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Politique: Bouteflika veut remobiliser l'Algérie

Par L'Economiste | Edition N°:517 Le 28/05/1999 | Partager

· Le Président tend la main aux Islamistes armés, appliquant ainsi la loi de la "Rahma"

· Ses priorités résident dans la réforme de la Justice, la lutte contre les mauvaises pratiques de l'Administration, l'encouragement des investissements et la réforme de l'enseignement

Abdelaziz Bouteflika, Président de l'Algérie depuis le 27 vavril dernier, a prononcé samedi soir le discours tant attendu. S'adressant pour la deuxième fois au public depuis son investiture, il a appelé l'ensemble des Algériens à se mobiliser pour la paix. Il a même lancé un appel aux Islamistes armés pour qu'ils réintègrent la société algérienne. Il se place ainsi sur la même ligne que son prédécesseur Liamine Zéroual et applique la loi sur la "Rahma" (clémence). Depuis sa promulgation en 1995, cette loi a déjà permis la reddition de quelque 5.000 Islamistes "repentis".
Le nouveau Président a affirmé qu'il était disposé " dans le cadre des lois de la République, à prendre des mesures qui permettront aux terroristes de reprendre leur place au sein de la société".
"Un élan est possible aujourd'hui. L'Algérie a besoin de tous ses enfants. Cet élan est possible si l'Algérie sait assumer avec responsabilité et sérénité les séquelles du déchirement national", a-t-il assuré. Il n'a pas fait allusion aux rumeurs qui circulent dans la presse algérienne depuis quelques jours, selon lesquelles il serait en négociation avec le Front Islamique du Salut (FIS). Il n'a pas évoqué non plus la trêve unilatérale qu'observe depuis le 1er octobre 1997 l'Armée Islamique du Salut (AIS), le bras armé du FIS. Par contre, il a rendu un vibrant hommage aux forces de sécurité et à l'armée, qui doit recevoir "la considération et la reconnaissance" des Algériens.

Par ailleurs, M. Bouteflika a fait un triste bilan de la situation économique et sociale de l'Algérie, en soulignant que l'Etat est "malade de ses institutions" et que "l'Administration est malade de ses pratiques de passe-droits et de clientélisme, des abus d'autorité, des privilèges inconsidérés et du détournement impuni des ressources collectives". Il s'est engagé à réformer la Justice, à combattre la corruption et les lourdeurs administratives. Il a promis également d'encourager l'investissement pour créer des emplois et faire redémarrer la machine économique. Selon lui, des investissements favoriseraient la production dans le pays et allégeraient le poids des importations. Le Président algérien a assuré que "toutes les garanties et facilités" seraient accordées aux investisseurs étrangers. Une des autres priorités de son quinquennat consistera pour le Président à réformer le système éducatif, dont le niveau a baissé de manière dramatique. "L'heure est venue d'engager une véritable réforme de l'école", a-t-il déclaré. Aujourd'hui, le taux de réussite au baccalauréat se situe autour de 20%.


Bilan humain et social


Les violences en Algérie depuis 1992 ont fait plus de 30.000 morts selon des sources officielles, et plus de 100.000 selon des sources occidentales. Le Mouvement Algérien des Officiers Libres (MAOL) évalue le nombre de morts, en août 1998, à 173.000 depuis le début de la crise. Sur 29,3 millions d'habitants, le pays compte 14 millions de pauvres, selon le Conseil économique et social algérien. L'Algérie compte 2,3 millions de chômeurs, soit près de 30% de la population active. Elle est passée en 1994 d'une économie étatisée à une économie de marché, sous la contrainte du FMI. Ce passage a provoqué la fermeture de 1.000 entreprises publiques déficitaires et la mise au chômage de 400.000 salariés. La situation du pays est grevée par la chute des prix du pétrole, qui lui rapporte 97% de ses rentrées en devises, et par le poids de la dette extérieure, qui se monte à près de 30 milliards de Dollars.

Nadia BELKHAYAT (AFP)

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