×L'Editorialjustice régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière

Economie

Prix du ciment: Enlevez-moi ces taxes et vous verrez!

Par L'Economiste | Edition N°:1903 Le 25/11/2004 | Partager

Mohamed Chaïbi, président de l’Association professionnelle des cimentiers (APC) soutient qu’il n’y a pas entente sur le prix du ciment. Répondant ainsi à l’accusation lancée par les opérateurs du bâtiment. Ce qui alourdit le prix du ciment, dit-il, c’est la TVA et la taxe spéciale. Ni les Turcs ni les Egyptiens ne sont soumis à ces prélèvements.- L’Economiste: Les opérateurs des BTP mènent une campagne pour dénoncer le prix élevé du ciment produit localement et la politique de zoning qui serait adoptée par les 4 groupes cimentiers. Que leur répondez-vous?- Mohamed Chaïbi: Les représentants de la Fédération du BTP ont effectivement parlé d’entente sur le prix du ciment lors du ftour-débat organisé le 11 novembre à Casablanca. Cependant, ils n’ont présenté aucun argument valable pour étayer cette grave accusation. Le seul argument qu’ils n’ont pas cessé de répéter était l’égalité des prix des ciments, quelle que soit la région de production. Nous pensons que si cet argument était recevable, il y aurait entente pour tous les produits et à qualité égale, leurs prix ne s’écarteraient jamais de 2 à 3%. Dans le cas du ciment, les prix sont proches, mais le différentiel est plus important. Il est de 3 à 4% entre les prix, le plus élevé et le plus bas. De plus, des écarts sont relevés entre les produits issus de deux usines d’un même groupe.Par ailleurs, le prix du ciment au Maroc peut paraître élevé, mais avant de le comparer au produit d’un autre pays, il faut l’expurger de la TVA qui représente près de 160 DH et de la taxe spéciale de 100 DH payée par le consommateur et collectée par le cimentier pour le compte du Trésor.De plus, la comparaison entre le prix du ciment au Maroc et ceux de l’Egypte ou de la Turquie n’est pas significative, si elle est exprimée en dollars. Les monnaies de ces deux pays ont été dévaluées respectivement de près de 300% et 1000% ces dernières années. De ce fait, leurs prix intérieurs exprimés en monnaie locale augmentent de manière drastique, mais convertis en dollars, ils semblent baisser. Nous avons expliqué à plusieurs occasions que la concurrence dans le ciment se fait sur d’autres registres que le prix , à savoir la qualité des produits, la gamme des produits, la qualité du service, la bonne gestion de l’environnement, la pérennité de l’offre grâce à une politique de maintenance et une planification des investissements.Et à chaque fois que la guerre des prix s’est déclarée, le consommateur n’en a pas profité et les ristournes accordées sont absorbées par le coût du transport.- Dès janvier prochain, le marché sera donc ouvert aux ciments turc et égyptien. Quels sont aujourd’hui les atouts des opérateurs locaux face à cette concurrence?- La libéralisation de l’économie marocaine est un choix irréversible et le démantèlement des barrières douanières est une donnée réelle dont il faut tenir compte dans toutes nos réflexions. A ce propos, les cimentiers ont entrepris la mise à niveau, il y a une dizaine d’années, par un encadrement approprié, une formation continue adaptée, le renouvellement des équipements obsolètes et la modernisation des installations. Sans oublier l’externalisation des tâches éloignées du métier de cimentier, la planification à long terme des investissements et gestion rationnelle des matières premières et de l’énergie.Ceci dit, le dumping pratiqué par certains pays, dont l’économie n’est pas aussi libérale que la nôtre et qui pratiquent une forme de subvention, fera que nous aurons certainement des difficultés à concurrencer leurs produits. Pour surmonter cette épreuve, nous comptons sur le sens civique de nos concitoyens qui ne voudraient pas que le Maroc se transforme en un comptoir et sur le sens de responsabilité du consommateur qui sait faire la différence entre un produit de qualité, accompagné d’un service après-vente et une offre bon marché où la qualité est douteuse et le service inexistant.- Vos revendications au moment de l’élaboration de la loi de Finances sont restées lettre morte. Quel est le manque à gagner pour le secteur (à savoir la dernière tranche de la TIC et la suppression des droits de douane sur le coke de pétrole notamment).- Le manque à gagner est estimé à plus de 60 millions de DH.- Malgré ces handicaps, les programmes d’investissement des opérateurs ont été maintenus, parfois même revus à la hausse. Quelles sont les motivations des 4 groupes?- La mission d’un cimentier est de ne jamais être en déficit de capacité, car cela créerait la pénurie et encouragerait donc la spéculation et la flambée des prix. Le déficit de capacité peut aussi se traduire par une perte de parts de marché au profit du concurrent. Chacun de notre côté, nous voulons donc éviter ces désagréments. Ce qui explique la course à l’investissement et prouve d’ailleurs, s’il fallait le démontrer, qu’il y a eu une véritable concurrence dans le secteur. Propos recueillis par Mouna KABLY

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc