et de mobiliers en galuchat, dont les bénéfices sont versés aux oeuvres sociales des F.A.R, a lieu actuellement à Rabat au Hyatt Regency. Celle-ci est organisée par M. Guy Bertrand de Puyraimond, joaillier parisien, en association avec M. Roussange.
    La première s'était déroulée à Casablanca et à Rabat au mois de Juillet. L'opération actuelle se prolongera jusqu'au début Janvier (du 4 Décembre 1992 au 4 Janvier 1993) à Marrackech.
    "Les produits en galuchat ne sont pas plus chers que ceux fabriqués à partir de peau de requin ou d'autruche", explique M. De Puyraimond. La différence existe au niveau des techniques particulières de polissage et de couture qui sont "la garde-chassée" du fabricant. Les secrets de fabrication sont bien gardés.
    Restera dans ce cas le seul plaisir des yeux. Des objets (cadres, ensembles de bureau, vases, nécessaires de maquillage...), du mobilier (tables, consoles,...) et de la maroquinerie (sacs, chaussures...) sont présents lors de cette exposition.
    Une cassette vidéo accompagne l'exposition et explique l'art du galuchat, toujours sans dévoiler les secrets de fabrication.
    Une vasque en galuchat, par exemple, a exigé environ huit mois de travail et 800 peaux de raies. Un sac nécessite, lui, environ une dizaine de jours. "Mais il faut avant tout trouver les peaux, les assouplir, préparer l'ossature du sac".
    En matière de mobilier, seules des pièces uniques existent et sont fabriquées sur commande.
    Les prix du galuchat contemporain sont variables: de 260DH pour un briquet-bijou jusqu'à un million de DH pour une pièce de mobilier. En maroquinerie, l'éventail est évidemment plus serré, de 400 à 5.000DH.

    Meriem OUDGHIRI

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