×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Perspective 7.7 milliards Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Economie

    Automobile: Recul de la sinistralité

    Par L'Economiste | Edition N°:272 Le 20/03/1997 | Partager

    Selon les premières estimations de la FMSAR, la sinistralité matérielle a connu en 1996 une baisse de 30% en volume et 10% en valeur. La tendance avait été constatée pour 1995. Le recul vaut également pour les dommages corporels mais est moins prononcé. La majoration pour sinistres, le malus, a contribué en grande partie à ce résultat.


    «L'assurance automobile commence à devenir juteuse pour les compagnies d'assurances», déclarait il y a quelques mois à L'Economiste Mlle Zoulikha Nasri, directrice des Assurances et de la Prévoyance Sociale. Elle avait alors rappelé que l'assurance automobile avait en 1995 contribué à hauteur de 40% au chiffre d'affaires du secteur.
    De nouveaux chiffres confortent ses propos: la baisse de la sinistralité automobile. Selon les premières estimations de la Fédération Marocaine des Sociétés d'Assurances et de Réassurances (FMSAR), la sinistralité matérielle a enregistré en volume une baisse de 30% en 1996. Les chiffres pour ce dernier exercice ne sont pas encore arrêtés. Mais les estimations ne risquent pas de changer ostensiblement (le secteur évalue de 10 à 15% les dossiers qui n'ont pas encore été déclarés). En valeur, la sinistralité matérielle n'a baissé que de 10%.
    Le recul est attribué aux effets du malus introduit en 1994.
    La majoration pour sinistre a apparemment découragé plus d'un automobiliste à demander réparation auprès de son assureur.
    Les effets du malus expliquent notamment la raison pour laquelle la baisse a particulièrement affecté les petits sinistres, les conducteurs étant moins incités à déclarer les petits montants qu'ils peuvent négocier aimablement.

    Coûts des sinistres


    Une tendance baissière a également été observée pour les sinistres corporels mais n'a pas été jugée significative. D'ailleurs, les chiffres sont à ce niveau très approximatifs, les sinistres mettant généralement plus de temps à se dénouer(1). Les assureurs excluent que le malus ait été déterminant dans ce cas. Ils attribuent la baisse plutôt aux effets des campagnes de prévention. Mais l'hypothèse reste à confirmer. Les chiffres sur la sinistralité peuvent laisser penser que la branche se porte mieux. Les assureurs tiennent à apporter quelques réserves, notamment celles relatives aux parts respectives des sinistres matériels et corporels dans le coût total du sinistre automobile.
    La baisse en valeur de 10% est relativisée puisque le sinistre corporel entre pour 85% dans le coût total du sinistre automobile. Entre le matériel et le corporel, les assureurs estiment finalement la baisse de la sinistralité automobile à 2-4%. Globalement, les assureurs jugent que ces nouveaux chiffres ne devraient pas bouleverser les données structurelles de l'assurance automobile qui demeure «sous-tarifée». «La baisse de la sinistralité doit être corrigée par rapport aux augmentations du SMIG et de l'inflation».

    Ces chiffres sur la sinistralité automobile concernent des exercices passés, mais ils pourraient néanmoins figurer parmi les principaux éléments de négociation entre les compagnies d'assurances et le Ministère des Finances sur le projet de libéralisation du tarif automobile. Les discussions entre les deux parties sont en cours depuis quelques mois.
    Cette dépendance à l'égard de données statistiques antérieures, la sinistralité notamment, constitue l'essence même de la production en matière d'assurance: à la différence d'autres activités, le prix de vente (prime d'assurance) est fixé avant que le prix de revient ne soit déterminé. Cette constatation est valable en particulier pour les assurances de dommages, l'assureur ne pouvant connaître d'avance et avec exactitude l'indemnité qu'il aura à verser. Même constat pour les assurances-vie. Car même si le capital est fixé dans le contrat, l'assureur ne peut pas connaître d'avance le montant des primes qui seront perçues, sauf en cas de prime unique, chose rare.

    (1) En moyenne, les sinistres matériels mettent deux ans avant leur liquidation contre 15 ans pour les sinistres corporels.

    Indemnisations: 3,8 milliards de DH en 1995


    Le montant des indemnités versées aux assurés en 1995 s'est élevé à 3,8 milliards de DH, contre 3,86 en 1994. La part des assurances de dommages dans le total des indemnités versées est de 57,13%. Celles-ci ont atteint 1,7 milliard en 1995 après 1,9 en 1994. La part de l'automobile dans la branche dommages reste majoritaire: 1,31 milliard de DH, soit 74,25% de l'ensemble des prestations payées. En revanche, cette part a connu une baisse de 14,6% par rapport à 1994. Les sinistres payés en matière d'assurance de personnes voient leur part diminuer de près de 7 points par rapport à 1994 avec un taux de 42,86%. Les prestations versées à ce niveau ont atteint 2 milliards de DH en 1995 contre 1,9 en 1994, soit une hausse de 6,75%. Avec 825,88 millions de DH, l'assurance-vie concentre une grande part des indemnités versées au titre de la branche assurance de personnes.o

    Mohamed BENABID





    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc