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    Minitel: L'expansion dans l'attente de réseaux

    Par L'Economiste | Edition N°:51 Le 29/10/1992 | Partager

    Le Minitel a été introduit au Maroc après un succès public en France. Mais son expansion est encore limitée dans l'attente du renforcement du réseau de télécommunication de l'ONPT. Un parallèle entre les cas des deux pays explique la différence de résultats.

    Est-ce que le Minitel existe au Maroc? C'est une question à laquelle tout ingénieur télécoms marocain a eu à répondre, généralement non sans embarras, vu les préalables qu'il doit détailler avant de pouvoir y répondre correctement.
    Prenons donc toutes nos aises pour détailler l'ensemble des concepts qui se cachent derrière ce petit mot qu'on a souvent vu utilisé et pas toujours à bon escient.
    D'abord, un brin d'histoire pour comprendre l'éclosion du phénomène Minitel en France. Dans les années soixante-dix, France Télécoms a considérablement augmenté son infrastructure téléphonique et a ainsi disposé d'une grande capacité en termes de lignes téléphoniques et donc en termes de nombre d'appels simultanément traités, cette capacité était tellement importante qu'elle dépassait largement la demande du marché (entreprises et ménages) pour l'utilisation conventionnelle du téléphone, à savoir la communication vocale.

    Simplicité d'utilisation

    Le souci de rentabiliser cette infrastructure télécoms déjà en place poussait les autorités télécoms françaises à réfléchir à la création d'un nouveau service, autre que le transport de la voix, qui ferait utiliser les équipements et lignes téléphoniques et qui augmenterait par la même occasion leur rentabilité. La téléinformatique grand public ou télématique était alors en gestation.
    Mais qui dit téléinformatique grand public dit "terminal" permettant à ce même grand public d'accéder à des services informatiques en utilisant le réseau téléphonique. Ce "terminal grand public" devait avoir comme caractéristiques principales un prix bas, une simplicité maximale d'utilisation, la fonction visualisation du texte et des images simples et la possibilité de se connecter directement au réseau téléphonique public. Un cahier des charges fut rédigé dans ce sens et ce "terminal grand public" fut baptisé Minitel.
    Le coût relativement bas du Minitel a permis à France Télécoms de le donner soit gratuitement dans certaines régions, soit moyennant une caution dans d'autres, et cette distribution a permis de créer un marché d'utilisateurs potentiels de services informatiques grand public, ceci a permis à certains services de voir le jour tels que l'annuaire électronique qui est un service directement offert par France Télécoms.

    Service kiosque

    Mais pour ne pas cantonner l'utilisation de ces Minitels aux seuls services directement offerts par lui, et pour augmenter par la même occasion la consommation téléphonique induite, l'opérateur public français, France Télécoms, avait tout intérêt à encourager des sociétés tierces à offrir leurs propres services grand public tels que bases de données diverses, messagerie et autres services de jeux et petites annonces. Pour ce faire, France Télécoms a instauré un service appelé "Le kiosque: 36-14, 36-15, 36-17 ". Ce service kiosque permet à n'importe quel abonné téléphonique d'accéder à n'importe quel serveur grand public (bases de données, messagerie, etc), mais permet aussi, et surtout, de rémunérer le prestataire du service par une ristourne qui lui est effectuée par France Télécoms sur la base d'un montant que ce dernier aurait inclu dans la facture téléphonique de l'abonné consommateur du service; en d'autres termes, quand un abonné téléphonique consomme un service, France Télécoms lui facture ce service et opère une ristourne au prestataire du service.
    L'aubaine lucrative provoquée par ce service kiosque a encouragé bon nombre de sociétés à proposer leurs propres serveurs, ainsi des services bases de données générales ou spécialisées ont vu le jour, ainsi que des services de messagerie, jeux et autres divertissements plus ou moins sains.

    Norme Vidéotex

    Mais permettre, aux ordinateurs supportant ces services de communiquer avec ces nouveaux terminaux qu'étaient les Minitels, imposait la définition d'un protocole commun de dialogue: c'était la norme Vidéotex.
    Essayons maintenant de répondre à notre fameuse question "Est-ce que le Minitel existe au Maroc?".
    On peut répondre maintenant aisément que s'il s'agit du petit terminal généralement marron et noir avec un clavier pivotant, la réponse est oui, chacun de nous l'a déjà vu dans le bureau du financier de sociétés clientes de certaines banques de la place ou dans les locaux des délégations du Ministère de l'Industrie et du Commerce.
    Par contre, la réponse est négative s'il s'agit de la pléthore de services Vidéotex existant en France. Mais la préoccupation Vidéotex n'est nullement absente de la stratégie de l'opérateur public marocain, l'ONPT.
    En effet, l'absence du phénomène Minitel dans les proportions françaises est due, non pas à une exclusion de la composante Vidéotex de la stratégie de l'ONPT, mais à la priorité accordée par ce dernier à la modernisation et au renforcement de l'ossature centrale ou "Back Bone" du réseau de télécommunications marocain, ce qui se traduit pendant les dernières années par le déclenchement de travaux pour une augmentation considérable du nombre de lignes téléphoniques et aussi par la mise en service du réseau public de transmission de données Maghripac.

    Confiance

    La priorité accordée par l'ONPT à la modernisation de ce "Back Bone" était donc toute naturelle puisqu'il constitue l'infrastructure de base nécessaire au développement de tout service télécoms plus évolué.
    Suite à cela, l'ONPT a mis en place un réseau Vidéotex public au Maroc, avec un souci de développer, en premier lieu, le Vidéotex professionnel ou spécialisé et non pas le Vidéotex grand public, ce qui se traduit concrètement par la possibilité de toute société ou organisme de développer son propre serveur qu'il installe dans la ville de son choix, prenons pour l'exemple Marrakech, et de l'ouvrir à une population ciblée mais géographiquement non forcément localisée au même endroit.
    Les utilisateurs de Oujda, Marrakech, Casa et n'importe quelle autre ville vont pouvoir, par le biais de ce réseau Vidéotex, établir une communication avec le serveur de Marrakech de la même manière, et surtout avec les mêmes redevances télécoms, à savoir 1DH/minute indépendamment de la distance entre l'utilisateur et le serveur.
    Cette redevance est facturée à l'appelant, c'est-à-dire l'utilisateur, et aucune ristourne n'est effectuée au prestataire, puisque le service kiosque n'est pas encore offert par l'ONPT.
    Nous avons vu ce qu'est le Minitel. Nous avons vu ce qui n'existe pas et surtout ce qui existe au Maroc dans le domaine du Vidéotex. La réussite de ce projet comme de tout autre projet dépend de la confiance que tout le monde lui fait. N'est-ce pas là justement le slogan de notre opérateur national Ittissalat Al Maghrib.

    Abdellatif BENIDER

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