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Politique Internationale

Rencontre Entreprise et Culture à Casablanca : Entreprise et Culture ou le passage de l'interaction à l'interdépendance

Par L'Economiste | Edition N°:16 Le 13/02/1992 | Partager


Une rencontre d'une semaine s'est tenue, du 3 au 9 Février sur plusieurs sites universitaires et culturels de Casablanca. Organisée à l'initiative des facultés de Droit, de Lettres de Ben M'sik, de l'Ecole Supérieure de Gestion, cette rencontre avait pour thème "Entreprise et Culture". Les intervenants issus des milieux universitaires, artistiques, industriels et bancaires ont cherché, dans le cadre du dialogue Université/Entreprise à favoriser une meilleure compréhension entre l'économique et le culturel.


LES axes et les angles d'approche sont si multiples et si imbriqués lorsqu'il est question de rapporter les réflexions ou les exposés sur un thème aussi vaste que celui qui a fait l'objet du colloque oragnisé du 3 au 9 Février intitulé «Entreprise et Culture» qu'il serait vain de vouloir en circonscrire les objectifs et les intérêts. Il est tout juste permis de retenir quelques extraits qui ont, peut-être plus de poids dans le débat et qui, en tout cas, laissent libre cours à l'imagination qui constitue l'un des moteurs de l'esprit entreprenarial et l'une des vertus de l'homme de culture.
Si l'entreprise est amenée à investir dans son environnement immédiat c'est parce qu'elle est nécessairement conditionnée par celui-ci dans le sens où elle doit rechercher la cohésion et s'adapter à ce qui l'entoure. Et tant que les freins psychologiques culturels demeurent, l'entreprise ne peut ignorer «ad eternam» le contexte où elle doit évoluer. A ce niveau de la relation cuturel-économique, il semblerait plus rationnel de raisonner en termes d'interdépendance et en déduire que l'économique ne peut évoluer sans le culturel.

A titre d'illustration, un conférencier a cité le cas de ces boutiques implantées dans les quartiers «chics» de Casablanca. Ces boutiques commercialisent des vêtements dits d'importation, selon les mêmes modalités que ce qui se fait en Europe, sauf sur un détail qui a son importance : la pratique des prix fixes n'a pas force d'usage.
Dans le cadre de son exposé intitulé, «La dialectique de la qualité et de la quantité» M. Thami Bouhmouch - Professeur à la Faculté de Droit - Casablanca, s'interrogeait sur le poids exact des dispositions de l'esprit dans le processus économique, à savoir le degré d'influence du culturel dans le développement économique. C'est en ce sens qu'il précise que les modifications économiques comptabilisables ne conduisent pas nécessairement à des changements d'attitude. Ce sont les rigidités mentales qui sont sujet de préoccupation. A défaut de prise en compte de ces paramètres, on aboutit, selon l'expression de M. Khalid Naciri - Professeur à la Faculté de Droit - Casablanca, «à un conflit des profondeurs, source de perturbation psychologique». L'expression était insérée dans un contexte plus large puisque M. Naciri l'utilisait à propos des stigmates de la période coloniale à jamais ancrées dans nos sociétés maghrébines.

L'entreprise lieu de chocs culturels


C'est dans le même ordre d'idées que l'on peut interpréter la réflexion de M. Riad Mekouar, Professeur à la Faculté de Droit- Casablanca, intitulée «L'entreprise, un lieu de chocs culturels». Il définit la culture comme étant un ensemble d'activités soumises à des normes socialement et historiquement différenciées et à des modèles de comportement propre à un groupe social donné. Le choc culturel trouve son origine dans la confrontation de comportements sociaux différents car répondant à des rationalités différentes. La réflexion est illustrée par l'observation des modèles de gestion existant dans nos entreprises. Les entreprises marocaines sont en majorité des petites ou moyennes. Dans un premier cas de figure, un chef d'entrPar contre la diversité des valeurs et l'absence d'un universalisme absolu nous aident à comprendre le processus de développement de la science et de la techno-logie.oeprise analphabète qui gère un personnel non qualifié selon un modèle de gestion autoritaire et l'entreprise fonctionne. Dans un premier cas de figure un chef d'entreprise diplômé doit gérer un personnel non qualifié selon les modèles managériaux modernes. Dans ce cas, l'échec est possible parce qu'il y a confrontation de deux ration-nalités. C'est peut-être une des raisons qui justifie l'attitude récalcitrante de certains chefs d'entreprises à recruter un personnel d'encadrement parce que l'application par celui-ci de principes modernes de gestion des ressources humaines peut donner les effets contraires et être source de confrontation. On retrouve ce même reproche dans la réflexion développée par M.Driss Benhima, Directeur général de la SMOA, et intitulée «Identité culturelle et comportement dans l'entreprise". M. Benhima explique la confusion culturelle qui règne dans notre société par le fait de ceux qui ont le plus de responsabilités dans l'entreprise, à savoir les ingénieurs et les cadres qui tirent la légitimité de leurs connaissances techniques d'une formation dispensée en Occident. Ils ont donc tendance à considérer que le secret de leur réussite est lié à leur identification à un modèle théorique d'ingénieur mondial. Or dans l'environnement où ils sont plongés, ils doivent se repro-grammer littéralement, ce qui se manifeste par une difficulté catastrophique à la remise en question.

Esprit d'entreprise,
es-tu là?


M. Jamal Eddine Tebbaâ -Professeur à la Faculté de Droit- Casablanca, dans «Esprit d'entreprise, es-tu là» conclut que cet esprit qui est avant tout un comportement est nécessairement là. Il y a des dispositions chez certains mais comme c'est un comportement qui ne se développe pas de lui-même, il faut tout mettre en oeuvre pour que ce comportement se cultive. A cette fin, la solution péconisée est l'action au niveau du système socio-éducatif sensé articuler la formation initiale et la formation continue comme moyen de réadaptation perma-nente.

L'exemple de Banania, produit
de la mémoire collective


LA culture, c'est tout d'abord une histoire, un patrimoine, des coutumes", dit Mme Claude Wolton, Directrice du Département d'Ingé-nierie Culturelle, RSCG, Paris, lors de son intervention intitulée "La culture d'entreprise: l'exemple de Banania".
Ainsi, au début de son exposé, Mme Wolton définit sommairement la culture dans son sens le plus large, pour ensuite s'interroger sur les différences qui peuvent exister entre la culture et la culture d'entreprise. Au sein d'une entreprise, en matière de communication, la culture représente un système de valeurs, de normes et d'habitudes. Le champ culturel fonctionne, dit Mme Wolton, "sur des valeurs arbitraires par rapport au domaine économique". Pour elle, la culture a un degré d'autonomie et intègre des notions telles que le temps et la durabilité. La culture d'entreprise, quant à elle, s'articule autour d'un certain nombre d'axes. Ainsi, on parle de relations de l'entreprise avec le monde extérieur, de relations avec la culture ambiante, de relations de l'entreprise avec le monde interne. La culture d'entreprise "est une base à la réflexion stratégique d'une entreprise, il s'agit d'un élément fondamental en terme de communication et de mécénat", explique-t-elle. Pour illustrer son intervention, Mme Wolton utilise l'exemple de Banania, produit alimentaire (poudre de Cacao) du quotidien "avec tous les éléments qui font de lui un produit fort".

Au cours de ses recherches et de ses études, Mme Wolton s'est aperçue que Banania n'est plus considéré comme un simple produit mais comme faisant partie intégrante de la "Saga, de la mémoire collective".
Mme Wolton énumère, par la suite, les variables qui ont fait passer ce produit de consommation à une "histoire extraordinaire". Il s'agit de l'édition d'un livre retraçant l'origine de Banania, une exposition des différentes étapes du produit, toute une communication sur son histoire.
Tout cela, dit-elle, a montré que Banania est un produit, un élément de l'histoire.
L' "historicité" ou l'analyse du patrimoine de ce produit a été de retrouver tous les objets, affiches, emballages utilisés par l'entreprise depuis le lancement du produit. "l'expérience, explique Mme Wolton, a servi à montrer les spécificités culturelles, l'intérêt de la culture de l'entreprise et l'évolution des marques".
La notion de culture d'entreprise est donc un élément de la réflexion actuelle, conclut-elle.

L'information et l'élargissement
du fossé Nord-Sud


L'INTERVENANT définit tout d'abord «Technologie de l'Information», qui comprend toutes les technologies concernant la documentation, le traitement de données, les sciences de l'information, la technologie informatique, la robotique, l'intelligence artificielle, la communication et les technologies de l'espace ainsi que toutes les technologies relatives aux signes graphiques et audio-visuels.
Les sociétés se transforment, de sociétés de production qu'elles étaient, elles deviennent de plus en plus des sociétés d'information. Ainsi, pour comprendre ces transformations en cours il est nécessaire de se référer à l'environnement culturel qui les a provoqué. Les effets des technologies de l'information dépendent pour une grande part de l'environnement socio-culturel dans lequel ces technologies évoluent ainsi que du système de valeurs sous-jacent.
La dimension économique de la technologie de l'information est essentielle à la compréhension de son impact sur les schémas de consommation et les modes de vie, lesquelles conditionnent à leur tour les systèmes de valeurs et vice versa.

La dépendance politique, économique et culturelle du tiers-monde continuera à s'accentuer jusqu'à ce que le tiers-monde prenne la mesure de l'impact des technologies de l'information sur son propre développement. Pour la réalisation de cet objectif il doit avoir une vision claire des données socio-culturelles.
L'information est devenue un des principaux déterminants des rapports de force et du développement socio-économique. Elle compte également parmi les principaux facteurs qui sont à l'origine de l'élargissement du fossé Nord-sud. Pour vaincre le sous développement, il faut nécessairement la technologie de l'information dans une vision à long terme. Pour cela, il faut une évaluation claire de l'environnement socio-culturel et sans une approche dynamique des valeurs.
Tant que l'on relativise culturellement le concept de la diversité, celui-ci ne peut être en contradiction avec la notion de «l'universalité». Car, le concept de l'universalité possède ses propres limites, même dans le domaine des sciences et de la technologie.

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