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Economie

Pêche: L'accord, deux ans avant l'échéance fatidique

Par L'Economiste | Edition N°:308 Le 11/12/1997 | Partager

Le dernier Accord de Pêche se dessine sous la contrainte de la préservation de la ressource. Le souci des armateurs marocains est de ne pas voir les bateaux communautaires remplacés par une flotte locale.


Maintenant, c'est clair. L'Accord de Pêche entre le Maroc et l'Union Européenne ne sera pas reconduit à son expiration en 1999. La Commission mixte Maroc-UE chargée de la pêche réunie les 3 et 4 décembre à Rabat s'est mise d'accord une bonne fois pour toutes sur ce point. Finalement, le Maroc aura eu raison de ses partenaires européens. La surexploitation de la ressource aura été un argument suffisamment convain-quant pour en faire le dernier accord.
Le principe de non-reconduction de l'Accord de pêche imposé par le Maroc le jour de la signature de celui-ci avait entraîné de vives réactions surtout de la partie espagnole. Mme Emma Bonino, commissaire européen à la Pêche, n'avait pas manqué de faire des déclarations «fracassantes» lors de l'ouverture de l'Europartenariat Pêche 97. «Le Maroc est souverain, mais attention n'oubliez pas que les relations avec l'UE s'inscrivent dans un contexte politique, économique et commercial», avait-elle indiqué en substance. L'intérêt a fini par céder la place à la raison. Ainsi, toutes les dispositions prises, qu'elles soient dans l'accord ou qu'elles fassent suite à cette révision à mi-parcours, visent à limiter la surexploitation de la ressource.

Concernant les clauses de l'Accord, elles prévoient la réduction du nombre de navires communautaires à 517 à partir du 1er décembre 1997. En contrepartie, le Maroc perçoit une compensation financière qui, pendant cette troisième année, est de 126 millions d'Ecus, soit 1,386 milliard de DH. A ce montant s'ajoutent les licences, les redevances et frais d'observateurs qui s'élèvent à environ 14 millions d'Ecus, soit 154 millions de DH.

Problème des poulpiers


Par ailleurs et à partir de cette troisième année de l'Accord, la totalité des onze senneurs (sardiniers) européens autorisés devront opérer au Sud de Boujdour. De même, 15 céphalopodiers communautaires débarqueront obligatoirement leurs captures dans les ports marocains. Ce chiffre sera porté à 25 navires depuis le 26 novembre au lieu de 12.
Quant aux mesures adoptées dans le cadre de cette révision, elles visent le même objectif, éviter une sur-exploitation des ressources halieutiques. Deux grandes mesures sont prises. La première concerne le maintien pour l'année 1998 de quatre mois de repos biologique pour la pêche céphalopodière et espèces associées. La période est fixée aux mois de mars-avril et de septembre-octobre.

La seconde mesure vise l'interdiction à partir du 1er mai 1998 de l'utilisation de chaluts de pêche aux céphalopodes confectionnés en fils de gros diamètre non sélectifs. Ces fils avaient été introduits par certains armateurs après l'interdiction de l'usage du double fil.
Ces mesures s'appliquent, non seulement à la flotte communautaire autorisée à exploiter cette pêcherie dans les eaux marocaines situées entre Boujdour et Lagouira, mais également aux flottes nationales aussi bien artisa-nale, côtière que hauturière.
Le doigt est ainsi mis sur le véritable point de discorde entre le Ministère et les professionnels. Tous s'accordent sur la nécessité de prendre les mesures nécessaires à la préservation de la ressource. La réduction graduelle de la flotte communautaire et sa disparition des eaux marocaines d'ici deux ans
est motivée par cette contrainte.
Maintenant, souhaitent les professionnels, il faut éviter de tomber dans un problème maroco-marocain. En d'autres termes, il ne faut pas réduire la flotte communautaire pour la remplacer en quantité par l'équivalent en flotte marocaine. Il en va de la crédibilité de la politique de la gestion de la ressource, explique un représentant de l'ACM. Les armateurs ne veulent pas être les «dindons de la farce».
Le laxisme des pouvoirs publics à l'égard des engins poulpiers depuis quelques années déjà les rend sceptiques. Leur nombre est en effet actuellement de plus de 3 millions, alors qu'il avait été limité à 30.000 unités (Cf L'Economiste N°307 du 4 décembre).

Fatima MOSSADEQ

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