×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Economie

    Maroc-UE: Et si on se disait tout?

    Par L'Economiste | Edition N°:296 Le 18/09/1997 | Partager

    L'accord d'association entre le Maroc et l'Union européenne a deux ans. «The Economist conferences», a organisé une table ronde au Maroc pour faire le point sur les responsabilités des deux parties qui doivent savoir ce qu'elles doivent et ce à quoi elles ont droit. La corruption a été évoquée, franchise oblige.


    Qu'y a-t-il de si important et de nouveau pour nécessiter une table ronde de deux jours organisée par The Economist et le Ministère des Finances et des Investissements Extérieurs autour du thème
    «Maroc-Union Européenne: une responsabilité partagée»? Le nombre de décideurs et d'hommes d'affaires présents à la séance inaugurale laissait penser que l'accord d'association entre le Maroc et l'Union européenne entrait dans une seconde phase. La question n'a pas échappé à M. André Azoulay, le conseiller économique de Sa Majesté le Roi, pour qui «tout a été dit» et qui s'est demandé «ce qui nous reste à examiner ensemble».
    La question ne se pose pas pour les organisateurs, ou du moins pas dans les mêmes termes.
    La table ronde, la première d'une série d'une quarantaine à travers le monde, leur permettra d'obtenir toute sortes d'informations sur les possibilités d'échanges commer-ciaux avec le Maroc ainsi que sur les objectifs et la politique économique du gouvernement du Maroc, à travers ses principaux représentants. A propos de politique justement, un intervenant espagnol, M. Martin Gilles international finance editor de The Economiste a évoqué la généralisation de la corruption au Maroc. Ce qui a chauffé l'ambiance, s'attirant les foudres d'un participant qui a trouvé dans ses propos une insulte envers le pays.

    Deux années après la conclusion de l'accord, les discussions sur les moyens et le sens à donner à cette association sont toujours d'actualité. Même s'il est communément admis que l'Europe a autant besoin du Maroc que ce dernier de l'Union.
    Prenant la parole, M. Azoulay n'a pas caché que dans cette relation, «tout n'est pas rose» et que l'Europe doit opérer une révolution culturelle pour passer de la conception de la simple «négociation marchande» à une vision prenant compte de la communauté d'intérêts et de la nécessité de la solidarité. Le Maroc ne demande pas la charité dans cette responsabilité, a-t-il conclu.

    L'appât des télécoms


    Il ne s'agit plus de ce que peut faire l'Europe pour le Maroc mais de ce que les deux parties peuvent et doivent faire pour construire un espace de prospérité autour de la Méditerranée.
    Selon Mme Ana Patricia Botin, président-directeur général de Santander Investment, société d'investissement d'Espagne, la responsabilité partagée veut dire des engagements d'égal à égal. Elle plaide pour des approches souples et durables en vue évaluer la véritable dimension des problèmes.
    Pour M. Driss Jettou, le Ministre des Finances et des Investissements Extérieurs, du Commerce, de l'Industrie et de l'Artisanat la responsabilité partagée découle d'une double nécessité incontournable. D'une part, l'Europe ne peut s'assurer un développement continu sans tirer profit des zones avoisinantes, et d'autre part, les pays du sud de la Méditerranée n'ont aucune possibilité de se développer sans les synergies financières et technologiques avec les pays du Nord. Aussi, le choix de l'intégration n'est-il pas fortuit poursuit le ministre, puisqu'il constitue la continuation logique des restructurations entreprises tout au long des années 80 avec le programme d'ajustement structurel et qui ont d'ailleurs donné de bons résultats a-t-il souligné.

    Pour M. Jettou, la responsabilité du Maroc réside dans la poursuite des efforts de restructuration avec la mise à niveau de l'entreprise marocaine. Cette restructuration sera certes «difficile et douloureuse» mais elle est nécessaire. Pour sa part, l'Union européenne doit mettre en place les mécanismes de la coopération financière et technique.
    Les européens doivent par ailleurs s'intéresser davantage au processus de privatisation qui se poursuit dans des secteurs des plus porteurs tels les infrastructures, les télécommunications et les mines. L'appel du ministre n'est certainement pas tombé dans l'oreille d'un sourd. Deux grands opérateurs européens du secteur des télécoms assistaient à la table ronde, Télefonica Internacional (Espagne) et France Télécom. La privatisation d'Itissalat Al Maghrib n'est sans doute pas étrangère à leur présence.
    La responsabilité partagée est en fin une affaire de banquiers, foi de M. Othman Bejelloun, homme d'affaires et président du Groupement Professionnel des Banques du Maroc GPBM. Certes l'Europe a ses propres préoccupations, mais pour elle, le Maghreb constitue une zone de repli stratégique a dit M. Benjelloun.

    Hakim ARIF

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc