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    Economie

    Privatisations: Vite, les Chinois arrivent

    Par L'Economiste | Edition N°:296 Le 18/09/1997 | Partager

    La Chine arrive sur les marchés financiers avec 100.000 entreprises à privatiser, et une demande solvable. L'Egyp te vend une entreprise par semaine. La Tunisie s'y met. On ne peut prendre son temps dans cet empressement généralisé.


    M. Jiang Zemin, M. Zhu Rongyi, M. Ahizoune et M. Saaïdi ont quelques points communs. Tous les quatre sont bruns, rondouillards, dynamiques, et ministres. Le premier est en fait le chef de l'Etat chinois, et le second le chef de son économie. Les deux suivants n'ont pas besoin d'être présentés!
    Tous les quatre vont se croiser, non dans le restaurant du coin pour déguster des nems et des crevettes aux vermicelles, mais sur les marchés financiers. Ils ne vont peut être jamais se serrer la main, car les marchés financiers sont nulle part, virtuels, bien avant l'existence d'Internet. Des milliards y sont échangés, en Dollars, et en quelques secondes, car le temps que nous comptons en années, se compte en secondes chez les forcenés des actions, des obligations, des marchés émergents et des privatisations.

    Ainsi, nous avons pris le temps de promener notre loi sur la libéralisation des télécoms, de session en session parlementaire; les opposants à la libéralisation gagnaient ainsi... du temps. Ils étaient nombreux, formaient une chaîne, un «réseau», de l'ONPT à la téléboutique. la Loi est finalement passée et il faut encore prendre le temps, de commission en décrets, de consultation en audit
    Les tenants de la précaution et de la prudence des sioux avancent leurs arguments: Il ne faut pas brader le bien public. D'ailleurs personne ne dit le contraire. La privatisation des télécoms, des infrastructures, ou des mines sont affaires de business, et pas de sentiment ou d'aide au développement. C'est l'intérêt bien compris de l'acheteur et du vendeur.
    Encore faut-il qu'ils se rencontrent. Et si le vendeur vient trop tard, il sera bien obligé de brader ou de garder sa marchandise.
    Les privatisables sont péris-sables sur les marchés financiers, comme les tomates au souk des légumes.
    L'ennui, ici, c'est que celui qui n'a pas vendu ou concédé, est exclu de la grande tribu de la mondialisation, de l'accès à la technologies des crédits...

    Vente en gros


    Même si la Chine est une grande tribu toute seule, elle a compris l'intérêt d'entrer dans le jeu de la libéralisation-privatisation. Et comme un gros garçon qui plonge dans une toute petite piscine, la Chine va éclabousser tout le monde et assécher le bassin. Tant pis pour ceux qui n'auront pas appris à nager auparavant.
    Jiang Zemin et Zhu Rongyi, qui annoncent la privatisation de 100.000 entreprises d'Etat ont certainement choisi le bon temps, inspirés par une maxime de Confucius ou de Mao-Tse-Tong du genre «avance dans le sens du vent mais plus vite que les autres». Les deux dirigeants chinois sont d'abord des anciens maires de Shanghai, métropole industrialo-financière, qui concurrence Hong-Kong en matière de pratique capitaliste. Le chef de l'Etat chinois a un CV: il a été patron dans la machine outil et l'électronique. L'industrie et les télécoms, il en connaît un rayon. La vente en gros, c'est sa spécialité: Chaque année il équipe 10% des chinois en téléphone, fixe, mobile, et d'entreprise. Une petite croissance que les spécialistes estiment à 100 millions de lignes de plus, et chaque année. A comparer avec 1,2 million de lignes installées au Maroc, de l'arrivée du Maréchal Lyautey, jusqu'à l'ère des frimeurs en GSM.

    Et comme si les chinois ne suffisaient pas, les français s'y mettent à vouloir privatiser 20% de France Télécom. Pour se donner un peu plus de force, ils vont s'allier avec Deutsche Telecom par des participations croisées. Voilà l'axe franco-allemand. Il ne manquait plus que les égyptiens. Ils se réveillent pour privatiser une entreprise par semaine, contre une par mois au Maroc. Ils peuvent allonger leur liste, tester la valeur des entreprises en bourses. les tunisiens leur emboîtent le pas. Il n'y a pas que la Chine qui se réveille.
    Le Maroc avait pris un bon départ dès 1989 en adoptant la loi sur la privatisation. Mais attention à ne pas flâner sur le bord des pistes.

    Khalid BELYAZID

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