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Economie

Rapport de l’observatoire des prisons
Des toilettes en guise de dortoirs!

Par L'Economiste | Edition N°:2388 Le 26/10/2006 | Partager

. Surpeuplement, insalubrité, malversations…. Recours abusifs aux cachots Le constat de l’Observatoire marocain des prisons est sans appel. Dans son rapport 2005, l’ONG détaille plusieurs irrégularités ou ce qui pourrait être qualifié de conditions inhumaines de détention. La classique surpopulation carcérale arrive en tête. Ceci, en dépit de l’ouverture de 4 nouvelles prisons en 2005 à Azilal, Cherfchaouen, Bouarfa et Rommani et d’un grand nombre de graciés. Une comparaison entre la capacité d’hébergement des différentes prisons du pays et le nombre de détenus effectivement incarcérés en dit long sur les dépassements enregistrés. Quelques fois dans des proportions dramatiques. C’est le cas à la prison d’Inzegane avec 1.401 détenus pour une capacité de 321 et à Al-Hoceima avec 604 détenus pour une capacité de 84. «Cette situation a conduit parfois à utiliser des toilettes comme dortoirs pour les détenus», peut-on lire dans le rapport. A cela s’ajoute la non-disponibilité d’une hygiène valable. L’accès aux bains et douches est très limité. Les couvertures usagées remises aux prisonniers ne sont pas nettoyées. L’entretien ménager est quasi-absent. Les odeurs de sueur, du tabac et des ordures s’accumulent. Les budgets alloués à l’hygiène sont, affirme-t-on dans ce rapport, «l’objet de diverses manipulations douteuses». En dépits des efforts du ministère de la Justice et de l’administration pénitentiaire, le droit a une alimentation saine n’est pas acquis. Les détenus dépendent largement de leurs familles, aux moyens souvent très réduits. Les légumes frais fournis par l’administration sont souvent revendus par des intermédiaires aux détenus. «Ceux qui n’ont pas les moyens doivent se contenter, en guise de repas, de mixtures infectes et dégoûtantes», tranche le rapport. Les cantines de nombreuses prisons, et contrairement aux règlements, pratiquent des prix majorés par rapport aux prix publics, y compris ceux fixés par l’Etat (cas des cigarettes). En matière d’accès aux soins, quelque 76 médecins, 51 infirmières et 128 aides-infirmières étaient au service de l’administration pénitentiaire. Au cours de l’année, les infirmeries des différents centres ont accueilli 1.760 malades. 18.351 détenus (dont 103 femmes) ont été hospitalisés dans plussiuers hôpitaux. 276.000 consultations ont été réalisées. Mais la faiblesse du budget est consternante. Il est de 400.000 DH pour l’achat des médicaments et 342.320 DH pour les fournitures médicales. Quelque 124 décès ont été enregistrés en 2005, dont 6 suicides. Les causes les plus fréquentes sont les pathologies cardiaques (36 cas), pulmonaires (30 cas) et des maladies digestives (15 cas). Si les cas de torture physique n’ont pas été soulignés dans le rapport, le recours abusif au cachot (3.366 cas) est dénoncé. Des attitudes agressives des gardiens à l’égard des prisonniers sont également relevées. Les condamnés à mort n’échappent pas à ces règles. Au caractère «inhumain» de la sentence, s’ajoutent les conditions déplorables de leur détention. A la privation de visites s’ajoutent l’isolement et le comportement agressif des gardiens et directeurs.


Un enseignement inégalitaire

L’enseignement et la formation professionnelle demeurent très limités. 1.724 ont réussi l’examen final des programmes d’alphabétisation sur 3.217 inscrits. Ces chiffres ne rendent pas compte des grandes disparités entre les différentes prisons. 8 des 59 établissements pénitentiaires du pays n’offrent pas ces cours. Dans 11 prisons, aucun détenu n’a réussi l’examen final. Seuls 69 détenus sur 280 candidats ont passé avec succès l’examen du baccalauréat et 18 détenus ont obtenu une licence. Six autres ont eu des diplômes de premier cycle universitaire. A noter que la population carcérale est de 52.718 détenus, dont 7.106 mineurs, 1.227 femmes et 54 enfants incarcérés avec leurs mères.Tarik QATTAB

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