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Economie

Maroc-USA : L'économique d'une visite

Par L'Economiste | Le 17/10/1991 | Partager

Saluée comme un événement politique de portée considérable, la visite d'Etat de Sa Majesté le Roi aux Etats-Unis d'Amérique n'en demeure pas moins un succès sur les plans économique, financier et commerciale. Succès qui, bien que nécessitant encore quelque temps et beaucoup d'efforts pour être perçu dans toutes ses dimensions, est d'ores et déjà fort perceptible à quelques jours seulement du retour de Sa Majesté le Roi.

La visite royale aux USA avait un double objectif; améliorer la coopération entre les deux pays pour le renforcement de la paix internationale et oeuvrer pour la promotion et le développement des relations bilatérales. Pour y parvenir rien n'a été laissé au hasard, d'un côté comme de l'autre. La chaleur exceptionnelle de l'accueil, la satisfaction si généreusement affichée de part et d'autre, le grand intérêt de la presse américaine; pourtant si difficile à mobiliser et le prolongement de la visite d'Etat par un séjour privé, sont autant d'éléments qui indiquent que ces objectifs ont été largement atteints.
Au plan politique en effet, tous les observateurs sont unanimes pour souligner le succès de la visite royale. Il n'entre pas dans notre idée de nous attarder sur ces aspects, d'autres les ont analysés et les analyseront encore beaucoup mieux que nous. Constatons simplement qu'elle intervient à un moment particulièrement important de l'histoire de l'humanité, un moment plein à la fois d'espoir et d'incertitude, et qu'au milieu de ce grand changement, le Maroc est un des rares pays qui peut se prévaloir d'une longévité et d'une stabilité politiques exceptionnelle; qui lui ont toujours permis d'influer positivement sur un certain nombre de problèmes internationaux. L'identité des vues sur les grandes questions de l'heure et notamment sur le règlement du conflit du Moyen Orient en est le témoignage incontournable. Il indique par ailleurs que le Maroc est en mesure d'accompagner et de transmettre l'évolution mondiale qui se dessine aujourd'hui.

 

Travail d'image

 

Ces très bonnes relations politiques ne se retrouvaient jusqu'ici que difficilement dans le domaine économique. Depuis son indépendance, le Maroc n'a bénéficié que de deux milliards de dollars d'aide publique en provenance des Etats-Unis et uniquement 720 millions de dirhams en 1990, en très forte baisse depuis 1987. Les promoteurs privés américains n'ont guère fait mieux et le déséquilibre commercial au détriment du Maroc atteint régulièrement 4 à 5 fois la valeur de nos exportations vers les USA.
Ceci est le résultat de la méconnaissance du Maroc et de ses potentialités, de la part des décideurs américains et de notre étiquetage comme "pays à risque" durant près de dix années de restructuration et de rééchelonnement. Il fallait donc, à la veille du dernier rééchelonnement et de la prochaine convertibilité du dirham, sensibiliser les milieux d'affaires américains à apprécier à leur juste valeur les efforts déployés par le Maroc dans le domaine de la libéralisation et de l'ouverture et obtenir la relance des rapports économiques bilatéraux sur la base d'idées novatrices. Il fallait aussi montrer aux partenaires américains que la politique de restructuration, qui leur est si chère, ne peut continuer à donner tous ses fruits sans l'appui financier des partenaires du Maroc et tant que les réticences des investisseurs américains et les hésitations du Fonds Monétaire International ne sont pas levées.
Il est indéniable que Sa Majesté le Roi y a réussi. Tous les responsables américains ont en effet souligné que le Maroc sort aujourd'hui du tunnel et qu'il peut désormais être considéré comme un pays solvable, auquel on peut prêter avec l'espoir d'être remboursé et où l'ont peut faire des affaires et des bénéfices. Grâce à cette visite, les titres de la dette extérieure marocaine se sont ressaisi et la confiance dans le Maroc a été retrouvée. Désormais, le Maroc ne devrait plus être ignoré par les milieux d'affaires américains. Il figure dorénavant à la bonne place parmi les pays de la région. Et si tous les résultats ne seront perceptibles que lorsque tous les projets aient eu le temps de mûrir et de se concrétiser, il n'en demeure pas moins que les premiers signes sont déjà prometteurs.
Les projets d'accords récents ne sont en effet plus pensés, dans le cadre restreint du seul marché marocain; il ont une vision plus large, intégrant les voisins du Maroc que sont les pays de la CEE, du Maghreb et de l'Afrique.
Le Maroc est conscient qu'avec leur énorme déficit budgétaire, les Etats Unis auront bien des difficultés à accroître sensiblement leur aide au Maroc. Ils peuvent cependant user de leur influence au sein du Fonds Monétaire International. Rabat souhaite en effet relancer les négociations avec le Fonds qui piétinent à propos d'un accord de Stand-By. Elles sont en effet d'autant plus difficiles à conclure que les prévisions des interventions du FMI pour 1992-1993 ne sont guère réjouissantes. Le Fonds propose en effet une quasi-stagnation des montants qu'il distribue au moment même où les besoins augmentent en raison des appels de fonds qui ne manqueraient pas de faire les pays d'Europe de l'Est et l'URSS, que le FMI ne cesse d'exhorter à l'adhésion.

 

Un déficit anormal

 

Parallèlement à la faiblesse des investissements américains, les échanges commerciaux restent relativement limités et présentent en outre un solde négatif au détriment du Maroc. Si nos importations reflètent nos besoins, très variables d'une année à l'autre, aussi bien en produits alimentaires qu'en biens d'équipement, nos exportation, bien qu'enregistrant des performances continues, notamment en produits ago-alimentaires, restent relativement modestes. Cependant, la qualité des produits s'améliore et notre agressivité se renforce et nous commençons même à embrasser des produits technologiques. Et il n'est pas aujourd'hui exceptionnel de trouver des exportateurs marocains qui visent en priorité le marché américain.
Aussi, et tant que nos importations en blé et huiles végétales n'auront pas substantiellement baissé, le déséquilibre subsistera. C'est là une situation anormale d'autant plus gênante que les Etats-Unis n'interviennent qu'accessoire-ment dans nos recettes touristiques et de transferts.
Depuis longtemps pourtant, le Maroc cherche à accroître ses exportations vers l'Amérique du Nord en général et les Etats-Unis en particulier. Il était pourtant plus facile de pénétrer le marché canadien que celui des Etats-Unis, en raison notamment de normes moins contraignantes et d'une résistance moins organisée de la part de lobbies locaux très forts; tels que la US Citrus Industry;
Les principales limites à la pénétration du marché américain sont la distance, les différences culturelles et linguistiques, la réglementation phytosanitaire américaine très stricte, le manque d'agressivité et de compétitivité des exportateurs marocains et la méconnaissance du Maroc.

 

La culture, la langue

 

Plusieurs de ces limites perdent de leur importance. Seules les différences culturelles et linguistiques, et les conséquences quelles peuvent engendrer, subsistent. On ne le répétera jamais assez, on a souvent tendance à extrapoler ses propres perceptions du monde. Le périodique français "Le Conseiller du Commerce Extérieur" publiait dans sa livraison de septembre/octobre 1991 que, même en France, avec sa présence continue et ancienne au Maroc, et alors que chaque grande entreprise française a au moins une usine au Maroc, celui-ci reste peu connu. Le cas de l'huile "olive marocaine illustre parfaitement cette méconnaissance du Maroc et de ses produits par l"importateur américain. On a constaté en effet que d'importantes quantités d'huile d'olive marocaine ont pu être importées aux Etats-Unis, via l'Italie, car il existe aux USA une idée répandue que l'huile vient essentiellement d'Italie et accessoirement d'Espagne et de Grèce.
L'effet de ces différences linguistiques, de l'absence de liens culturels et des conceptions différentes des systèmes et des méthodes de gestion va aller en s'estompant, grâce aux grands efforts d'encouragement des études et de multiplication des stages aux Etats-Unis. Or, la progression des activités commerciales américaines au Maroc sont souvent le résultat direct du nombre croissant des marocains ayant fait leurs études aux Etats-Unis. Cette progression est aussi positivement corrélée avec le nombre d'américains se rendant au Maroc soit pour le tourisme soit avec l'intention de s'informer sur les possibilités d'y faire des affaires. Dans un cas comme dans l'autre, on finit par prendre des habitudes et lier des amitiés, à l'exemple de celles tissées avec les partenaires d'Europe.
Certains entrepreneurs marocains se laissent également intimider par l'immensité et la complexité du marché américain. Il existe en effet une perception que le marché américain ne peut être approché que si l'on possède d'énormes moyens logistiques et financiers, ce qui est en partie vrai. Il est sûr que les grandes entreprises américaines de distribution privilégient les grosses commandes. Depuis plusieurs années déjà, elles étaient prêtes, notamment en matière de confection, à en placer au Maroc. Si elles n'ont pas trouvé preneur, c'est parce que ces grosses commandes ont un double inconvénient. D'une part, il est très difficile de trouver, dans un pays comme le Maroc, des entreprises capables de les honorer intégralement et d'autre part, à supposer que cela peut se faire, on craint leur volatilité très accentuée, en raison justement de l'attrait que leur confère leur (importance).
Le Maroc joue surtout le réassort, même vis-à-vis de ses gros clients français et européens, notamment en matière de confection, les grosses commandes, elles, vont ailleurs. Aussi si on pouvait encourager la création de sociétés privées pouvant recueillir ces grosses commandes, qu'elles soient américaines ou européennes, et les répartir entre les producteurs nationaux, on encourageait par la même occasion toutes nos exportations. Parallèlement, il ne faut pas surestimer les capacités du marché américain; tout produit de bonne qualité, en si petites quantités qu'elles soient, peut y être vendu. Les exemples abondent. Il suffit simplement de faire l'effort et les sacrifices qui s'imposent.
Pour cela des instruments existent. Mis en place de part et d'autre, ils permettront sans aucun doute d'insuffler, dans les prochaines années, à nos relations économiques, financières et commerciales avec les Etats-Unis la qualité et le niveau souhaités.
C'est dans ce cadre que le Maroc a mené sa politique de réajustement, de privatisation, d'ouverture et de réforme des codes des investissements. Ainsi souhaite-t-il faire venir au Maroc des capitaux et des entrepreneurs pouvant lui apporter le petit coup de pouce qualitatif dont il a encore besoin aujourd'hui. Peu de pays en voie de développement peuvent en effet rivaliser avec les performances économiques réalisées par le Maroc au cours des années 1980. Les grands équilibres sont rétablis et le commerce extérieur est quasiment libéralisé qui plus est, les droits de douane sont abaissés sans aggravation préjudiciable de notre déficit.

 

Encouragement des échanges

 

De leur côté, les Etats-Unis ont mis en place des dispositifs unilatéraux pour faciliter l'accès de nos produits au marché américain. Le Maroc est en effet éligible au système généralisé des Préférences, qui permet aux exportations marocaines de certains produits d'entrer aux USA sans perception de droits de douane. L'American Chamber of Commerce est présente à Casablanca depuis un quart de siècle et constitue une véritable courroie de transmission entre opérateurs américains et marocains, quel que soit le sens de leurs affaires.
Les deux pays ont par ailleurs signé un accord de non double imposition et un accord d'encouragement et de protection réciproque des investissements. Des instruments plus spécifiques viennent compléter cet arsenal.
Grâce à cet arsenal on assiste à un certaine multiplication des entreprises américaines au Maroc, agissant soit directement soit à travers de joint-ventures ou d'accords de partenariat. Parallèlement, les visites au Maroc de responsables de banques et de sociétés américaines, se poursuivent et ont déjà permis le retour en force d'entreprises américaines, venues au Maroc tôt après l'indépendance et que la loi de 1973 sur la marocanisation nous avait fait en partie oublier.
Pioneer Hi-Bred, General Electric, Mac Donalds, Digital mais aussi Moussem,... tels sont les pionniers de cette relance de la coopération maroco-américaine. Avec la visite royale, cette liste va être prolongée. Les prochains mois nous le démontreront.
Conclusion, Sa Majesté a accompli un travail immense. Il reste au secteur privé d'assurer la continuité avant d'en récolter les fruits. Et tant que celui-ci n'aura rien fait pour attirer le capital américain, il n'y aura pas de sérieuses chances de voir ce dernier prendre des proportions importantes. Les entreprises américaines n'ont en fait que l'embarras du choix avec les grands changements dans le monde. Elles trouvent aujourd'hui plus d'opportunités d'investissements, notamment en Europe de l'Est et plus récemment dans les Etats baltes.

Mohamed Meliani

 

Abstract

 

Saluée comme un événement politique de portée considérable, la visite royale aux Etats-Unis d'Amérique visait un double objectif; conforter la coopération entre les deux pays pour le renforcement de la paix internationale et oeuvrer pour la promotion et le développement des relations bilatérales.
Elle y est parvenue sur toutes les lignes même si, pour que cela soit perceptible au niveau économique, il faut nécessairement laisser au temps le temps. Car, si les bonnes relations politiques ne se trouvent pas dans le domaine économique c'est bien à cause de la méconnaissance du Maroc, de son étiquetage comme "pays à risque", des disparités culturelles et linguistiques et de la perception erronée que nous avons du marché américain.
Or, la visite royale a indéniablement réussi à casser les deux premiers obstacles, et c'est au secteur privé de saisir cette nouvelle opportunité pour repartir à la conquête du marché américain. Les volontés existent, de part et d'autre d'ailleurs. Les instruments aussi. Sachons en tirer le plus grand profit.

 

Le CISE, instrument de la coopération maroco-américaine

 

Le CISE (Corps International de Service des Experts), établi au Maroc depuis 1984, place ses experts auprès des entreprises marocaines qui en font la demande, pour aider à l'amélioration de la productivité, à la rationalisation de la gestion et à la diffusion de la technologie. Subventionné par l'USAID et des ONG, le CISE peut réclamer de cotisations symboliques à ses clients. Des dizaines d'entreprises ont profité de ses services dans les domaines les plus variés. Le TIS (Trade Investissements Services), installé au Maroc en 1989, cherche à promouvoir les exportations marocaines vers les Etats-Unis. Le programme ABLE (American Business Linkage Entreprise) est un service d'information sur les études à coûts réduits, en matière de développement des exportations de joint-ventures et de mises en relation.
L'accord sur l'Agri-business, lui, vise à aider à mieux contrôler les contraintes qui pourraient ralentir la réalisation de l'important potentiel de développement que recèle le secteur agro-alimentaire, par un plus grand marketing des produits marocains et leur admission aux labels US les plus connus. Le projet de promotion des nouvelles entreprises consiste en une assistance au gouvernement et au secteur privé marocains pour la mise en place d'un programme de service de soutien, de financement et de réformes administratives en faveur des PME, à même de leur permettre de surmonter les difficultés qu'elles rencontrent tant à la création qu'à l'expansion.

 

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