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"Une ZLE agricole pour que le Maroc joue dans la même cour et avec les mêmes armes"

Mohamed Chraïbi, président de la Fenagri et de la Ficopam

Par L'Economiste | Edition N°:466 Le 18/03/1999 | Partager

· La visibilité permettra au Maroc de s'investir dans ce qu'il sait le mieux produire
· Avec la politique de subventions européennes, la notion même de diversification des débouchés est biaisée
· Les exportations marocaines sous haute surveillance

- L'Economiste: Vous défendez actuellement l'option de création d'une ZLE agricole. Qu'en est-il précisément?
- M. Mohamed Chraïbi:
Cette option consiste à se prévaloir des règles de l'OMC et des principes énoncés dans le préambule de l'Accord d'Association, pour l'instauration d'une zone de libre-échange intégrale, et dans les deux sens avec l'UE. Mais une ZLE intégrale qui s'entend hors subventions. Cette option est aujourd'hui impossible à réaliser compte tenu de la PAC et des lobbyings agricoles, notamment. Cependant, à terme, les règles de l'OMC s'imposeront à tous. A mon avis, il faut se battre pour cette option. En fin de compte, dans une ZLE, pourquoi ce qui est valable pour l'industrie ne le serait-il pas pour l'agriculture.

- Ne pensez-vous pas que cette option peut se révéler dangereuse dans la mesure où elle pourrait entraîner la disparition de tout un tissu de base de l'agriculture?
- Cette appréciation est erronée, car elle ne tient pas compte des énormes subventions dont bénéficie l'agriculture européenne. Le montant global des subventions représente aujourd'hui 40 à 60% du prix de mise en marché en Europe, alors qu'il n'est que de 2 à 4% au Maroc.
En revanche, dans une ZLE intégrale, et si les règles de l'OMC s'appliquent, les subventions européennes devraient être progressivement supprimées. A ce moment, le Maroc pourra se rapprocher des prix de revient européens. Et il jouera dans la même cour et avec les mêmes armes.
Pour les fruits et légumes, par exemple, la suppression des barrières protectionnistes, des primes et des subventions, toujours dans une ZLE intégrale, peut donner une impulsion extraordinaire au développement de nos cultures maraîchères et de nos plantations agrumicoles. Ces dernières pourront exploiter les énormes avantages comparatifs dont elles bénéficient sur le plan des coûts de production, du climat propice et de la proximité géographique, entre autres. Avec une plus grande visibilité, le Maroc pourra ainsi se spécialiser et s'investir dans ce qu'il sait le mieux produire.

- En attendant la concrétisation de cette option et la renégociation du volet agricole de l'Accord d'Association prévue le 1er janvier 2000, comment se comportent nos produits à l'export?
- Tout d'abord, il faut relever une prise de conscience chez les professionnels qui ont déployé tous leurs efforts pour diversifier leurs exportations sur d'autres marchés hors Union Européenne, dont la pénétration très forte et rapide sur les pays de l'Est et les premières expéditions de tomates sur les Etats-Unis.
Cependant, le problème reste entier, car pour pouvoir développer les produits, il faut investir. Mais pour investir, il faut avoir un minimum de visibilité. Les conditions draconiennes imposées par l'Accord d'Association limitent notre évolution.
Nos exportations sont sous très haute surveillance. Elles sont soumises à des mécanismes protectionnistes qui figent le développement d'un secteur dans lequel nous sommes compétitifs et performants. Pour la tomate par exemple, le contingent sur l'UE a été fixé à 156.000 tonnes, alors qu'en 1973 le Maroc a exporté sur cette destination plus de 173.000 tonnes. Même la notion de diversification des débouchés hors UE est biaisée et se heurte à la concurrence des produits espagnols similaires qui bénéficient de primes de restitution lorsqu'ils sont exportés hors de l'Union.

- Quelles solutions préconisez-vous?
- Le Maroc doit utiliser un autre langage et se dire que l'UE n'est pas uniquement l'Espagne. D'autres pays forment l'Union et il faut les convaincre un à un. C'est à ce niveau que nous sommes extrêmement faibles. Notre planche de salut est de trouver des alliés au sein de la Commission Européenne, de faire des lobbyings et de concentrer tous nos efforts pour être constamment présents.

- Vous répétez souvent que le Maroc est le seul pays à faire de la promotion à distance.
- Effectivement, et cela a été démontré par une étude réalisée par le Conseil National du Commerce Extérieur (CNCE). Ce travail scientifique a dressé un état des lieux et a tiré un enseignement des expériences étrangères. Jusqu'à présent, la promotion du Maroc à l'étranger a été effectuée sans coordination ni cohérence. Elle est menée par une multitude d'organismes adoptant des stratégies contradictoires. Le peu de ressources est éparpillé et gaspillé dans les frais de fonctionnement. Et le drame est que le Maroc est toujours méconnu. A l'issue du travail mené par le CNCE, une conclusion s'est dégagée: il est absolument nécessaire de créer une entité unique de promotion.
Cette étude, soumise au Premier ministre et à d'autres Ministères, tarde a être approuvée.

Propos recueillis par Meriem OUDGHIRI

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