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Société de l’information
Pas de compromis au nom de la cybersécurité

Par L'Economiste | Edition N°:1903 Le 25/11/2004 | Partager

. A Marrakech, les médias n’ont pas mâché leurs mots quant à la liberté d’expression. Les frontières entre responsabilité et censure sont trop mincesCe qui était prévu, c’est un bilan des travaux et des recommandations du Sommet de Genève sur la société de l’information (SMSI). Mais parce qu’il n’y aura pas eu justement d’avancées depuis décembre 2003, les participants de la conférence de suivi de Marrakech réitéreront ce qu’ils ont déjà discuté à Genève et continueront probablement à demander à Tunis en 2005, c’est-à-dire une plus grande implication du monde des médias dans la société de l’information, la réduction de la fracture numérique et enfin une plus grande liberté d’expression et la lutte contre toute forme de répression envers les médias. La conférence de Marrakech, organisée à l’initiative marocaine, par le ministère de la Communication et Orbicom, réseaux des chaires de l’Unesco dans la communication, s’est achevée hier. Son objectif était aussi d’inclure toutes les doléances dans ses recommandations, encore faut-il que ces dernières soient prises en compte. Un intérêt particulier fut accordé aux médias arabes et africains qui, finalement, sont ceux qui souffrent le plus de répression.Il faut rappeler qu’à Genève en 2003, les représentants des médias auront été les oubliés de ce sommet et de ses objectifs, alors qu’ils sont les premiers concernés. Apparemment, le SMSI veut rectifier le tir. Et l’on ne se gênera pas justement de critiquer ouvertement ces oublis et aussi les pays où la liberté de presse et les droits de l’homme sont presque inexistants, à commencer par le pays qui sera hôte de la deuxième phase du sommet: la Tunisie. Et ce sont des journalistes tunisiens qui ont ouvert le bal. L’intervention émouvante de la journaliste Siham Bensedri en dira long: “Comment peut-on aspirer à une liberté d’expression alors que les délits de presse sont passibles d’une peine corporelle?” fait-elle remarquer.D’ailleurs, beaucoup se poseront aujourd’hui encore la question sur l’opportunité d’organiser la deuxième phase du sommet sur la société de l’information à Tunis, qui n’est pas une référence en matière de droit. La réponse viendra du président du Precom, Janis Karclin: “La Tunisie n’est qu’un pays hôte et le sommet se tiendra selon les règles du SMSI, avec toutes les garanties”.La garantie de liberté d’expression est, bien entendu, le sujet sur lequel les médias ne tolèrent aucun compromis. Les recommandations du plan d’action du Sommet de Genève appellent à des réglementations nationales, avec tout ce qui est nécessaire pour garantir la cybersécurité. “Justement, qu’entendons-nous par cybersécurité et où sont les limites?” s’interroge Ridha Nejjar, directeur du Centre africain de perfectionnement des journalistes. “L’on parle de responsabilité des médias quand le laisser-aller dans des sites Internet encourage le terrorisme ou la pédophilie. Comment faire pour que l’argument de la cybersécurité ne soit pas un prétexte pour des dérives?”Les formulations, en fait, pèchent par le flou laissé aux mains des gouvernements, comme l’indique à juste titre Jamal Eddine Naji, chaire Unesco en communication et l’une des chevilles ouvrières de cette rencontre de Marrakech. “Les médias souscrivent et ce depuis toujours à l’obligation de faire preuve de responsabilité, mais les TIC ont fini par élargir ce concept dans des proportions de plus en plus accommodantes pour la censure”, dit-il. De fait, si les médias doivent accepter des règles, il faudrait au moins qu’ils y soient adossés. Ce qui n’est pas le cas. Un des grands chantiers définis par le Sommet de Genève a été la gouvernance de l’Internet. Ce chantier sera entrepris avant la phase Tunis. La première réunion préparatoire du groupe de travail chargé de cette question se tient aujourd’hui même à Genève. Un groupe de travail auquel aucun média ni journaliste n’a été associé. A Marrakech, plusieurs séances seront consacrées à la gouvernance d’Internet, sans grand succès pourtant. “Il faudra définir d’abord ce que l’on entend par gouvernance d’Internet”, fait remarquer ce conférencier.


Des normes ISO pour l’audiovisuel

La conférence de suivi était aussi une occasion pour présenter les normes qualité dans les télévisions et radios. Il s’agit d’un système qualité ISAS BC9001, décidé par le Conseil de la radio et la télévision et relayé par la Fondation Médias et Société de Genève avec l’appui de l’Unesco et d’autres organismes. Ce standard est en conformité avec les exigences ISO 9001, indiquent ses promoteurs. Il a été complété par les exigences spécifiques à l’industrie de la radiodiffusion. L’on commence déjà à préparer une norme, spécifique à la presse.


A peine 1% utilise le Net dans le monde arabe

Face aux préoccupations de la société de l’information, il s’est dit beaucoup de choses en marge de cette conférence, notamment dans le monde de l’Internet. - Paul Verhoef, président de Internet Corporation for Assigned Names and Numbers (ICANN): “Les gouvernements ont peur de l’Internet parce qu’ils ne maîtrisent pas encore cet outil. Ils agissent par peur. Dans certains pays, les inquiétudes sont déjà là alors que l’outil n’est même pas encore utilisé”.- Janis Klarklins, président du Precom: “La phase de Genève a tracé une vie à la société de l’information et la deuxième partie devrait en être le moteur. Certains problèmes ne pourront donner de résultats que par les pays eux-mêmes. Ils sont liés à leur politique de développement de l’infrastructure. Il y aura certainement une assistance internationale, mais la coopération doit être avant tout au niveau régions”.- Un conférencier africain: “Il y a la crainte qu’une gouvernance d’Internet n’enfonce davantage le gap entre pays riches et pays pauvres, et de la bâtir sur des injustices. En Afrique et dans les pays sous-développés, nous sommes plus des consommateurs que des producteurs et à ce titre, nous payons aux serveurs américains près de 500 milliards de dollars. S’il est demandé aux pays d’aller vers le réseau des réseaux, il faudra corriger l’état actuel et que la démocratisation touche aussi les recettes qui aujourd’hui sont plutôt entre le mains de quelques Américains.Mansour H.A. Nidal, président du Center for the Defending Freedom of Journalists: “Je me pose toujours la question sur la relation entre médias et cybercriminalité et je ne vois pas de réponse, à part celle des médias toujours sous tutelle des ministères de l’Intérieur. En fait, dans le monde arabe, la liberté d’expression et notamment dans le Net, est incompatible avec les sécurités nationales. Ce qui donne des situations originales, voire abracadabrantes”. Il faut relativiser le problème de la gouvernance d’Internet; les statistiques le prouvent: à peine 1% de la population arabe utilise le réseau des réseaux.Propos recueillis par Badra BERRISSOULE

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