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    Société

    Mines antipersonnel
    L’indemnisation des victimes hypothéquée

    Par L'Economiste | Edition N°:2639 Le 26/10/2007 | Partager

    . Des procédures kafkaïennes étouffent le dossier. Sans PV, le dédommagement serait aléatoire . Le CCDH, une issue de secours? Il y a des drames qui vous explosent à la figure. Brahim Al Idrissi, 25 ans, natif de Laâyoun est musicien… mutilé. «Une mine antipersonnel m’a éclaté entre les mains à l’âge de 12 ans», raconte-il. Son frère Boujmaâ, qui en avait à peine dix, a été lui aussi gravement blessé. Les deux gamins ont survécu… Brahim a toute fois perdu la vue, son bras gauche et les doigts de sa main droite. Au Maroc, ce cas n’est pas isolé. «Il y a eu plus de 300 personnes blessées et plus de 200 morts. Ces chiffres ne concernent que les victimes civiles enregistrées depuis 1976 jusqu’à 2007», affirme le président de l’Association marocaine des victimes des mines antipersonnel (AMVM), Noureddine Darif. D’après nos investigations rares sont les statistiques disponibles. Il existe toutefois «des données auprès de la Minurso et de la direction de la Défense», souligne des sources concordantes. En janvier dernier, notamment après le décès du parlementaire Mohamed Khatri Joumani suite à une explosion de mines, des chiffres plus ou moins «officiels» ont atterri sur le site de la MAP. On pourra compter ainsi «2.144 victimes de mines antipersonnel» aussi bien chez «les militaires que les civils».Toujours est-il qu’un brouillard institutionnel couvre ce dossier. Un dossier jugée «sensible» en raison de la «permanence du conflit sur le Sahara-Occidental», soulignent des sources de la Croix-Rouge. A noter aussi que le Maroc n’a pas jusqu’à présent signé la convention d’Ottawa du 18 septembre 1997. Elle vise l’interdiction de l’emploi, du stockage, de la production et du transfert des mines antipersonnel et leur destruction. Les premières mines ont été déposées par «les Espagnols pour contrer l’armée de libération. Il y a eu ensuite celles déposées par le Maroc et le Polisario», précise le président d’AMVM. Une manœuvre qui marque le déclenchement du conflit lors des années 1970. Les mines sont pour la plupart d’origine américaine ou russe. Côté marocain, «l’armée dispose d’une carte de localisation. Elle lui sert d’ailleurs à déblayer le terrain lors du passage des compétiteurs du Rallye Paris-Dakar», avance l’AMVM. Pour l’instant, les mines antipersonnel continuent depuis plus de 30 ans à faire des victimes au Maroc. La dernière en date remonte à janvier dernier. Les opérations de déminage semblent êtres irrégulières. Elles n’ont été relancées qu’après la mort de hauts représentants, notamment un parlementaire du parti de l’Istiqlal», affirme une source. D’ailleurs, elles comptent reprendre «durant le mois d’octobre». La nature sablonneuse du sol ne facilite pas la tâche. Les dunes se déplacent et les mines avec. En plus, il y a aussi le problème des secours. Lorsque les explosions surviennent dans des lieux isolés ou éloignés comme Tirafy, Zag, FoumZguit… «Il n’existe pas d’ambulance tout terrain spécialement équipée pour ce genre de situation et les victimes sont souvent des nomades ou éleveurs. Face à ces conditions, le sauvetage s’avère difficile, voire impossible», explique une source de la Croix-Rouge. Les hôpitaux les plus proches sont au moins à plus d’une centaine de kilomètres, soit à Agadir ou Marrakech. Juridiquement, c’est l’Etat marocain qui doit dédommager ses citoyens. «Plusieurs victimes n’ont pas de PV de constat, surtout celles d’avant les années 1990. Cette pratique semble changer», avance l’AMVM. Les PV devraient en principe êtres remis par la Gendarmerie royale. D’après le témoignage d’Al Idrissi, dont l’accident est survenu le 9 septembre 1994, il ne dispose pas de ce fameux PV! Or c’est un élément de preuve pour se constituer partie civile et revendiquer le dédommagement aussi bien auprès de la justice que de l’Agence judiciaire. Celle-ci est une institution liée au Secrétariat de la défense. «Elle s’occupe en partie d’indemnisation», précise Darif. Le volet procédural est kafkaïen. Le Conseil consultatif des droits de l’homme (CCDH) a été récemment saisi par des victimes. «Or cela ne relève pas de ses compétences, car il se charge des victimes des Années de plomb. Il se pourrait qu’une solution alternative soit trouvée», explique un haut responsable au CCDH. Surtout que l’Instance équité et réconciliation a fait des recommandations dans ce sens. Mais pour l’heure, les victimes des mines antipersonnel continuent à traîner leur galère et leur droit avec. Faiçal FAQUIHI

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