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Politique Internationale

Rencontre Entreprise et Culture à Casablanca : Les banques face aux poncifs

Par L'Economiste | Edition N°:16 Le 13/02/1992 | Partager

«L'entreprise et son banquier» intervention de M. Omar Akalay

La première journée de la rencontre «Culture et Entreprise: représentations, structures et stratégies» a été marquée par de nombreuses interventions dont celle de M. Omar Akalay, Directeur Général BMCI, sur le thème «l'entreprise et son banquier».


LE sujet traité est, selon M. Akalay, important à deux points de vue. D'abord, «parce qu'il ne fait l'objet d'aucune codification»; ensuite parce qu'il résulte d'une expérience de 22 ans d'un banquier qui «s'est efforcé de comprendre le comportement des chefs d'entreprise en dehors de leur bilan ou de leur surface financière». Ainsi, cet aspect des relations de l'entreprise avec son banquier est un aspect «psycho-social». Cela signifie que le chef d'entreprise et son banquier sont des personnes uniques qui ont un passé, des comportements, un statut social et un profil psychologique.
Ainsi, à l'aide d'exemples, M. Akalay retrace ces relations spécifiques.

L'ère de la facilité est révolue


Il rappelle brièvement l'historique de la Banque pour s'arrêter en 1983 où, dit-il, les règles du jeu vont totalement changer. A cette date, une nouvelle politique économique voit le jour. A partir de là, s'amorce un nouveau tournant, c'est l'ère où la facilité est révolue et où «l'heure des managers est venue». Les relations de l'entreprise avec son banquier prennent une autre tournure.
Dans un second temps, M. Akalay se penche sur les incompréhensions qui peuvent dresser le chef d'entreprise contre son banquier.
Le conférencier énumère un certain nombre de clichés, qu'il appelle «poncifs», que l'on peut formuler à l'encontre des banques. Ainsi, en premier lieu, beaucoup pensent que les banques ne prêtent de l'argent qu'à ceux qui sont riches.
Pour M. Akalay, cette affirmation a valeur de vérité. Pourtant, estime t-il, au cours des trente dernières années, un grand nombre de chefs d'entreprises, partis avec des moyens financiers très modestes, sont devenus de puissants industriels grâce à l'appui des banques.
«Il est regrettable que l'on ne puisse donner des noms», dit-il.

Les sièges des banques: un signe de bonne santé


Le second reproche que l'on fait aux banques est celui de construire des immeubles pour leur siège social au lieu d'utiliser cet argent dans le but de financer l'activité économique. Pour M. Akalay, «lorsqu'une banque construit des immeubles, c'est un signe de bonne santé pour l'emploi». De plus, lorsqu'elle construit, une banque utilise ses fonds propres et non les dépôts de ses clients.
Ensuite, le troisième poncif est que quand tout va mal dans un pays, les banques gagnent de l'argent. là encore, l'affirmation est fausse. Une banque gagne de l'argent lorsque les entreprises auxquelles elle prête de l'argent font des bénéfices. Mais si ces entreprises ne gagnent pas de l'argent, «la banque a une grande chance de ne jamais percevoir ses intérêts, et même de perdre son capital», explique M. Akalay.
Selon lui, ce sont les chefs d'entreprises mal gérées qui accusent les banques car ils sont menacés ou voués à la disparition.
«Mais, les banques ne sont pas des entreprises de bienfaisance. Elles sont comptables des dépôts des particuliers», s'exclame M. Akalay.
Par ailleurs, au delà de ces poncifs, M. Akalay s'interroge sur la réalité des relations entre l'entreprise et son banquier.
Il s'agit ici du domaine de la banque-conseil et non seulement de la banque prêteuse.
M. Akalay distingue deux sortes de chefs d'entreprises: ceux qui suivent les conseils de leurs banquiers, généralement les chefs d'entreprise les moins riches (pour ne pas perdre leur mise et le fruit de leur travail), et ceux qui ne les suivent pas, généralement les chefs d'entreprise ayant réussi.
De son côté, le banquier aura deux attitudes:
- le refus de financer un projet qui, selon lui, ne paraît pas viable;
- l'acceptation de financer un projet en considérant la fortune de son client et en prenant des garanties particulières sur son patrimoine.

L'entrepreneur marocain gros utilisateur de crédits


Enfin, dans une troisième partie, M. Akalay aborde les réalités des relations c'est-à-dire la solidarité du couple chef d'entreprise/banquier.
Il retrace tout d'abord le rôle de la banque au niveau des crédits, des dépôts, des taux d'intérêt, donc de conseil auprès de sa clientèle.
Le conférencier s'arrête ensuite sur l'examen des relations spécifiques du banquier avec les différentes catégories de chefs d'entreprises. Il s'agit tout d'abord des firmes multinationales qui, selon M. Akalay, «sont d'excellents partenaires pour un banquier, et leur stratégie commerciale est une source inépuisable d'observations». Il y a, ensuite, les chefs d'entreprises marocains, particulièrement l'entrepreneur privé marocain défini comme «un homme qui est à la porte de son usine une demi-heure avant les ouvriers et quitte l'usine après la rentrée de l'équipe de nuit».
Les relations que noue cet industriel avec son banquier sont qualifiées de personnelles.
Il est le seul interlocuteur du banquier. «Après lui, le personnage le plus important est son chef comptable, avec lequel il partage tous ses secrets».
M. Akalay le présente comme un gros utilisateur du crédit. Face à lui, le banquier joue un rôle de psychologue, d'allié. Ces deux personnages constituent, selon l'expression de M. Akalay, «un tandem indissoluble».
Enfin, la troisième catégorie de chefs d'entreprises est représentée par les opérateurs de l'économie informelle qui pratiquent un auto-financement forcené. Leur démarche est de copier, améliorer, innover.
Le banquier s'intéresse beaucoup à cette clientèle, qui ne lui demande aucun crédit de départ, mais qui lui confie des opérations bancaires de plus en plus complexes au fur et à mesure de l'extension de son entreprise.

Meriem OUDGHIRI

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