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    Economie

    «L'école n'est qu'un agent coéducatif»

    Par L'Economiste | Edition N°:272 Le 20/03/1997 | Partager

    En partant des vérités premières ou «banalités» sur l'éducation, M. Fauroux construit un cheminement qui mène vers l'implication de tous dans l'école. L'entreprise, la famille et la société sont plus que jamais interpellées.


    «L'ecole, l'affaire de tous», cette vérité première ne manque pas de revenir chaque fois qu'il y a débat sur l'éducation. M. Roger Fauroux, ancien ministre français de l'Industrie et de l'Aménagement du territoire et président de la Commission Fauroux (voir notre rubrique Managers en page 14), a voulu que cette vérité et d'autres soient rappelées et analysées lors d'une conférence.
    Sous le thème «Quelle éducation pour demain?», cette rencontre a été organisée le 18 mars à Rabat par le Ministère de l'Education Nationale. Le lendemain, M. Fauroux a été invité par l'Association 2020 pour animer un déjeuner-débat. Il y a été débattu notamment de l'étude qu'avait effectuée l'Association sur le système éducatif.
    Selon M. Fauroux, aborder les problèmes de l'éducation revient à analyser ses «banalités», qui constituent en fait ses fondements. Pour avoir été chargé de mission en 1960 au cabinet de M. Joxe, ministre de l'Education de l'époque, et président de la Commission de Réflexion sur l'école toujours au MEN en France, de 1995 à 1996, M. Fauroux a traité principalement de la situation française. Mais il estime qu'avec la mondialisation les situations de tous les pays convergent. «Les thérapies peuvent être les mêmes», estime-t-il. A ses yeux, le système marocain étant plus jeune, la correction des erreurs peut être plus facile. L'école, explique-t-il, n'est qu'un agent «coéducatif», l'entreprise ayant également un rôle à jouer. A ce titre, M. Mourad Chérif, directeur général de l'OCP, a présenté la convention qu'a signée l'Office avec le MEN marocain.

    Cohésion sociale


    Première vérité lancée: l'importance de l'éducation pour l'avenir d'une nation. «La mondialisation pose à jamais le problème de la compétitivité de l'entreprise», renchérit M. Fauroux.
    Deuxième vérité: l'éducation est à la base de l'équilibre social. La même idée sera reprise par Mme Annick Coulon, consultante internationale: «L'éducation favorise la cohésion sociale». Le fanatisme et l'extrémisme se nourrissent de l'ignorance, ajoute-t-elle. Parmi les recommandations auxquelles est arrivée la Commission de Réflexion du MEN en France figure l'enseignement des différentes cultures et notamment des religions monothéistes, chose qui jusque-là a été impossible avec la laïcité de l'école française. A la même conclusion est parvenue l'étude effectuée par l'Association 2020. Elle recommande également l'enseignement des langues étrangères à l'école primaire.
    En outre, la question urgente à laquelle doit répondre l'école est sans conteste comment produire des hommes utiles. «Au bout de cinq ans, l'enfant est soit gagné, soit perdu».

    Autre vérité première, «l'école fonctionne pour les enfants, donc pour la société. Après 120 ans d'école obligatoire en France, plus de 10% des jeunes Français sont illettrés», indique M. Fauroux. Les raisons sont liées notamment à la défaillance pédagogique et à des désordres affectifs. «La classe est une tâche lourde qui suppose une préparation différente des instituteurs. Il s'agit d'inclure dans leur formation des éléments de connaissance, notamment culturels».
    Au Maroc, plus que l'illettrisme, c'est l'analphabétisme qui sévit (plus de 55% dont 89% de sexe féminin). En France, même les fermes ne peuvent accueillir ces illettrés puisque l'exploitation y devient compliquée. Ce qui pose le problème de l'adéquation entre les performances de l'école et de la société. A ce niveau, les intervenants ont tenu des propos divergents. Pour M. Fauroux, il est impensable de reconnaître des mérites à l'école si en aval l'insertion sociale est difficile. Selon lui, l'entreprise et l'école doivent coopérer afin d'anticiper les besoins. Mme Coulon estime pour sa part que cette solution n'est pas envisageable puisque les entreprises elles-mêmes ne peuvent prévoir l'évolution du marché. Pour elle, l'école doit avant tout transmettre des valeurs.

    Malika El JOUHARI

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