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Entreprises

Même si vous êtes petites, Mmes les entreprises, apprenez à penser global

Par L'Economiste | Edition N°:454 Le 02/03/1999 | Partager

Les administrations lancent des appels désespérés aux entreprises, de manière à préparer mieux qu'en 1993 le nouveau round de l'OMC. Silence radio...

En 1993, le monde des affaires marocain était indigné: pourquoi l'Administration avait-elle laissé les entreprises en dehors du processus d'élaboration de l'accord qui allait être signé l'année suivante à Marrakech dans le cadre de l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC)?

Reproches publics


Les critiques allaient bon train et elles avaient raison: il est impossible à une administration, aussi compétente, aussi brillante soit-elle, de faire le tour complet de tous les cas de figures qui peuvent se présenter en matière de commerce international. Il lui est impossible de deviner dans les moindres détails quel seront les effets d'une forme d'étiquetage, d'une norme écologique, d'une protection de droit spécifique d'auteur ou encore d'une préférence nationale pour la formation du tour de table d'une entreprise... L'actuelle affaire de la banane entre l'Europe et les Etats-Unis aurait-elle eu le retentissement qu'elle a si les producteurs et négociants américains n'alimentaient pas leur administration en informations? Inversement, les administrations européennes auraient-elles les moyens de se défendre si les producteurs des pays ACP ( pays d'Afrique, Caraïbes et Pacifique, ayant un accord particulier avec l'Union) et les négociants européens ne tenaient pas leurs représentants au courant des moindres détails?

Silence radio des entreprises


En 1993, les administrations marocaines, Commerce et Affaires Etrangères, n'avaient pas beaucoup apprécié de se faire publiquement tancer par le monde des affaires. Il faut se mettre à la place des hauts fonctionnaires: même s'ils n'ont pas été nommément pris à partie, ce fut un moment particulièrement pénible pour eux.
Pourtant, ils ont su rapidement s'aligner sur les demandes des milieux d'affaires, allant jusqu'à faire amende honorable: plus jamais de négociations silencieuses, plus jamais de cachotteries d'un autre âge. Dans l'intérêt du Maroc, il vaut mieux une séance houleuse suivie de la mise au point d'une bonne stratégie de négociations pour aller à l'OMC.
Cinq ans sont passés.
Tout au long de l'année 1998, les administrations battent le rappel: il y a un nouveau round à négocier d'ici l'automne 1999, Mesdames les entreprises, dites ce que vous voulez que les administrations négocient pour vous!
Silence radio.
Re-rappel et re-silence.
Les entreprises n'ont pas l'air de considérer que l'OMC les concerne: les courriers de la CGEM et des chambres de commerce laissent de marbre les membres de ces deux organisations professionnelles. Arrive 1999, il y a urgence. Le Ministère du Commerce et de l'Industrie bat encore une fois le rappel. A nouveau le quasi-silence.

Politique de l'autruche


Le Ministère invente une formule: il propose de créer une association avec la CGEM et la Fédération des Chambres de Commerce, d'Industrie et de Services. Elle sera responsable de collecter des indications sur ce que veulent les entreprises. Mieux, elle tiendra une rencontre publique le 10 mars prochain.
Mais le temps est maintenant très court pour chercher dans les banques, les assurances, les producteurs d'allumettes, de boîtes de conserve et autres films publicitaires... ce qui dans l'accord de Marrakech devrait être revu et corrigé pour permettre de lancer la production marocaine dans un monde global.
Pourtant, il n'y a pas à tergiverser: une partie des entreprises marocaines jouent leur peau dans cette affaire. L'accord de Marrakech, qui montrait d'une manière si claire la volonté politique du Maroc d'entrer dans le monde contemporain, est en réalité un processus.
Avec ou sans les entreprises marocaines, il va continuer d'avancer. Les entreprises ont plus qu'intérêt à mettre à niveau leur propre information. Elles n'ont pas l'excuse de l'ignorance: l'information est disponible. Le gouvernement joue même le jeu jusqu'à multiplier les canaux de diffusion.
La sanction de la politique de l'autruche sera évidement commerciale pour les entreprises et pour le Maroc. Mais cela va plus loin.
Mieux ou pire, autant d'irresponsabilité publiquement affichée donnera des arguments à ceux qui voudraient, au nom d'un socialisme désuet, dénier aux entreprises le droit à l'initiative.

Nadia SALAH

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