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    Economie

    Prévoyance sociale: Un système en deçà des attentes

    Par L'Economiste | Edition N°:272 Le 20/03/1997 | Partager

    La prévoyance sociale doit en principe constituer un rempart à la pauvreté. En réalité, elle reste en deçà des besoins et collectionne les dysfonctionnements. Seuls les travailleurs et leur famille bénéficient actuellement d'une couverture institutionnelle.


    La question de la taille de la population couverte se pose d'emblée dès lors qu'il s'agit de la prévoyance sociale. Seuls les travailleurs et leur famille bénéficient d'une couverture. Le reste entre en principe dans le champ de la solidarité nationale. Pour le secteur privé, une vingtaine d'organismes plus ou moins spécialisés se partagent les couvertures matérielles. La CNSS et la CIMR, régimes les plus connus, ont respectivement pour rôles de gérer les risques à court terme, la vieillesse, l'invalidité et de verser des revenus de remplacement aux retraités du secteur privé. Pour le secteur public, la Caisse Marocaine de Retraite (CMR) et le Régime Collectif d'Allocation-Retraite (RCAR) couvrent la vieillesse, l'invalidité et le décès des agents sous statuts publics.

    Faiblesse des prestations

    Quant à la CNOPS (Caisse Nationale des Organismes de Prévoyance Sociale), elle assure une prise en charge partielle des soins de santé des agents publics qui ont adhéré à une mutuelle de santé. A cela s'ajoutent les régimes internes d'entreprises.
    Au total, entre salariés des secteurs privé et public (familles comprises), 15% de la population marocaine est institutionnellement protégée.
    Au niveau des prestations servies, l'on retrouve presque l'intégralité des dispositions prévues par la convention 102 de l'Organisation Internationale du Travail (OIT) ratifiée par le Maroc. Celles-ci fixent les prestations minimales de sécurité sociale: allocations familiales, indemnités en cas de maladie, de décès, pensions de vieillesse, etc. Le Maroc a adopté, pour ses travailleurs salariés, toutes les prestations prévues par la convention à l'exception des prestations de chômage et des frais de soins de santé.
    Concernant les prestations de santé, le système actuellement en vigueur est celui de l'assurance sociale volontaire, dans lequel le droit de l'assuré dépend exclusivement de ses cotisations.
    Mais l'étendue de la couverture matérielle masque la faiblesse des prestations servies. Pour le régime de la CNSS par exemple (plus d'un million de salariés cotisants), la moitié des pensions de retraites distribuées étaient inférieures à 500 DH par mois (mais viennent cependant d'être relevées à ce niveau -500DH- avec effet rétroactif au 1er janvier 1996). Idem pour les prestations servies au titre des allocations familiales. «Des montants complètement déconnectés des réalités économiques», notait le Bureau International du Travail (BIT) dans un de ses rapports.

    Dysfonctionnements

    Les institutions internationales ont à maintes reprises eu à diagnostiquer la situation sociale du pays et n'ont pas manqué d'en relever les dysfonctionnements.
    Figurent dans la liste aussi bien un environnement économique défavorable (faible niveau de l'emploi salarié et de l'évolution du revenu des ménages) que des défaillances au niveau institutionnel (mauvais fonctionnement des organismes qui gèrent les risques sociaux).
    Au-delà de l'élargissement du champ des couvertures et du relèvement du montant des prestations, c'est la réforme même du dispositif de protection sociale qui se pose donc.
    Ajoutés aux défaillances d'un autre filet social, les programmes sociaux de l'Etat en l'occurrence (voir les scandales des cantines scolaires et les grincements de la Caisse de Compensation), ces problèmes ne font que confirmer la fragilité du système.

    Mohamed BENABID

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