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Economie

Textile: La Déclaration de Tanger

Par L'Economiste | Edition N°:2406 Le 22/11/2006 | Partager

. Les fédérations du sud de la Méditerranée discutent des couacs du cycle de Doha. Maroc Sourcing et le forum hispano-marocain se tiennent en même tempsOn peut toujours rêver, mais qui ne tente rien n’a rien. Salah Eddine Mezouar, le ministre de l’Industrie, compte en effet mettre en œuvre tout son pouvoir de persuasion, en collaboration avec ses homologues du sud de la Méditerranée, afin de pouvoir négocier un démantèlement progressif sur 5 ans des quotas textile que l’UE a réussi à imposer à la Chine jusqu’au 31 décembre 2007. Tout autant impliquées, souligne le ministre, les industries textiles turque, tunisienne, jordanienne ou encore égyptienne qui possèdent une certaine force de frappe en Europe et avec lesquelles il sera possible dans un premier temps de constituer un noyau dur afin de mener les discussions pour le démantèlement.Si pour l’heure, les négociations n’ont pas encore démarré, les professionnels du secteur ont tout de même pris les devants. L’Association marocaine des industries du textile et de l’habillement (Amith) organise du 23 au 25 novembre à Tanger ce qu’on pourrait appeler un grand rassemblement avec au menu trois événements déterminants pour l’avenir du secteur. Le premier, et non le moindre, concerne essentiellement les négociations de l’UE dans le cycle de Doha, dont les aboutissements pourraient, à terme, éroder encore plus les avantages compétitifs du Maroc face à ses concurrents directs. Plus en détail, l’UE a certes favorisé l’émergence d’accords bilatéraux afin de permettre un élargissement de l’octroi de la règle d’origine mais donne en parallèle plus de concessions aux pays de la région Caraïbes-Afrique-Pacifique dans le cadre du système généralisé des préférences. Conséquence, si le Maroc doit offrir un support Eurmed (tissu et fabrication d’origine), les autres pays de la région pacifique pourront grâce aux préférences qui leur seront accordées sourcer de n’importe quel pays avec une très légère valeur ajoutée.Toujours dans la même logique, l’UE cherche également à baisser ses droit de douane, ce qui conduira également à fragiliser la position marocaine. La règle d’origine est le passeport qui permet aux produits finis marocains d’entrer dans l’UE sans s’acquitter des 14% de droits de douane. Et malgré cela, les prix restent élevés. Si demain, ces droits étaient revus à la baisse, cela permettrait inéluctablement aux concurrents de gagner du terrain. L’autre souci, dans le cadre du cycle de Doha, concerne le «made in» qui est désormais imposé au Maroc, à la Tunisie, etc., sauf à la Turquie qui elle fait déjà partie de l’union douanière européenne. Pour discuter de toutes ces considérations, l’Amith a invité les fédérations textile des pays de la rive sud de la Méditerranée (Algérie, Tunisie, Egypte, Liban, Jordanie et Syrie) ainsi que la Turquie. L’objectif étant de constituer un front uni pour faire valoir les intérêts de cette région lors des négociations multilatérales sur les barrières au commerce, qu’elles soient tarifaires, sociales, environnementales ou éthiques. Cela permettrait à la région de se positionner sur de nouveaux marchés, inaccessibles sans efforts conjoints. Ces débats feront donc l’objet de la 4e édition du forum Collabotex sur lequel les professionnels misent de grands espoirs. Notamment, celui d’en sortir avec la «Déclaration de Tanger» qui pourrait marquer un tournant pour les pays du sud de la Méditerranée dans le cycle de Doha.. Sous-traitance vivaceSi le choix du lieu s’est porté sur Tanger, c’est d’abord pour sa position stratégique vis-à-vis de l’Europe ainsi que pour tous les avantages que cette ville offre, mais aussi et surtout parce que les textiliens ont décidé de faire de la péninsule ibérique le 1er marché du Maroc. L’Espagne et le Portugal représentent les derniers bastions de l’industrie textile en Europe et demeurent de gros demandeurs de sous-traitance. Certes, la politique textile marocaine invite les entreprises à s’orienter vers la cotraitance et le produit fini, mais avant que la majorité n’y parvienne au terme de nombreuses années, le gros de l’armada reste le travail à façon. Et la sous-traitance marocaine a besoin de subsister. C’est pour cette raison que les deux autres évènements, l’ETYC’06, le forum hispano-marocain de partenariat et des investissements textile-habillement, ainsi que le Maroc Sourcing régional se dérouleront aussi à Tanger, à la même date. Les organisateurs se sont rendu compte que beaucoup de leurs partenaires espagnols en matière de fourniture ignoraient que l’offre marocaine était devenue florissante. Ce sont 84 entreprises marocaines et internationales qui exposeront leurs produits d’actualisation et les services aux exportateurs et acheteurs étrangers qui aspirent trouver à portée de main les matières leur permettant d’accélérer le processus de conclusion de leurs contrats. Cela permettra ainsi toute l’amplitude de l’offre sourcing, et de consolider les relations avec les industriels qui ont déjà investi dans le nord du Maroc. En marge de ces 3 évènements, se tiendront également des débats constructifs. Ils s’articuleront autour de la nouvelle géographie des échanges mondiaux en 2006 et des perspectives d’activité des régions méditerranéennes, auxquelles la «Déclaration de Tanger» doit apporter un début de solution.


Sursis

Pour Mezouar, le sursis de deux ans négocié par l’Europe a des chances d’être rallongé avec un démantèlement progressif. Sauf que pour lui, l’après 2008 ne ressemblera pas à l’après 2005, car le Maroc est devenu un acteur incontournable pour les donneurs d’ordre étrangers. En revanche, comme tous les pays dont l’économie repose majoritairement sur l’industrie textile, il demeure fragilisé car il faut gérer la transition avec beaucoup de délicatesse. «Et dans la balance avec l’UE, c’est une donnée qui est prise en considération», précise le ministre de l’Industrie. Il souligne au passage que les pays du sud de la Méditerranée ne se laisseront pas faire sans se battre et que l’UE comme la Chine sont prêts à négocier des quotas évolutifs. les négociations devraient démarrer début 2007.Radia LAHLOU

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