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    Economie

    Ports: Des scénarios pour un changement

    Par L'Economiste | Edition N°:308 Le 11/12/1997 | Partager

    Le secteur portuaire passe au crible des analystes de la Banque Mondiale. Dominé par un monopole public réducteur de l'offre privée, il souffre de plusieurs maux.


    Encore une fois, une tempête de critiques s'abat sur l'ODEP. Aujourd'hui c'est la Banque Mondiale (BM) qui pointe le doigt sur ses défaillances et ce, à travers son récent rapport sur la participation privée dans le financement des infrastructures.
    D'emblée, l'institution internationale liste les points noirs: «La réussite même de l'ODEP est à l'origine de certaines dérives institutionnelles». L'Office s'est vu chargé de nouvelles missions de puissance publique face à une marginalisation progressive de l'Administration. La décision de lui confier techniquement et financièrement la construction du port de Dakhla alourdit sa gestion. D'ailleurs, la réalisation de ce port du Sud par une entreprise roumaine connaît quelques problèmes.
    Le rapport reconnaît cependant «la forte amélioration de la productivité portuaire» ayant au moins doublé au cours des dix années écoulées. Autre point sombre au tableau: «Le renchérissement des prestations de l'ODEP». Sur ce registre, le rapport note que le politique tarifaire illustre bien le comportement monopolistique puisqu'en régime concurrentiel les gains de productivités auraient été transférés aux clients du port. Cela n'a pas été le cas. «L'usager paie le service à l'ODEP de 25 à 30% plus cher qu'il ne le ferait dans un système concurrentiel». De même, «les usagers dénoncent le fait que l'Office prenne rarement à son compte le coût des avaries et des manquants en raison du manque de pointage contradictoire lors du transfert de la responsabilité de la marchandise entre bord et terre».

    «Les responsabilités financières mal définies et manipulables» complètent le tableau. L'Etat utilise le cash-flow substantiel de l'ODEP pour faire face aux besoins de trésorerie à court terme. Ce-ci risque de devenir fréquent et pousser l'Office à augmenter ses tarifs de façon anormale au détriment de l'entretien. Autre grief: l'ODEP prend des participations dans des sociétés d'Etat dont les activités sont éloignées des siennes comme c'est le cas pour l'ADM (Autoroutes du Maroc). Toujours sur le registre financier, l'Office supporte le poids des subventions que l'Etat accorde aux exportations des produits agricoles, de pêche et des minerais en leur concédant des tarifs réduits.
    Ces différents points noirs provoquent à coup sûr le mécontentement des usagers portuaires. Les importateurs et les exportateurs sont en effet «assez unanimes à percevoir l'ODEP comme un obstacle» à la compétitivité internationale de l'industrie marocaine. D'ailleurs, des exportateurs marocains ont signalé avoir déjà perdu certains de leurs débouchés européens par manque de maîtrise de délais de livraison. Cela se produit au moment ou le système du «juste à temps» s'impose comme instrument essentiel de réussite à l'exportation.

    Les professions portuaires s'en mêlent. Elles mettent en cause son rôle dans le pointage qui doit se faire d'une manière contradictoire entre le manutentionnaire à bord et le représentant du navire. L'ODEP le fait en arrière dans le terre-plein ou dans le magasin. Il est également stigmatisé pour des tarifications où «son intervention est inutile». Le rapport cite «les manutentions par roulage ou encore le pilotage et le remorquage facturés aux bateaux à Tanger sans service rendu». La gestion des ports par péréquation comporte le risque de gaspiller les ressources dans des installations sans avenir. Face à ce tableau sombre, des lueurs pointent cependant à l'horizon. Plusieurs scénarios sont envisagés. Mais celui qui retient l'attention vise à dissocier les fonctions régaliennes portuaires des autres et réserver les fonctions commerciales au secteur privé, recette déjà opérationnelle dans de nombreux pays en développement du Sud-Est asiatique. Cette option redistribue autrement les rôles.

    La Direction des Ports recentre sa fonction sur une mission régalienne: sécurité de la navigation, gestion du littoral notamment. Dans ce schéma, l'ODEP devient l'autorité portuaire, gestionnaire du domaine public et régulateur des activités commerciales. Quant à ces dernières, elles seront assurées par des opérateurs privés dans un cadre contractuel de concessions ou de licences d'exploitation attribuées et contrôlées par l'Office. Pour la BM, cette solution présente le mérite de créer une dynamique entre les ports et de désengager l'ODEP des activités commerciales. Celles-ci comprennent les services de pilotage, remorquage, laminage, manutention, stockage, entretien des infrastructures y compris le dragage des accès et des plans d'eau.

    Mohamed CHAOUI

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