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Un Conseil de Gouvernement sur fond de remaniement ministériel

Par L'Economiste | Edition N°:627 Le 29/10/1999 | Partager


· Les tractations vont bon train pour un resserrement du gouvernement autour de M. Youssoufi
· La légitimité du Premier ministre intacte malgré un bilan de gouvernement critiqué de toutes parts


La récréation est finie. Les ministres doivent reprendre leurs dossiers pour un Conseil de Gouvernement. Il était temps, le dernier Conseil remonte à plusieurs semaines. Celui d'aujourd'hui présente un trait commun avec les précédents: le menu est léger. En effet, l'ordre du jour comporte trois exposés dont celui de M. Fathallah Oualalou. Le ministre de l'Economie et des Finances présentera les résultats de ses réunions avec les responsables de la Banque Mondiale (BM) et ceux du Fonds Monétaire International (FMI). M. Ahmed Moussaoui, en charge de la Jeunesse et des Sports, fera le point sur sa visite en Egypte destinée à présenter le dossier de la candidature du Maroc pour abriter le Mondial 2006. De son côté, M. Ahmed Lahlimi, ministre des Affaires Générales du Gouvernement, brossera un tableau sur les relations du pays avec la Banque Mondiale.
Au programme, deux projets de décret dont l'un modifie l'organisation et la gestion des complexes hospitaliers dépendant des Forces Armées Royales. Le second est relatif aux rémunérations des prestations de services rendus par ces complexes. Le Conseil boucle sa réunion par l'examen de trois accords internationaux dont l'un avec Quatar.
Avec un pareil menu, l'ambiance studieuse n'est pas assurée. En tout cas, ce Conseil permettra aux 40 ministres d'oublier, l'espace d'une réunion, les rumeurs persistantes d'un remaniement ministériel imminent. La date pose moins de problèmes: c'est demain, dans quelques jours, la semaine prochaine ou dans un mois, c'est comme toujours, cela importe peu. La gestion du temps n'est pas le fort de ce gouvernement.
En attendant, le remaniement ministériel est sur la table et c'est même un dossier prioritaire. Les tractations en coulisse du pouvoir vont bon train pour retenir une formule privilégiant un resserrement des postes autour de l'actuel Premier ministre. Le schéma du gouvernement qui doit en sortir sera condensé. Il est question aussi d'aller vers des ministères à pôles plus solides.
Malgré un bilan de gouvernement peu reluisant, même ses partisans et ministres le reconnaissent en public, M. Abderrahman Youssoufi sera reconduit comme chef de gouvernement. Pourtant, la légitimité dont jouit le premier secrétaire de l'USFP a été mise à l'épreuve par 18 mois de commandes du pays. Dès qu'on gratte un peu, la peinture s'écaille. Cette crédibilité ne se nourrit pas d'un mandat électoral.
Au niveau international, M. Youssoufi jouit incontestablement d'une image positive auprès des partenaires classiques du Maroc.
En dépit de cet atout, il n'est pas au bout de ses peines. Il rencontre visiblement des résistances au sein même de son parti, déchiré par des courants qui tirent la couverture chacun de son côté. D'ailleurs, il y a moins de quinze jours, le "think-tank" de l'USFP, réuni grâce à la Fondation Abderrahim Bouabid pour les Sciences et la Culture, a été virulent dans ses critiques au gouvernement. Le bilan est passé à la moulinette et la plupart des intervenants n'ont pas trouvé grand-chose à se mettre sous la dent. La lenteur du travail est revenue comme un leitmotiv sur toutes les bouches. Il fallait donc accélérer le rythme et engager des réformes.
Comment gérer la formule de ministres de souveraineté. Seront-ils reconduits ou tomberont-ils aussi dans l'expérience du laboratoire de l'alternance? Ce n'est pas non plus acquis avec les membres de la coalition gouvernementale. Comment Youssoufi parviendra-t-il à convaincre ses pairs dans la majorité du bien-fondé d'une réduction des postes ministériels? A coup sûr, la formule n'arrange pas grand monde. Les sept partis composant la majorité au pouvoir voudraient davantage de portefeuilles, poussés en cela par l'ambition de leurs cadres se voyant déjà ministres. En tout cas, le Premier ministre a commencé à baliser la route. Il a mis en place une commission permanente au Parlement chargée de la coordination entre les partis de la majorité.
L'Istiqlal est passé depuis quelques temps à l'offensive. Le mémorandum envoyé au Premier ministre constitue un programme d'actions qui ne demandent pas d'enveloppe budgétaire, avait rappelé M. Abbès El Fassi, chef de l'Istiqlal.
Le président du RNI, d'habitude très discret, s'est joint au cortège des mécontents qui le crient haut et fort.
Toutes ces critiques adressées au gouvernement ne semblent pas avoir affecté le moral des troupes. Les chômeurs diplômés étaient partout à Rabat mardi pendant que M. Khalid Alioua, ministre de l'Emploi, s'envolait pour les Etats-Unis pour quatre jours afin de participer à un colloque. M. Aziz Hoceine, ministre de la Fonction Publique et de la Réforme Administrative, s'applique à signer de sa main une lettre accompagnant le bulletin sur la modernisation de l'Administration datant de mai 99. M. Youssoufi critique les lenteurs de l'Administration comme s'il était dans l'opposition.


La Cosef subit la lenteur

Décidément, ce n'est pas uniquement le gouvernement qui est taxé de lent. Le Parlement ne semble pas non plus pressé pour accélérer le rythme de travail. Pourtant, le Souverain a dressé un tableau de bord pour des chantiers à lancer pour les deux Chambres. Les députés ont été invités à élaborer des textes de loi pour mettre en oeuvre la réforme de l'enseignement. Plus de vingt jours après, rien n'a été fait. L'urgence est de mise, d'autant que des actions doivent être lancées vite pour qu'elle puissent aboutir vers la fin de l'année. C'est le cas des programmes d'où découlent les manuels scolaires. Le risque qu'encourt le Parlement est de voir lui retirer l'initiative afin de la remettre entre les mains de la Cosef. Ce qui n'est pas très bon pour la santé de la démocratie.

Mohamed CHAOUI

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