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    Economie

    Rabat, Kénitra et Salé décortiquées

    Par L'Economiste | Edition N°:296 Le 18/09/1997 | Partager

    La capitale administrative est faiblement peuplée. Comme attendue, elle enregistre de bonnes performances sur les indices socio-économiques. Second épisode des séries communales.


    Beaucoup moins peuplée que Casablanca, la capitale administrative et politique regroupe une faible concentration au Km2, soit 4.845,4 habitants. Rabat compte à peine 628.000 habitants, en majorité des fonctionnaires. De leurs côtés, Salé et Kénitra ont une densité encore plus faible avec respectivement 819,2 et 199,6 habitants le Km2. Exceptée Rabat qui peut être considérée comme étant totalement urbanisée, Salé dispose d'un taux en deçà de 98%. Quant à kénitra, il fait partie des 18 localités dont plus de la moitié ont des taux d'urbanisation dépassant les deux cinquièmes.
    Concernant les caractéristiques des ménages composant cette zone, Rabat se rapproche beaucoup de la capitale économique avec 4,8 personnes par foyers. Cette ville fait partie des 11 localités qui détiennent des tailles moyennes se situant en dessous de la moyenne nationale urbaine (5,32). En revanche, à Salé et Kénitra, les tailles de ménages sont plus importantes, soit 5,5 pour la première et 6,2 pour la seconde.

    Les «R'batiates» sont pour les familles réduites. En effet, leur indice synthétique de la fécondité tourne autour de 2 enfants. Les «Salouiates» les dépassent d'un cran avec un indice de 3. Kénitra est dans la moyenne nationale avec 3,3. A l'instar des grandes villes du Royaume, les femmes se marient de plus en plus tard. A Rabat, l'âge au premier mariage atteint 28 ans. Salé et Kénitra se rapprochent de la moyenne nationale avec respectivement 25,6 et 24,5. Il en est de même pour la gent masculine de Salé (30,3). En revanche, les extrêmes se retrouvent au niveau de Rabat (32,2) et Kénitra (28,8).
    Le taux de célibat le plus fort est concentré à Rabat avec 44,5% de la population.
    La proportion de jeunes de moins de 15 ans est oscille entre 27% pour Rabat et près de 40% pour Kénitra. Salé se trouve entre les deux, 35,4%. La moyenne nationale se situe à 37%.

    Constat alarmant

    Les niveaux contrastés entre les villes attestent des comportements différents en matière de fécondité et aussi de l'impact de l'émigration sélective des personnes aux âges adultes.
    Rabat contient l'une des plus faibles proportions de jeunes du Maroc, est-ce-à dire que la capitale administrative est vieillissante. Il faut croire que non, puisque le pourcentage de la population de 60 ans et plus n'atteint pas 7%, pas très loin de la moyenne nationale. Il se situe plus exactement à 6,6%. Ce pourcentage reste néanmoins supérieur à ceux de Salé (4,9%) et Kénitra (5,5%). Au niveau national, cette catégorie de population est estimée à 1,8 million de personnes. La faiblesse de ces deux extrêmes pousse à penser que la proportion de la population active est im-portante.
    Rabat remporte la palme d'or, avec le taux le plus faible d'analphabétisme, 26,4%. Le constat reste néanmoins alarmant.
    Dans la ville mitoyenne, ce taux atteint 39,9% et à quelques kilomètres encore, la flèche est à 55,2% à Kénitra se rapprochant malheureusement de la moyenne nationale. Comme à l'accoutumé, ce sont les femmes les premières victimes. Ce taux est de 36% pour Rabat et beaucoup plus pour les autres villes: 49% Salé jusqu'à 92% dans la banlieue et 45,8% à Kénitra (90% en banlieue).

    Côté scolarisation, à l'évidence Rabat enregistre de bonnes performances avec un taux de 89,8, suivie d'assez près par salé 76,5%. A la traîne, Kénitra affiche un taux de 53,7%. Au niveau national, 5 filles sur 10 seulement sont scolarisées contre plus de 7 garçons sur 10. Selon la résidence, la proportion est de 84% d'enfants scolarisés chez les citadins contre seulement 43% chez les ruraux. Ce même constat se vérifie au niveau des provinces. A Rabat, 92% des garçons vont à l'école contre 87,4% pour les filles. En revanche, les écarts garçon/fille et rural/urbain sont plus accentués à salé et Kénitra. La première ville affiche de maigres performances avec 84,2% de taux de scolarisation pour les garçons contre 77,5% pour les filles. Le thermomètre de sa banlieue baisse à 50,4% pour les garçons et 25% pour les filles. Quant à Kénitra, ce taux de scolarisation chute encore plus avec 52,7% pour les filles et 68,3% pour les garçons. Sa banlieue récolte de très mauvaises notes avec 1 garçon sur 2 scolarisés et un peu moins de 2 filles sur 10.


    Logement: Une personne sur deux propriétaires

    Avec une proportion de la population située entre 15 et 60 ans de 66,5%, Rabat connaît un taux d'activité des plus élevés du Maroc avec 42,7% au dernier recensement de 1994. En revanche pour la même tranche d'âge, Kénitra se rapproche de la moyenne nationale avec 55,3% et Salé est au dessus avec 59,7%. Pour ces deux villes, leurs taux d'activité sont respectivement de 33,4% et 36,8%. En dépit d'un fort niveau d'urbanisation, le taux d'activité des «R'batiates» reste assez faible avec 29,6% contre 56% pour les hommes. Le taux baisse d'une manière encore plus significative à Salé et Kénitra où respectivement seules 16 et 12% des femmes souhaitent travailler. Parallèlement, le taux de chômage bien que les chiffres aient beaucoup évolué depuis 1994, se situe à 19% à Rabat, salé 18,7 et Kénitra 17,4%. Comme à l'accoutumé, ce sont les femmes qui sont le plus victimes de ce fléau à des degrés variables selon les villes. Rabat est en tête d'affiche avec 25,3%.

    Illustrant parfaitement l'image de la capitale administrative, le taux salariés atteint 81% contre uniquement 13,22% d'indépendants. Rabat est bien une ville de fonctionnaires contaminant aussi Salé qui regroupe 79,5% de salariés. Néanmoins, pour cette ville, ce taux s'explique également par l'émergence d'une activité économique industrielle relativement intense. Kénitra en revanche, est une ville plus entreprenante avec 39% d'indépendants contre 46% de salariés. Les femmes d'une manière assez générale sont assez frileuses devant l'esprit d'entreprise.
    Côté confort de vie, Rabat rassemble des indicateurs similaires à ceux de Casablanca. La desserte en eau et en électricité est plutôt bonne, sauf pour les municipalités de Agdal Ryad et Yacoub Mansour. A Salé également, d'une municipalité à l'autre, les taux dessertes varient. Ils se situent en moyenne à 79% pour l'eau et l'électricité et vont même jusqu'à 49% à Salé Laayayda.

    Dans la province de Kénitra, le confort de vie varie énormément d'une municipalité à l'autre. Les taux de desserte le plus bas se retrouvent à Sidi Yahya El Gharb. Quant aux banlieux, les situations sont plus alarmantes. Les indicateurs sont aux
    rouges, le taux de desserte en eau et électricité est très faible.
    Quant au statut d'occupation, c'est à Kénitra que l'on retrouve le plus de propriétaire avec un taux de 68%. Dans les deux autres villes à savoir Rabat et Salé, les proportions entre les locataires et propriétaires sont très proches. A Rabat, il y a 41% de propriétaires contre 45% de locataires. Quant à Salé, le taux de propriétaire avoisine les 51%.

    Fatima MOSSADEQ & Meriem OUDGHIRI

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