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Economie

Céréales: Les paradoxes de la subvention

Par L'Economiste | Edition N°:627 Le 29/10/1999 | Partager


· Les opérateurs remettent en cause le système actuel
· La politique de protection à la frontière provoque contradictoirement une hémorragie de devises

«Enlevez-nous les subventions, nous n'en serons que plus compétitifs». Cette phrase qu'affectionne particulièrement M. Ghali Sebti, président de la Fédération des Minotiers, peut paraître paradoxale. Mais elle résume bien en fait le fiasco actuel du cadre réglementaire régissant la filière céréalière.
Les professionnels grondent et font bien ressortir leur colère. M. Azzedine Bennani, président de l'ANCL (Association des Négociants en Céréales et Légumineuses), a saisi l'occasion des rencontres franco-marocaines des céréales(1) pour enfoncer le clou. «La politique actuelle, basée sur une combinaison de la stabilité des prix, une protection du producteur par des droits élevés et du pouvoir d'achat par des subventions à la consommation, a largement montré ses limites. Il est plus que temps de la changer», s'exclama-t-il. Le mot est désormais lâché. Il sera vite repris en credo par le reste des importateurs. Principal mis en cause, le dispositif de protection douanière par paliers. Reposant sur des taux dégressifs des droits à l'import, ce système était destiné à autocorriger l'impact des variations des prix internationaux en augmentant les droits de douane dès que les prix internationaux baissent, et inversement. L'objectif arrêté par les pouvoirs publics était de maintenir les prix dédouanés dans une fourchette située entre 2.500 et 2.800 DH la tonne.
Dans la pratique, le système a eu d'autres effets plus pervers, estiment les opérateurs. En premier lieu, ils citent la déconnexion entre les signaux du marché international et les prix du marché intérieur. Ainsi, quand les prix du blé sur la Bourse de Chicago se divisaient par deux, ceux du marché intérieur ne baissaient que de 12%, de par la nature du système de tarification. Evidemment, les prix de la farine ne suivaient pas la tendance baissière des cours internationaux.
Pis, sachant que tout effort pour acheter moins cher le blé serait de toute façon nivelé par des taxes plus élevées, les négociants ne sont pas incitées à opérer les meilleurs achats, puisque, selon leurs calculs, les droits d'importation absorberaient 70% des gains sur le prix coût et fret.
Autre inconvénient, l'engorgement des ports. Contraints à minimiser les risques de fluctuation des cours, les acheteurs recourent à l'affrètement de petits bateaux et négocient des cadences de chargement faibles. Ce qui se traduit par un bouchon dans les ports dont les capacités d'accueil sont vite dépassées.
La conséquence immédiate de cette somme d'inconvénients, estime M. Bennani, est une hémorragie non justifiée économiquement de devises (marchandise plus chère, surestaries, frets plus élevés...).
Dans une modélisation plus économique du problème, le président de l'ANCL schématise le cadre réglementaire céréalier. Celui-ci repose sur le principe d'un transfert général des revenus de tous les consommateurs (à travers des droits de douane élevés répercutés sur le prix de la farine), puis d'une tentative de restituer une partie de ce transfert (subvention à la consommation) aux consommateurs à faible revenu. Les distorsions provoquées par ce système sont donc graves, de l'avis unanime des opérateurs.
Un calcul est donné en guise d'illustration pour justifier le réaménagement du système. Pour avoir de la farine de qualité équivalente à la FNBT (farine nationale de blé tendre), sinon meilleure et au prix réel du marché (2,80 DH/kg(2)), il suffirait de permettre aux minotiers d'acheter leur blé à environ 1,90DH le kilogramme. Or, les cours internationaux sont largement inférieurs à ce niveau et tournent entre 1,10 DH/kg et 1,25 DH/kg. Résultat, le système actuel des subventions se traduit par une taxation réelle de plus de 100% du blé d'import qui pénalise les consommateurs avant tout.


Les étapes de la libéralisation de la filière

·1982: Suppression de la subvention des farines et des semoules de blé dur.
·1985: Autorisation des minoteries industrielles à céréales secondaires à écraser le blé dur.
·1987: Libéralisation des prix intérieurs de céréales autres que le blé tendre.
·1988: Révision de la politique des subventions.
·1996: Libéralisation du commerce extérieur et intérieur des céréales par la mise en application de la loi 13/89 sur le commerce extérieur et de la loi 12/94 relative à l'ONICL et à l'organisation du marché des céréales et des légumineuses.
A partir de cette année, l'Administration abondonne le système de protection de la production nationale qui reposait sur des mesures administratives (autorisations d'import en particulier).

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