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    Enquête

    SNESup: L'USFP perd du terrain face aux Islamistes

    Par L'Economiste | Edition N°:755 Le 26/04/2000 | Partager

    . 130 délégués ont voté contre et 150 pour le rapport moral présenté par l'équipe sortante

    LE rideau est tombé sur le 7ème congrès du Syndicat National de l'Enseignement Supérieur (SNESup) (21-24 avril). Le Premier ministre a assisté à l'ouverture. La présence de M. Abderrahman Youssoufi montre l'intérêt que le gouvernement porte aux questions universitaires. Mais au-delà elle confirme la place de choix qu'occupe le SNESup dans la stratégie de l'USFP. C'est un bastion qu'il s'agit de garder.
    Les délégués participant au congrès ont élu une nouvelle Commission Administrative composée de 51 membres. Celle-ci doit se réunir dans une quinzaine de jours. Ordre du jour: élection du Bureau National et du secrétaire général. Le sortant, M. Bachir Benjilali, ne se représente pas. "Le secrétaire général ne brigue jamais un deuxième mandat, c'est la tradition du syndicat", dit-il. Pour le remplacer à ce poste, des noms circulent, mais c'est celui de Hassan Si Arabe qui est le plus cité. Il est membre de l'USFP, le parti qui contrôle le SNESup.
    Fait nouveau, trois islamistes entrent à la Commission Administrative. Cette mouvance est représentée au Parlement. Elle contrôle l'université et aujourd'hui elle intègre le Syndicat de l'Enseignement Supérieur. M. Benjilali minimise l'événement. Selon lui, les 130 délégués qui se sont prononcés contre le rapport moral l'ont fait par réaction contre l'ancienne équipe. C'est en quelque sorte un vote sanction, pour reprendre les termes d'un délégué. Ce sont quand même près de 40% des votants qui ont dit non au rapport moral présenté par l'équipe sortante.
    L'avis n'est pas partagé par M. Abdelkader Amara, enseignant-chercheur membre du Secrétariat général du Parti de la Justice et du Développement (PJD). Il est membre du bureau local du syndicat et vient d'intégrer la Commission Administrative du SNESup. Pour lui, ce congrès très politisé a été marqué grosso modo par deux tendances: la gauche et les islamistes. Le mode de scrutin a faussé la représentation des sensibilités au sein de la Commission Administrative. Avec la proportionnelle, les islamistes auraient fait un raz-de-marée. M. Amara est clair: les islamistes ne sont pas venus au syndicat pour exclure quiconque. Ils militent pour une centrale où toutes les sensibilités politiques sont représentées. Il s'agit de décongestionner l'université et permettre au syndicat de se pencher sur les défis et les aspirations des enseignants. Un congrès extraordinaire sera convoqué l'année prochaine. Il sera entièrement consacré aux questions organisationnelles.
    En fait, la montée en puissance des islamistes trouve son origine dans le mécontentement visible dans les milieux universitaires et des grandes écoles. La gestion de dossiers de l'équipe sortante a été beaucoup critiquée. Le statut de l'enseignant chercheur de 1997 figure en tête de liste des griefs ressentis par le corps enseignant. Plusieurs délégués étaient venus à ce congrès, qualifié d'historique puisqu'il devait se tenir en 1995 pour faire l'évaluation des réalisations, avance M. Amara.


    L'organisation critiquée

    D'emblée, le congrès avait mal démarré. Les délégués, qui étaient venus de toutes les régions du Maroc, n'ont trouvé personne pour les accueillir vendredi dernier à 10 heures à l'Ecole Mohammédia des Ingénieurs. Le choix du Club Yasmine à Harhoura, à une dizaine de kilomètres de Rabat, n'était pas du goût de tout le monde. Ce complexe touristique n'est pas adapté à ce genre de manifestations, avance un délégué. Le programme des travaux du congrès était introuvable.

    Mohamed CHAOUI

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