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110 millions de Dollars sans garantie de l'Etat en faveur des PME : SFI: ligne de crédit à des établissements bancaires marocains

Par L'Economiste | Edition N°:16 Le 13/02/1992 | Partager

La Société Financière Internationale (SFI) a accordé une ligne de crédit de 110 millions de Dollars dans quatre banques marocaines: Banque Commerciale du Maroc, Banque Marocaine du Commerce Extérieur, Crédit du Maroc et Wafabank.


Le système bancaire marocain est désormais branché sur le marché financier international. En effet, la ligne de crédit que vient d'octroyer la filiale de la Banque Mondiale à ces établissements bancaires est sans garantie de l'Etat. Ce qui est pour les responsables de la SFI, la principale démonstration de la performance de l'économie et de la "révolution" du secteur financier. L'octroi de cette ligne était inconcevable il y a quelques années.
Du reste, la participation des banques internationales dans cette opération témoigne de l'intérêt accordé au Maroc. Ce prêt d'un montant de 110 millions de Dollars est réparti en 40 millions pour le compte de la SFI et 70 millions sous forme de prêt consortial groupant 9 banques internationales. Il s'agit du Crédit Lyonnais, Deutsche Banque, FMO, Société de Banque Suisse, Banque Française du Commerce Extérieur, Banque et Caisse d'Epargne de l'Etat du Luxembourg, Banque Worms, Union des Banques Arabes et Françaises et Banque Indosuez.
Pour les responsables bancaires marocains, cette première opération permettra l'élargissement de l'accès au marché financier international et l'acquisition de moyens de financement autres que l'épargne interne.
Pour M. André Hovaguinian, Directeur du département des investissements pour le Moyen Orient et l'Afrique du Nord, "ces prêts concrétisent un courant d'affaires pour le renforcement du secteur privé marocain"; ces lignes étant affectées à des prêts de 5 à 10 ans en faveur des PME.

Conseil

Le conseil en matière de privatisation est également l'un des axes d'intervention de l'institution. Il y a possibilité de mobiliser auprès d'organismes internationaux des fonds pour couvrir les dépenses liées aux privatisations. En outre, elle prévoit de constituer avec un certain nombre d'institutions financières marocaines, un fonds de privatisation.
Pour les besoins de cette opération, la SFI intervient également dans la réforme de la Bourse des valeurs de Casablanca. Assistance technique et mesures d'accompagnement sont autant d'actions pour la dynamisation du marché des capitaux.
Par ailleurs pour la SFI, le Maroc est un pays cible pour les projets d'investissements.
Les secteurs prioritaires sont le tourisme, le textile, les matériaux de construction ou encore le secteur minier.
Dans ce cas, les partenaires de la SFI sont les compagnies qui entreprennent la réalisation des projets. Les promoteurs sollicitant l'assistance sous forme de participation et prêts ou sous forme de prêts uniquement, soumettent un premier dossier au bureau régional de Casablanca.
Après analyse du dossier, il est transmis au siège à Washington avec un avis favorable.
Là un comité décide de la poursuite de l'évaluation du projet. Dès lors, une équipe d'évaluation est envoyée au Maroc pour se rendre compte des capacités de gestion, de la nature de l'actionnariat, des conditions techniques ou encore de l'environnement.
En général, quand la mission vient, le projet est déjà sur la bonne voie. Après le retour à Washington, l'équipe prépare un nouveau dossier d'évaluation qu'elle soumet à un comité ou à un conseil selon la taille du projet.
Le dossier approuvé, commencent les négociations sur les termes juridiques et de financement, l'élaboration des documents et les conditions de déboursement des fonds.

Nouvelle orientation

Sur la nouvelle orientation de la SFI vers le financement des investissements d'infrastructure, M. Hovaguinian a souligné que dans beaucoup de pays, il y a accroissement des besoins infrastructurels, mais insuffisance des moyens financiers. Une question d'opportunité se pose pour l'Etat: financer les secteurs sociaux, des écoles ou des télécom.
La demande pour le financement de ces investissements d'infrastructures existe. Beaucoup de gouvernements se sont désengagés au profit du secteur privé: Mexique, Chili, Argentine... l'Etat s'occupe des secteurs sociaux et le privé des investissements infrastructurels.
Pour le téléphone par exemple, la demande augmente de façon exponentielle. Au fax, s'ajoute la nécessité d'avoir plusieurs lignes ou un ordinateur relié aux réseaux étrangers. Or, pour chaque ligne téléphonique, on compte un investissement de 1.000 Dollars. Les jeux de la concurrence font que qualité des services et prix sont améliorés.
Ceci peut également s'appliquer à l'électricité, à l'eau ou aux autoroutes. Reste le financement. Pour M. André Hovaguinian "quand les politiques et les réformes sont en place, le financement est la partie la plus facile". Les sources dépendront des spécificités du pays, du type de projets et des compagnies.

Carte de visite

La SFI, organisme affilié au Groupe de la Banque mondiale, a pour objet de promouvoir l'investissement privé dans les pays en développement. Son intervention se fait de trois façons: en finançant de projets dans le secteur privé sans la garantie des Etats concernés; en mobilisant des fonds sur les marchés financiers internationaux en faveur des entreprises des pays en développement; et en fournissant aux entreprises et aux gouvernements des conseils en matière d'investissement. Depuis sa création, en 1956, la SFI a fourni plus de 9 milliards de Dollars de financements à près de 1.000 sociétés dans 96 pays en développement. Les 144 pays membres qui souscrivent à son capital déterminent en commun sa politique et ses activités.
Depuis l'adhésion du Maroc à la SFI, en 1962, la Société a approuvé 467 millions de Dollars en financements destinés à 18 sociétés et institutions financières marocaines, dont 449 millions au titre de prêts et 17,9 millions sous forme de prises de participation. Dans le cadre des prêts, la SFI a fourni 248,5 millions de Dollars pour son propre compte, les 200,5 millions restants provenant des bailleurs de fonds internationaux qui participent aux syndications de prêts de la SFI. Par ordre de grandeur, le Maroc occupe le 8ème rang des bénéficiaires du financement de la SFI.

Leïla TAARJI

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