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Matériel et équipement médical : Les distributeurs souhaitent la normalisation pour une concurrence loyale

Par L'Economiste | Edition N°:16 Le 13/02/1992 | Partager


Le secteur de la distribution du matériel médical souffre d'un manque de normalisation. Sur le marché, les prix restent le critère de sélection, au détriment de la qualité, de la fiabilité, de la longévité et la maintenance.
Aussi, les distributeurs se livrent-ils à une concurrence sournoise, s'appuyant sur des produits en provenance d'Asie, ou d'Europe de l'Est meilleur marché mais de qualité médiocre. Par ailleurs, la contrebande via sebta se taille une part de plus en plus large. Les professionnels de la distribution incriminent la lourdeur des charges qui les frappent et surtout, le manque de normalisation à l'échelle locale.
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LA disparité entre les produits et les fournisseurs pose le problème de la normalisation. «La norma-lisation devient le souci majeur du secteur» disent les professionnels de la distribution. Ceux-ci soulignent que sur les 100 à 125 firmes faisant acte de commerce, seulement une dizaine offrent la qualité requise pour le milieu médical. En outre, la contrebande fournit aussi une part importante du marché de l'équipement médical, accentuant les inquiétudes des distributeurs.

Les marchés publics représentent 80%


Les professionnels distinguent deux types de clients, le secteur public et le secteur privé.
La demande du «public» domine avec 80% répartis entre le Ministère de la Santé Publique, les Centres Hospitaliers Universitaires, l'Administration de la Défense Nationale, les polycliniques CNSS et les hôpitaux régionaux. Pour le secteur privé, la demande est constituée principalement de cliniques et des cabinets. Les distributeurs sont fournisseurs de matériel aux laboratoires, ou des hôpitaux. Certaines firmes, plus solides, fournissent ces deux activités. De plus, les distributeurs peuvent aussi commercialiser du matériel pour les cabinets dentaires. Toutefois, les professionnels constatent que les maisons spécialisées dans une seule activité, en matériel dentaire notamment, sont les plus performantes.
Le matériel est classé en deux catégories distinctes, les fongibles et les équipements. Pour les premiers, il s'agit du matériel «périssable» comme les fils, les gants, le matériel d'ostéosynthèse.
Les équipements englobent le matériel lourd tel que les tables d'opérations... Tous deux souffrent d'un manque de normalisation et de standardisation des marques. Les fongibles sont le créneau de la profession le plus atteint. Dans les commerces, les produits des horizons les plus divers sont disponibles. Il en existe à différents prix, de différentes qualités...

La normalisation: l'exemple français


Théoriquement, la combinaison de plusieurs critères comme le prix, la qualité intrinsèque (fiabilité, longévité), le délai et les services d'accompagnement (conseil à l'achat, training et maintenance) devrait déterminer le choix d'un produit.
Or, les contraintes budgétaires conduisent fréquemment les clients à opter pour des produits «bon marché», originaires des pays d'Asie ou d'Europe de l'Est. Et comme il n'existe, à l'échelle nationale, aucune structure chargée du contrôle de la qualité des «outils» à usage médical, se côtoient les produits les plus divers sur le marché.
En effet, aucune entité semblable à celles exerçant en Europe ne s'occupe de la réglementation dans ce secteur. Pourtant, «la normalisation est la meilleure protection industrielle», clament les professionnels. En France, par exemple la marque NF apporte la garantie d'un matériel contrôlé suivant les principes régissant l'assurance-qualité, et répondant à des spécifications définies par des normes. Les fabriquants de la marque nationale de conformité à NF-Médical sont soumis à une surveillance continuelle de leur production. Cette marque NF-Médical, certificat de qualification approuvé par les Pouvoirs Publics, est gérée par le Laboratoire National d'Essais, chargé des contrôles en usine, des prélèvements et des essais, ainsi que des sanctions. Le LNE est un organisme mandaté par l'AFNOR (Association Française de Normalisation). Une liste de matériel agréé est régulièrement mise à jour.
D'ailleurs, la Direction des Hôpitaux du Ministère français de la Santé recommande aux acheteurs hospitaliers l'utilisation de matériel certifié NF-Médical lorsqu'il en existe dans les catégories concernées.

Pour les marchés publics, des commissions de conformité se réunissent. Ces commissions, ne disposent pas de normes de référence pouvant leur permettre d'apprécier la qualité d'un matériel quelcon que.
Deux exemples, où la qualité est mise en cause, paraissent indiqués: les gants et le matériel d'ostéosyn-thèse (vis, plaques...).
La qualité pour ces deux produits est fondamentale. Rappelons que le matériel d'ostéosynthèse est utilisé pour les traumatismes qui représentent 75% des «Urgences». De la qualité des plaques et des vis, dépend le rétablissement d'une fonction.
En France, pour le seul cas des gants cinq tests en déterminent la conformité pour «usage d'examen» et huit pour «usage chirurgical». Toujours en France, pour les vis, les forets, les plaques, plus de cinq caractéristiques sont nécessaires à l'obtention du visa de conformité. Si en France la qualité prime, au Maroc c'est le prix qui prévaut. Pour un article supportant un droit de douane de base de 14,5%, cas des implants orthopédiques, le taux cumulé (TVA et prélèvement fiscal à l'importation) s'élève alors à 51,13%.
Dans le cas d'un article, comme les seringues, dont le taux pour les droits de douane est fixé à 45%, le taux cumulé pour les trois éléments (droits de douane, taxe et prélèvement fiscal à l'importation) est de 87,42%. Avec la marque bénéficiaire des distributeurs, le produit atteint alors des prix hors compétition. D'où l'attirance des clients vers des marchés parallèles.

«Les transactions parallèles»


Parmi les transactions parallèles dénoncées par les distributeurs, on compte les importations directes de matériel pour les hôpitaux, la contrebande qui sévit dans le milieu des cliniques et la tendance actuelle à l'achat de matériel «recycle». Ce sont des chiffres d'affaires qui échappent aux distributeurs!
Les importations directes sont des opérations menées hors douane, hors taxe. Généralement, il s'agit de projets dits «clé en mains». «Ces transactions sont réalisées plus par des courtiers que par des professionnels en ingénierie médicale», commente un dirigeant d'une firme de la place.
Ces achats d'équipement s'effectuent sur la base des lignes de crédit existant entre le Maroc et les pays de la CEE.
Il semblerait même que du matériel recyclé soit cautionné.

Nadia EL ASRI

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