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    Economie

    Rosa Canadas, présidente de la fondation Tanja(1)
    Les leviers pour décoller

    Par L'Economiste | Edition N°:3512 Le 20/04/2011 | Partager
    Consolider l’espace social
    Société civile : Une vision négative de l’Espagne, c’est nouveau!
    Pas d’influence sur le business pour l’instant

    Rosa Canadas: «Un travail de fond doit être mené pour mieux connaître les Espagnols et vice-versa»

    - L’Economiste: L’Espagne et le Maroc se connaissent-ils suffisamment?

    - Rosa Canadas: Non, l’Espagne n’est pas suffisamment connue, les Espagnols doivent faire eux aussi un effort, surtout hors de la région du nord. Cependant, l’Espagne est plus connue au Maroc que le Maroc en Espagne.

    - Les rapports entre l'Espagne et le Maroc ont-ils changé?

    - Il est vrai que les relations se sont améliorées depuis quelques années, mais elles n’en demeurent pas moins complexes. L’Espagne est actuellement le second investisseur au Maroc après la France. Il y a un développement entre les sociétés civiles, une envie de changer les préjugés et les stéréotypes. Cependant, nous remarquons qu’elles sont loin d’être harmonieuses. Nous avons des contentieux toujours pas résolus, et ces dernières années, nous avons eu plusieurs soubresauts.

    - A quels contentieux pensez-vous?

    - Le Sahara serait le premier, en tout cas le plus «médiatisé». Mais le thème du Sahara préoccupe seulement une petite partie de la société espagnole. Au fait, ce que nous constatons, c’est que la société civile marocaine commence à avoir une vision négative des Espagnols qui n’existait pas auparavant. Ceci à cause des manifestations pro-indépendance du Sahara en Espagne ces dernières années et à cause du positionnement de certains ONG et médias espagnols vis-à-vis de ce sujet. Le Maroc doit communiquer. Il existe une grande peur au Maroc à parler avec les médias espagnols.

    - Quels autres points de discorde relevez-vous?

    - Je dirais plutôt méconnaissance. Vous savez que le débat sur la prohibition de la burka est sur la table du gouvernement espagnol. Le problème c’est qu’on mélange burka qui n’a rien avoir avec les Marocaines et le hijab. A côté, on peut évoquer l’intégration des immigrés marocains, les espagnols pensent qu’ils ne font pas d’efforts pour s’intégrer. Enfin, il existe aussi une vision d’un Maroc peu démocratique.

    - Ces éléments d’incompréhension influencent-ils les investissements?

    - Pour l’instant, l’intervention est moindre, mais il est clair que les nouveaux espaces d’activité économique ne pourront pas se consolider si les deux pays n’avancent pas en parallèle dans la formation d’un espace social également commun. L’Espagne est un interlocuteur incontournable pour le Maroc, et le Maroc un sujet prioritaire pour l’Espagne. Il y a plus de différence de valeurs à l’intérieur de chaque pays qu’entre le Maroc et l’Espagne.

    - Comment percevez-vous la prochaine décennie?

    - Les alliances entre le Maroc et l’Espagne vont au-delà de ce que représentent ces deux pays, car elles créent le trait d’union naturel entre l’Union européenne et le nord de l’Afrique. Je pense également que les deux pays peuvent avoir un rôle très important a jouer dans la nouvelle UPM (Union Pour la Méditerranée). Mais je pense que nous continuerons à parler d’amélioration des perceptions, cela voudra dire qu’il existe une volonté des deux côtés d’aller de plus en plus loin dans le rapprochement de nos deux pays.

    Propos recueillis par K. S.

    (1) La fondation Tanja a été créée au début de l'année 2008 dans le but de promouvoir la connaissance mutuelle entre l'Espagne et le Maroc. Son comité d'honneur est composé d'éminentes personnes comme André Azoulay, Jordi Pujol, chef du gouvernement autonome de Catalogne, Josep Borrell, président du Parlement européen 2004-2007, l'ancien ministre et ambassadeur du Maroc en Espagne, Omar Azziman et Shlomo Benami, homme politique et historien israélien né à Tanger, ancien ambassadeur de son pays en Espagne.

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