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    Une thèse en pharmacie : Déficiences d'approvisionnement des hôpitaux en médicaments

    Par L'Economiste | Edition N°:56 Le 03/12/1992 | Partager

    Une thèse consacrée à l'approvisionnement pharmaceutique des hôpitaux publics, soutenue récemment à Rabat, fait ressortir les "insuffisances" en terme de gestion, dans ce domaine particulier. La gestion du département chargé de l'approvisionnement a un rôle éminemment important, en ce sens qu'il est étroitement lié à la qualité du service public de santé. L'absence totale de pharmaciens dans les services chargés de l'approvisionnement pharmaceutique du système de santé publique est le premier constat de l'auteur, Mme Mariame Iraki Allali. La gestion de ces services est généralement confiée à des personnes formées en économie. La présente du pharmacien, qualifié de "polytechnicien de la santé", est indispensable pour au moins deux raisons. L'auteur de la thèse indique que le pharmacien est d'abord une personne qui parle et comprend le même langage que le médecin. Le pharmacien est aussi appelé à réaliser certaines préparations que l'économiste ou le gestionnaire ne peut effectuer. Il existe trois grandes catégories d'hôpitaux publics au Maroc, et chacune de ces catégories correspond une structure d'approvisionnement plus ou moins centralisée.

    La première catégorie est constituée par les Centres Hospitaliers Universitaires (C.H.U.), Ibnou Sina Rabat et Ibnou Rochd à Casablanca. Ce sont des hôpitaux autonomes dotés de la personnalité morale de droit public. La seconde catégorie regroupe les hôpitaux SEGMA (Services d'Etat Gérés de Manière Autonome). Au nombre de neuf, réparties sur le territoire national, ces entités sont caractérisées par une autonomie financière, mais n'ont pas la personnalité morale.

    La troisième catégorie comprend les hôpitaux en régie. Ils sont de loin les plus nombreux mais ne disposent pas de budget autonome. L'approvisionnement s'effectue selon une procédure centralisée au niveau des hôpitaux en régie, "semi-centralisée" pour les hôpitaux SEGMA et décentralisée pour les CHU. L'évaluation des forces et faiblesses de chacun des trois systèmes met en évidence le manque de moyens financiers aggravé par une mauvaise gestion. En outre, l'auteur le mentionne la lourdeur des procédures d'approvisionnement et la non-motivation du personnel notamment.

    L'auteur prône un système centralisé pour l'achat et l'approvisionnement pharmaceutique et encourage dans le même temps une certaine décentralisation au niveau de la gestion du service. Pour défendre un système centralisé, l'auteur se réfère au système d'approvisionnement des hôpitaux publics en France.

    N.H.

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