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"Notre tour de table respecte la proximité culturelle"

Henri Piganeau, DG de CG-Sat Vivendi candidate à la seconde licence GSM

Par L'Economiste | Edition N°:500 Le 05/05/1999 | Partager

· Des synergies avec la Banque Populaire et le Pôle Distribution ONA
· Le Maroc, pierre angulaire de la stratégie internationale du Groupe


Il y a plus de 15 jours que l'appel d'offres pour la seconde ligne GSM a été lancé. Plus que quelques semaines avant de connaître le futur opérateur. Sans dévoiler le contenu de son offre, M. Henri Piganeau, directeur général de CG-Sat Vivendi, commente le tour de table du consortium et les grandes lignes de sa stratégie.

- L'Economiste: Quelle est votre appréciation du cahier des charges?
- M. Henri Piganeau: Il nous convient. Le cahier des charges a l'immense avantage d'être d'une clarté totale. Les règles de jeu sont claires et le processus de transparence engagé a été confirmé.

- Il est de notoriété publique que le volet financier, avec un poids cumulé de plus de 75%, est prédominant. Cela n'avantagerait-il pas une offre "kamikase"?
- Il n'y a pas de jugement à porter sur le poids du volet financier par rapport aux autres critères. Ce que nous apprécions c'est de le connaître. Du reste, c'est une décision politique au sens noble du terme. Ceux qui n'apprécient pas les règles du jeu n'ont qu'à se retirer.

- Le fait de limiter à quelques dizaines de pages la consistance de l'offre ne représente-t-il pas un handicap?
- C'est vrai que c'est un exercice de précision et de rigueur dans l'expression. Il nous est demandé d'aller directement à un concentré de sens et d'explications. Evidemment, cela peut présenter quelques frustrations, surtout que nous avons beaucoup travaillé sur la connaissance du marché. Ceci dit, cette obligation d'arriver à un message concis à ses avantages, dont celui de permettre à tous les décideurs d'examiner les offres dans le détail. Un dossier de 200 pages aurait été délégué à des commissions techniques.

- Les candidats français dont Vivendi bénéficieraient de certains atouts dont le recours aux mécanismes de reconversion de la dette. Qu'en pensez-vous?

- Il y a d'autres atouts encore. Mais c'est difficile de juger. En tout cas, les critères de sélection sont très explicites.

- Beaucoup d'analystes estiment que la plupart des partenaires des tours de tables sont passifs. Qu'en est-il du vôtre?
- Nous avons cherché une certaine proximité culturelle et le maintien d'un niveau de participation équilibré. SBC est notre partenaire depuis quinze ans déjà et nous avons inclu des pays arabes représentés à travers la Somed (Société Maroc-Emiratie de Développement(1)) et Mena Finances. Côté marocain, nous nous sommes alliés à la première banque du Royaume avec un profil de clientèle populaire. On imagine sans peine quelle sorte de synergie, nous comptons développer. Pour Menafinance, l'alliance nous rapporte à la fois la confiance de certains pays du Golfe désireux d'investir au Maroc et aussi une synergie avec l'ONA, premier groupe du pays, notamment avec son Pôle Distribution. La BMCI pour sa part apporte les compétences de sa banque d'affaires. Le tour de table de Vivendi est le suivant: Vivendi: 42%, SBC: 28%, Somed: 8%, BCP: 4%, Mena finances: 4% et BMCI: 6% en plus des 8% de la CDG.

- Quel sera à votre avis l'impact de cette deuxième licence GSM sur l'économie nationale?

- Il peut être considérable. L'approche de chacun va faire la différence entre les opérateurs. Certains arrivent avec armes et bagages et d'autres comptent sur les compétences locales. C'est tout à fait notre cas. Nous souhaitons résolument nous appuyer sur les entreprises marocaines. Le but est de donner à ce projet l'effet de levier le plus large possible pour qu'il entraîne derrière lui et de façon durable des pans de l'industrie marocaine. Nous ferons en sorte que chaque Dirham ou Dollar investi profite le plus finement possible au tissu économique marocain. C'est à la fois un défi et un gage. C'est aussi le sens que nous donnons à l'accord signé avec le patronat

- Le cahier des charges tient-il compte de ce volet(2)?
- Oui, il en tient compte dans une clause intitulée cohérence globale du projet.

- Peut-on avoir une idée sur votre approche marketing du marché marocain?
- Les études que nous avons réalisées nous ont montré que les prix constituent un facteur important. Notre approche sera axée sur ce point, à la fois une baisse significative des tarifs et une cible populaire, notamment à travers les cartes prépayées.

- Que représente ce marché pour vivendi?
- C'est un projet fondamental. Nos experts, dont beaucoup de Marocains, ont travaillé près de 200.000 heures. C'est dire l'importance stratégique que nous y accordons. Le groupe a un axe de développement des télécoms à l'échelle internationale. Le Maroc en constitue cette année la pierre angulaire.

- Quand remettrez-vous votre offre pour la seconde licence GSM?
- Le 15 juin, une demi-heure avant la date-limite, probablement comme tous les autres.

Propos recueillis par Badra BERRISSOULE

(1) Elle a des activités dans l'hôtellerie, la pêche et l'industrie.
(2) De source patronale, il est précisé que ce volet ne représente que 5% et qu'il serait souhaitable de l'expliciter davantage.


Vous avez dit "top secret"


Le cahier de charges de la deuxième licence GSM fait l'objet d'une véritable polémique, non pas par son contenu, mais plutôt par son "caractère confidentiel". "En réalité, il relève du secret de Polichinelle, puisqu'on en fait un étalage dans toute la presse et que ce sont des centaines de collaborateurs étrangers et aussi nationaux au sein des consortium qui y ont accès. Il est plus facile d'en obtenir une copie à partir de Londres ou Paris que des autorités marocaines", s'indigne. M. Saïd El Amrani, vice-président de la Fédération des Secteurs Electriques et Technologies de l'Information (CGEM). Et d'ajouter en substance que
plusieurs associations professionnelles, la CGEM et l'AMETEL en tête, ont demandé en vain à l'ANRT à obtenir ce cahier des charges. Ceci est d'autant plus aberrant que les partenaires étrangers, les fournisseurs de leurs adhérents les consultent sur des bases chiffrées à partir d'éléments contenus dans ce document très confidentiel.
L'ANRT qui proclame haut et fort la transparence semble faire de la rétention d'informations.
Ce n'est d'ailleurs pas nouveau. Dans ce processus annoncé le plus transparent possible, l'Agence avait pourtant jugé bon de transmettre la liste des préqualifiés à l'AFP, ignorant la presse marocaine.

Badra BERRISSOULE

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