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    Entreprises

    Négociations à IBM

    Par L'Economiste | Edition N°:55 Le 26/11/1992 | Partager

    Mercredi dernier, les négociations devaient reprendre, entre le personnel d'IBM, qui a prolongé sa grève, et les représentants d'IBM France. La présence du délégué du Ministère du Travail devait apaiser la tension.
    Le personnel continue d'affirmer qu'il est victime d'une "rupture de contrat de travail" de la part d'une entité, "l'Agence IBM France au Maroc", qui sera appelée à changer de statut, de nature et donc à disparaître.
    "L'Agence est une succursale régie par le droit français, sans capital ni actionnaires marocains", expliquent ses collaborateurs. Ils rappellent aujourd'hui qu'ils exerçaient sous le régime du droit du travail marocain. C'est une précision qu'ils ne manquent pas de relever. Ils deviendraient, avec le changement du "mode d'opérations" des salariés d'une nouvelle entreprise. La rupture juridique est là et justifie à leurs yeux le versement d'indemnités lors de leur passage à la filiale d'IBM. IBM pour sa part réfute cette notion de "rupture" dans l'existence de la société. Elle continue d'affirmer que son conseil juridique peut plaider la continuité de l'entreprise sous ses deux formes.
    Le montant des indemnités devrait être, selon le personnel, conforme aux usages d'IBM: il y a même des précédents au Maroc.
    Des indemnités et même des prêts aidant à la réinstallation avaient été octroyés.
    Le changement de statut actuel entre d'ailleurs dans le cadre d'une politique du géant de l'informatique, "de restructuration à l'échelle mondiale", où les préjudices du départ ont été compensés. "Ce mouvement a pour objectif l'amélioration de la réactivité d'IBM par l'allègement de ses procédures et la réduction de ses effectifs". IBM y trouve donc son compte.
    Comment d'ailleurs en serait-il autrement. IBM, rappelle son personnel, est fondée sur une éthique "la satisfaction des clients, des actionnaires et des employés La satisfaction du personnel se concrétise à travers le respect de l'individu et le principe de traitement équitable".
    Dans le cas de la filialisation de l'agence IBM, et par rapport aux opérations réalisées dans les autres pays africains, "le personnel estime qu'en ce qui le concerne les principe du traitement équitable n'a pas été respecté", et que le propositions avancées sont "nettement" inférieures à celles octroyées à leurs collègues sur le continent.
    IBM indique que le cas de l'Algérie, par exemple, n'est pas similaire. Les indemnités octroyées au personnel algérien compensaient des cotisations retraites qui n'avaient pas été versées, pour des raisons tout à fait légales.
    Ce conflit est d'ailleurs une première au Maroc, impliquant l'ensemble du personnel, cadres et directeurs inclus.
    Longtemps, IBM a été, dans les esprits, un exemple de bonne gestion, de réussite. C'est toute cette culture d'entreprise qu'ils craignent de perdre, avec la filialisation: "la porte ouverte", qui permet de passer outre la sacro-sainte voie hiérarchique est la pratique qu'aucune autre entreprise ne peut supporter. Cette méthode ne reflète d'ailleurs que le respect de l'individu de l'"IBMer", qui acquiert une "citoyenneté d'entreprise".
    En retour le personnel d'IBM est fidèle: "l'ancienneté moyenne est de 20 ans au Maroc". "Nous avons investi en temps, en dévouement, parce que nous comptions accomplir toute notre carrière dans la compagnie". Certains rappellent les opportunités, plus lucratives, qui leur ont été offertes, qu'ils n'ont pas saisies, par attachement aux valeurs de la compagnie.
    C'est la "précarité" de l'emploi que le personnel redoute à terme. La nouvelle filiale bénéficiera d'une concession d'exploitation de la marque pour 3 ans, non-renouvelable automatiquement. "IBM-France refuse de s'engager sur la durée de sa participation majoritaire dans la nouvelle unité", indique le personnel.

    K. B.

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