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    Politique Internationale

    Vidéo : Les Daltons s'attaquent au SIDA

    Par L'Economiste | Edition N°:57 Le 10/12/1992 | Partager

    Plus que tout discours moraliste ou médical, une tournée de Chab Mami a sensibilisé la jeunesse au Sida et renfloué les caisses d'une association. "Les Daltons", nouvelle société de production a réalisé son premier clip médico-social.

    "Les Daltons" ont attaqué... leur premier sujet: Cheb Mami, en tournée, l'été dernier pour des concerts anti-Sida. "Les Daltons" est une maison de production de films, née il y a quelques mois. Le quarteron ne se compose pas de 4 frères de tailles dégradées. Il se compose des soeurs Pavini-Martinez, de leur mère, de Harnid Rahbaoui. Le nom Daltons a été choisi, pour leur société, au hasard, lors d'une soirée. Il aurait pu être Lucky Luke ou Ran Tan Plan.

    Autre hasard, leur premier film. Ils cherchaient un thème pour tourner un premier film, qui servirait de carte visite. Ils contactent Tarek, manager de Chab Mami. Par bonheur, ils n'auront pas besoin d'aller à Paris. Chab Mami venait à eux, pour une série de concerts, au profit de la SMRLS (Société Maghrébine de Recherche et Lutte contre le Sida), animée par le professeur Benslimane, de l'Institut Pasteur.

    La tournée se déroule en Août dernier. Elle commençait à Agadir, passait par El Jadida, Casablanca, Rabat, Tanger. L'objectif était de sensibiliser la jeunesse au fléau par un "leader d'opinion". L'été, saison des amourettes, de vacances et des fortes concentrations, est la saison adéquate Chab Mami, "prince du Rai", chanteur jeune est simple, s'est prêté au jeu, gratuitement, pour la bonne cause.

    La musique avait été jugée comme le meilleur support. Elle porte le message mieux que tout discours médical. La jeunesse "population à risque" s'est identifiée aisément à ce chanteur au physique très commun, qui pourrait être n'importe qui. Petit, sans artifice, il charme sans choquer. C'est le Raï bon chic bon genre qu'apprécient les familles. Rien à voir avec les chants pervers de Cheb Khaled ou de Chaba Zahouania qui, enfin, se montre à Paris.

    "Do The Raï thing", le film réalisé par "les Daltons" et terminé récemment, a su le montrer, dans toute sa simplicité, à la limite de la naïveté. Il a su montrer une jeunesse à la perception du Sida ambiguë. Une jeune fille interviewée a compris "le Sida ça n'arrive pas qu'aux autres". Un garçon au contraire croit que "le Sida s'attrape à force de fornication", un autre que c'est une "maladie d'homosexuels, comme les Européens qui sont sur la plage". Le film révèle au moins un consensus, l'usage du préservatif. L'hypocrisie, un discours officiel aurait prôné l'abstinence sexuelle comme moyen de prévention. Les rapports hors mariage vecteurs de propagation n'auraient pas été reconnus. Surtout qu'ils sont encore assimilés par la loi, comme "Fassad", à la prostitution. La langue de bois est exclue de ce clip médico-social. Un médecin va jusqu'à conseiller le préservatif plus épais pour la sodomie, sans condamner la pratique.

    En 26 minutes, ce film "carte de visite" des Daltons est efficace, comme un bon spot publicitaire. Les réalisateurs ont d'ailleurs été à cette école. En définitive, le film est émouvant, touchant, agréable. Pourtant, ses conditions de tournage n'ont pas été faciles. L'opération, la première des Daltons, a été financée par des "travaux divers", éditions, brochures, cartes de visite... L'équipe de tournage a dû suivre la tournée avec du matériel emprunté à une autre société, Obvision, qui du coup devient coproducteur. "Une galère", explique Joelle Pavini-Martinez, "le matériel n'entrait même pas dans la voiture, j'étais la seule du groupe à conduire, pour être la seule à avoir un permis". Les incidents techniques s'accumulaient. Un soir, c'était la piste qui enregistrait la voix de Mami qui n'était pas branché. Un autre soir, à Tanger, il fallait vendre les 4.000 billets en 2 heures. Ou bien, à Kenitra, une scène trop petite ne pouvait contenir le chanteur qu'il a fallu renvoyer à Rabat, par mesures de sécurité. Heureusement, l'équipe "s'éclate" au tournage et dépense 350.000 Dirhams, dont 200.000 pour les seuls aspects techniques, pour un film qui ne sera jamais distribué. Seul 2MI le diffusera: en échange, elle a offert le mixage. Les Daltons essaieront aussi de le vendre à quelques chaînes européennes. Dans l'avenir immédiat, "les Daltons" récidivent, et réaliseront le prochain clip de l'album "Mama Zahri" de Chab Mami, et celui du prochain tube de Mohamed Karim, jeune chanteur marocain. A terme, ils réaliseront des documentaires sur le Maroc, ses légendes. Plus tard ce sera un long métrage "Lune noire". Ils promettent une belle histoire, pleine d'action et de rebondissement. Le premier thriller à la marocaine. Le cadre sera la "nuit du destin" et son cadre mystique.

    K.B.

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