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Les partis politiques s'en mêlent

Par L'Economiste | Edition N°:627 Le 29/10/1999 | Partager

· Le débat sur l'aménagement du territoire prend du retard
· Le Parti de l'Istiqlal appelle le gouvernement à être pragmatique


Le débat national sur l'aménagement du territoire tarde. Pourtant, M. Mohamed El Yazghi, ministre de l'Aménagement du Territoire, de l'Environnement, de l'Urbanisme et de l'Habitat, avait à maintes reprises annoncé sa tenue en automne. Jusqu'à maintenant, aucune date n'a été fixée pour cette rencontre. Le débat aura-t-il lieu? La question semble secondaire en raison de l'éventuel remaniement ministériel.
Les partis politiques ont fait savoir leurs visions sur ce "grand débat", non sans glisser dans des considérations d'ordre général. Avec une question aussi ancienne comme l'aménagement du territoire, ce sont tous les espoirs d'un développement durable qui surgissent. Le social, l'économique et le politique y sont réunis. Dresser des passerelles entre ces trois composantes n'est pas chose aisée. Chaque parti y est allé donc avec sa conception pour élaborer ce qui lui semble "la meilleure stratégie pour aménager le territoire national".
Malgré la diversité des interprétations, une idée reste commune. La stratégie doit être ascendante: partir de la région vers le centre. C'est en gros ce que postule le gouvernement dans son programme annoncé sur les colonnes de L'Economiste (1). Le découpage administratif et la dynamisation des régions sont également passés au crible.
Les partis de la majorité ont été prolixes en exposant leurs conceptions. Le Parti du Progrès et du Socialisme (PPS) a élaboré 29 suggestions. Selon lui, l'aménagement du territoire doit être "une organisation volontaire, pensée et rationnelle de l'espace national". Le parti place la réalisation d'infrastructures de base en priorité. La refonte de statuts fonciers, le désenclavement du monde rural et l'aménagement des zones côtières sont aussi préconisées.
Pour le Front des Forces Démocratiques, la stratégie doit se baser sur des actions ponctuelles comme la révision du découpage administratif. L'objectif est de mettre en place des unités productives.
Le parti de l'Istiqlal ne s'est pas détaché de son ton critique à l'égard du gouvernement. Il affirme que l'approche à développer par les pouvoirs publics en matière d'aménagement du territoire a une forte connotation d'étude et de recherche et risque de n'être valorisée que dans le long terme.

Manque de visibilité


Le parti est versé dans ce dossier. Il dispose d'une commission spécialisée dans la région, les infrastructures et l'aménagement du territoire.
Aussi demande-t-il au gouvernement "de cesser de travailler sur les chantiers faciles du long terme et de se doter de pragmatisme dans la vision et l'action". Il propose l'établissement "d'un grand programme de petits projets". Ce programme consiste à identifier un micro-projet fédérateur d'emplois et d'activités au niveau de chaque commune ou groupement de communes. En termes clairs, les communes doivent suggérer les projets économiques qui correspondent à leurs besoins (tourisme, infrastructures...). Les tendances économiques régionales seront dégagées à partir de ce pipe de projets.
Les partis de l'opposition ont souligné le manque de visibilité du gouvernement en matière d'aménagement du territoire. L'Union Constitutionnelle (UC) a saisi l'occasion pour soulever le caractère hétérogène de la formation au pouvoir. "C'est à cause de ces différentes sensibilités que le gouvernement n'a pas une vision claire de l'aménagement du territoire", souligne M. Mohamed Ali El Hassani, membre du bureau politique du parti. L'UC soulève une autre anomalie. "Le gouvernement va présenter au Parlement son Plan quinquennal, alors que celui de l'aménagement du territoire, en principe lié au premier, n'est pas encore enclenché", souligne M. El Hassani.
La société civile a aussi son mot à dire. Fidèle à sa vocation environnementale, l'Association Afak a mis le point sur l'aménagement paysager. L'Association précise "qu'une ville est une vitrine où la construction ne saurait se séparer des places publiques et des espaces verts". La préservation des réserves de faune et de flore, l'encouragement de l'économie de l'eau et du tourisme écologique sont préconisés. "Il faut traiter l'aménagement paysager comme on traiterait l'architecture", souligne Mlle Salima Belmkadem, membre de l'Association.
L'Association Alternatives a soulevé l'inefficacité du découpage administratif. "Les 16 régions ne sont pas tout à fait économiquement fiables", souligne M. Abdelali Benamour, président de l'Association. Selon lui, pour qu'une région soit fiable, il faut qu'elle présente une densité humaine suffisante, une élite locale responsable, des richesses économiques et naturelles et éventuellement un accès à la mer. "On ne doit pas s'attendre à ce que l'étincelle sorte du débat national. Le gouvernement a sa vision qu'il doit faire valoir", affirme M. Benamour.
Le Forum des architectes reconnaît que "l'aménagement du territoire est une notion très vaste, compliquée et extrêmement difficile à cerner". Le Forum va plus loin en soulignant que le débat national prévu par le gouvernement est "une nouvelle méthode de gouvernance qui transcende les tabous administratifs".


Et les syndicats?


La CDT dénonce avec force les répercussions des politiques précédentes sur l'aménagement des régions. Les disparités naturelles et économiques entre ces dernières ont favorisé une situation d'anarchie. La centrale de M. Noubir El Amaoui doute de l'efficacité de la kyrielle de documents d'urbanisme ayant servi à consacrer la réalité plutôt que de constituer un outil de planification. Pour le syndicat, la nouvelle stratégie doit commencer par effacer les séquelles des politiques conjoncturelles.

Nadia LAMLILI

(1) Cf notre édition du 1er septembre 1999.

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