×L'Editorialjustice régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière

Economie

Tourisme, benchmark entre le Maroc et la Turquie
Le test de la propreté

Par L'Economiste | Edition N°:1809 Le 12/07/2004 | Partager

. La professionnalisation du tourisme a touché aussi les restaurants modestes«S’kiézmi, maam’, aye masunderstoud». De toute façon, mon anglais n’est pas meilleur, c’est donc assez logique que ce serveur se soit trompé de café. Il le remporte en s’excusant. L’erreur est intéressante. Dans les pays où le tourisme est professionnalisé, on ne facture pas un changement d’avis du client lorsqu’il porte sur un point mineur, comme le café. Les professionnels considèrent qu’il vaut mieux perdre quelques sous qu’un client. La note dira donc si ce restaurant, en particulier, et la Turquie en général, se sont professionnalisés.Il y a trente ans, il n’aurait été possible de prendre que du café à la turque. Aujourd’hui, on peut choisir entre cinq sortes de café. Il y a trente ans, une discussion byzantine (c’est le lieu puisque Byzance est l’ancien nom d’Istanbul) se serait engagée pour savoir qui, du serveur ou du client, est responsable de l’erreur de café. Aujourd’hui, le serveur s’excuse. Reste à voir ce que dira la facture.Enfin, il y a trente ans, cela ne surprenait personne de voir une femme dîner seule dans un restaurant. Aujourd’hui, cela n’a pas changé. Sur ces trois points, la différence est grande avec le Maroc.Il y a un autre point de divergence, plus important peut-être: la tenue et la propreté du personnel et de l’établissement. Dans ce petit restaurant tout simple de Beyloglu, un quartier d’Istanbul, le personnel ne porte pas d’uniforme. Mais les vêtements sont remarquablement propres, comme le sont les nappes et les serviettes. Il est certain qu’ils sont lavés et repassés tous les jours et pas à la main par une lavandière, dans l’arrière-cour du restaurant. C’est du travail d’industriel du nettoyage. La plus soigneuse des lavandières ne peut rivaliser avec la propreté obtenue dans les laveries industrielles. Pourtant, dans un pays qui a encore un exode rural fort, il doit être tentant d’employer une pauvresse pour laver le linge. Ce n’est pas ce qui se fait: le propriétaire n’a pas eu peur d’accroître ses frais pour avoir du linge de table et des serveurs impeccables. Bien peu d’établissements marocains, même huppés, résistent à la tentation d’économiser sur le lavage, quitte à baisser les lumières pour que les clients ne voient pas bien les nappes et les serviettes. Il y a trente ans, les Turcs faisaient exactement la même chose: ils étaient persuadés que, jamais, ils ne pourraient rendre la Turquie touristique. Vu l’état du linge à l’époque, ils avaient raison, mais ils ont bien changé.Il y a un autre élément qui ne se masque pas en baissant les lumières: les odeurs, à commencer par les odeurs du personnel. Les deux serveurs qui se sont approchés de la table ne sentent rien d’autre que le savon et il est évident à la peau de leur visage et de leurs bras, que la douche soigneuse est une habitude quotidienne et personnelle, pas seulement pour prendre leur service en salle. Ce ne fut pas toujours ainsi… Pour éviter des mots trop désobligeants, disons que les serveurs au Maroc sont peut-être sur le point d’entreprendre les efforts qu’ont réalisés leurs homologues turcs, il y a trente ans…Mais poussons un peu le test de l’odeur. La panière à pain est posée tout au bout de la table, le plus loin possible de l’allée. Le serveur devra se pencher pour la saisir. Le piège fonctionne. Il se penche, tend le bras en avant… et toujours pas d’odeur. A ne jamais faire au Maroc, trop risqué pour la suite du repas. La propreté remarquée dans ce modeste établissement de Beyloglu se retrouve partout: aux déjeuners du congrès où un traiteur sert 1.500 repas assis en 1h30, dans les restaurants de grand standing comme dans les simples fast-food des quartiers plus industriels ou dans les petits cafés à la mode des rues commerçantes.Un nouveau café revient, le bon cette fois, accompagné, comme cela a été demandé, de la note, laquelle ne comporte qu’un seul café facturé. N.S.

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc